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se réunit pour l'adorer. Ce culte consiste en chants et en danses. Le temple de l’idole est le plus souvent couronné par des crânes de bêtes féroces, parmi lesquels le plus apparent est celui du gorille, linlever ou déranger ces crânes serait un sacrilège puni de mort. Je ne crois pas qu'on offre à l'idole des sacrifices humains.
I^es tribus non cannibales ne se marient pas avec les anthropophages. dont les pratiques leur font horreur. Le commerce cependant brisera probablement cette barrière. Déjà, depuis deux ou trois ans, l'ivoire des Fans a tellement excité la cupidité de leurs voisins, que deux ou trois chefs, parmi lesquels est M belle lui-même, ont été bien aises d'épouser des filles de cette tribu, pour se ménager l'influence d'un beau-père, tandis que les Fans, de leur côté, éloignés de ce commerce européen tant convoité par eux. sont heureux de s’acquérir un beau-fils plus proche du littoral. Aussi je soupçonne fort (pie. dans quelques années, ils réussiront à contracter des mariages avec les autres tribus sur une très-grande échelle.
Malgré leur effroyable coutume, l'impression que les Fans m'ont laissée, c’est que, de toute l’Afrique occidentale, c’est le peuple qui a le plus d'avenir; ils m'ont donné une hospitalité courtoise, et leur bienveillance ne s’est pas démentie. Je crois qu'ils ont à un plus haut degré que toute autre tribu cette force vitale qui rend un peuple grossier apte ii recevoir une civilisation étrangère. Knergiques , ardents, belliqueux, doués à la fois de courage et d'habileté, ce sont des ennemis terribles. La grande famille ou la nation dont ils ne sont que les rejetons, et qui doit habiter les montagnes dont la chaîne se prolonge sur le continent, si elle ne le traverse tout il fait, a probablement arrêté le cours des conquêtes des mahométans dans celle partie de l’Afrique.
J'ajouterai ici que les Fans sont connus sur le littoral sous le nom de Paouen.