CHAPITRE XII
Sur le Mondah. — Tribulations d’un voyngour en Afrique. — Le* mangliers. — Désertion de mes Mbichos. — Encore les fourmis baslnkouays. — Un établissement de missionnaires.
— Le commerce de bois rouge. — Abattage du bois rouge. — La vigne de caoutchouc.
— Récolte du caoutchouc. — Une femme torturée. — Ma rencontre avec un taureau sau-
vage. — A l'affût du gibier. — Le buffle et le léopard. — Oiseaux.
Nous touchions à la fin d’octobre, et la saison pluvieuse était tout à fait venue. Je me décidai après réflexion à faire une excursion sur le Mondah avant de retourner au Gabon. Je voulais remonter le Mondah et traverser la bande de (erre qui sépare ce fleuve de celui du Gabon, puis descendre ce dernier pour revenir à mon quartier général.
J’envoyai mes échantillons à Corisco, et je me procurai des denrées en quantité suffisante pour acheter des vivres sur le Mondah. Quand j’eus tout réglé, non sans de grands débats, avec Apouron, qui pensait que moins je prendrais de bagages mieux cela vaudrait pour lui, je fus enfin prêt & partir le 30 octobre.
Les préparatifs d’une expédition telle que celle-ci sont fort pénibles, surtout si le voyageur est à la merci du roi d’un pauvre village. J’avais à louer ma pirogue, à acheter mes mâts, à fabriquer mes voiles , à courir tout le pays pour me procurer des rames et enfin à engager des hommes. Quand tout fut fini, les paquets à bord et les adieux faits, il se trouva que ces apprêts m'avaient pris dix jours. Le temps n’a aucun prix pour ccs Africains.
Nous avions le vent debout; cependant nous aperçûmes l’embouchure du Mondah dès l’après-midi de notre départ. La marée qui baissait nous était contraire, et comme nous allions toujours contre le vent, notre marche était très-lente. J’en pris occasion de tuer quelques-uns des oiseaux qui viennent là chercher leur subsistance,