CHAPITRE XVIII
de vie explique trop bien. Avides de profiter des beaux jours, ils passent leur temps en fêtes continuelles : ce ne sont que danses, régals, réjouissances de toutes sortes; ils boivent et mangent avec excès, s’enrouent à force de chanter, mais dorment fort peu. Il est vrai qu'on ne se sent guère disposé
Chaise en écorce pour enfant.
au sommeil dans une saison où il n’ya pour ainsi dire pas de nuit; peut-être aurions-nous éprouvé nous-mêmes cette influence, si la fatigue du voyage ne nous eût disposés au repos.
Je remarque dans ce village une industrie qui semble particulière aux bords de l’Youkon: les indigènes fabriquent avec de l'écorce de bouleau de petites chaises destinées aux enfants. C’est une espèce de niche douillette, qui serait trèsconfortable sans une pièce de bais piacée en avant et destinée, selon toute apparence, à empêcher les jambes du baby de prendre une position capable de les déformer. Le siège est moelleusement rembourré de mousse; la légèreté de l'appareil permet aux femmes indiennes de le porter sur le dos avec leur progéniture, Je me suis amusé à faire l’esquisse de
cette espèce de fauteuil; je la dédie respectueusement aux mères de famille européennes; si même un hardi fabricant de bercelonnettes veut tenter d'introduire chez nous ce meuble co-youkon, je lui abandonne volontiers mes droits d'importateur. Je ne réserve pas davantage mes priviléges pour l’ornement passé dans le nez du petit Indien; on peut voir qu'il ressemble beaucoup à la parure du même genre dont se montrent si fiers de grands enfants indigènes, hauts de cinq à six pieds. Les Co-Youkons prétendent rendre ainsi leur physionomie plus expressive; si tel est l'avis du lecteur, liberté complète lui est laissée de profiter de l’information.
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du lecteur, li-
nformation.