‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 71 sur 247 · I. A F moi* E f: I.) (J A T O II I A I. E · texte numérisé non relu

I. A F moi* E f: I.) (J A T O II I A I. E

avec nos marmites de 1er; elle esl surtout remarquable par la régularilé (|u'ils savent lui donner, et cela par le seul travail de la main, car ils ignorent absolument l’art du tourneur. Quand la terre est détrempée, on la met au soleil pour la faire sécher, et ensuite dans le feu pour la faire cuire. On fabrique les pipes de la même manière, mais les tuyaux sont presque toujours en bois. Quelques Fans avaient des pipes en fer. qu’ils semblaient préférer à celles de terre.

I.’eau est portée ou conservée dans des gourdes ou dans des cruches faites d’un entrelacement de roseaux très-serrés, et enduites d’une espèce de gomme. Celte gomme est d’abord ramollie au feu, puis on l’étend sur toute la surface du vase. Ci race à cet apprêt . la gourde devient imperméable et se conserve telle. Seulement, avant de s’en servir, il est nécessaire de la tenir dans i’eau pendant une quinzaine de jours, pour lui faire perdre son odeur de gomme, qui est très-désagréable.

Ptpo* dos Fans.

Ce peuple fume des feuilles qui m’ont paru être une espèce de tabac sauvage, très-abondant, à ce qu’il paraît, dans le pays.

La chair de l’éléphant est leur principale subsistance . tandis que l’ivoire est leur seul article d’exportation, article de la plus haute importance , car c’est avec, l’ivoire qu’ils se procurent le cuivre rouge ou jaune, les chaudières, les miroirs, les pierres à fusil . les briquets et les perles , tous objets qui leur sont devenus nécessaires. De tout cela, cependant, c’est le cuivre dont ils font le plus de cas.

Leurs méthodes d’agriculture sont très-grossières, et ne diffèrent que très-peu de celles des tribus voisines. Comme elles, ils abattent les arbres et les buissons pour ménager des clairières, brûlent tout

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ce qu'ils ont jeté à bas , et font leurs plantations sur remplacement ainsi nettoyé. I.e seul instrument agricole qu'ils connaissent est une espèce de couteau ou coutelas très-pesant, qui lient lieu de soc de charrue pour retourner la terre, aussi bien que pour creuser des trous, dans lesquels on plante le manioc ou la banane.

Leur aliment de prédilection est le manioc, plante précieuse, en ce qu'elle rend beaucoup et qu'elle nourrit plus que la banane. On la cultive par boutures; une petite branche, plantée en terre avec soin, produit en une saison deux ou trois fortes racines de la grosseur de l’igname. On fait aussi bouillir les feuilles, et on les mange; c'est un excellent légume.

Outre le manioc, ils ont la banane, deux ou trois espèces d'ignames, de magnifiques cannes à sucre, et des courges. Tous ces végétaux se cultivent avec beaucoup de succès, mais le manioc est la plante par excellence. Ils font lever des courges en grande quantité, surtout à cause des graines, qui, broyées et apprêtées comme ils savent le faire, sont fort appréciées par eux, et aussi par moi. A une certaine époque de l’année, quand la courge est mûre, les villages semblent tout couverts de graines; car chacun les éparpille pour les faire sécher. Quand elles sont sèches, on les empaquette dans des feuilles, et on les suspend au-dessus du feu, îi la fumée, pour les préserver d’un insecte qui en est très-friand. Le procédé de leur préparation est assez long. On fait bouillir une partie des graines, dont chacune est dépouillée de son enveloppe; puis toute la masse de la pulpe est pilée dans un grossier mortier de bois, où l’on a mis une certaine quantité d'huile végétale. Quand le mélange est opéré, on en fait cuire une portion sur un fou de charbon, soit dans un vase de terre, soit dans une feuille de bananier. C’est un mets très-doux, que je crois nourrissant, et qui est certainement fort agréable.

Chaque famille do Fans possède au moins un de ces mortiers dont je viens de parler. Ce sont des espèces do baquets en bois longs de deux pieds, profonds de deux ou trois pouces, et larges do huit. En outre, chaque village possède et met en commun trois ou quatre énormes mortiers, aussi en bois, dont on se sert pour pulvériser la racine de manioc. Quand elle est écrasée, on en fait de petits gâteaux qui peuvent se conserver plusieurs jours. Les Fans

sont aussi très-amateurs de piment, plante qui se rencontre en abondance autour de tous leurs villages.

Pendant que nous en sommes sur leur nourriture, je dois dire qu’ils ne vendent pas les corps de leurs chefs, de leurs rois ni de leurs grands hommes. Ceux-ci reçoivent la sépulture habituelle des noirs. Ainsi, les Fans ne mangent pas tous les morts.

L’esclavage ne parait pas dominer chez eux , quoiqu’une certaine quantité de Fans soient vendus chaque année aux trafiquants de la côte, comme prévenus de sorcellerie, de dettes, d’adultère, etc. Ces dernières années, les navires français destinés à « l’émigration volontaire » transportaient des Fans dans une proportion très -considérable.

Le 10 septembre, Ndiayai, le roi, m’emmena h quelques milles de là, à un village des Oshébas, dont le roi était son ami. Maisons, habitants, physionomie extérieure, tout ressemblait parfaitement au village des Fans, .le n’aurais jamais cru que ce fut une tribu différente, si Ndiayai ne me l’eût assuré. Je présume cependant qu’elle n’en était guère distincte. Connue les Fans, les Oshébas paraissent belliqueux; ils sont aussi de haute taille, leurs femmes sont plus petites, affreusement laides et tatouées par tout le corps, line grande partie de leurs relations avec les Fans consiste dans l’échange mutuel de leurs morts , et j’ai vu autant d’ossements humains dans un village que dans l’autre.

Le roi des Oshébas, Bunbakai. voyant que son collègue et ami Ndiayai n’élail pas mort après m’avoir vu . en conclut qu’il pouvait lui-même risquer une entrevue avec moi. Il vint donc me trouver. C’était un vieillard d’humeur assez sociable, habillé à la mode des Fans et ayant toutes les manières du monarque son voisin. Nous restâmes quelques jours auprès de lui ; car j’étais venu principalement pour savoir ce qui se trouvait plus loin, à l’Est, dans l’intérieur, et comment je pourrais pénétrer plus avant. Mais j’étais parvenu à mon ultima Thule. A chaque question que je faisais avec l’aide de mes serviteurs Mbondémos, je ne recevais que celte réponse : au delà du village des Oshébas, à trois ou quatre journées de marche, vivaient d’autres tribus, aussi anthropophages, dont on ne pouvait me dire les noms. On m’apprit cependant qu’elles étaient

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