‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 127 sur 196 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

LE FORT YOUKON.

Retour du commandant, — Un missionnaire anglais, — Le Mackenzie et l’Youkon. — Une foire indienne. — Les fourrures. — Un renard Mauvais teint. — Influence de la Propagande chrétienne, — Nos Compagnons reviennent du haut Youkon. — Traîneaux anglais,

Le commandant Mac Dougall arriva le 6 juin accompagné du révérend Mac Donald, missionnaire de l'Église anglicane. Tous deux nous firent le plus bienveillant accueil, et nous passämes en leur société des heures fort douces; il nous semblait presque être revenus dans notre Pays, maintenant que nous nous trouvions avec des personnes qui parlaien, notre langue.

Nos nouveaux amis apportaient des nouvelles relativement récentes du monde civilisé. Plusieurs numéros du Wor-Wester, journal publié sur les bords de la rivière Rouge, nous apprirent qu’à la fin de l'année précédente, on avait réussi à poser le câble transatlantique. Ils nous donnaient aussi sur la situation des États d'Europe et d'Amérique des détails, peu importants par eux-mêmes, mais fort intéressants pour des voyageurs perdus comme nous au fond des solitudes.

Rien ne fut négligé pour rendre agréable notre séjour au

fort Youkon. IL y avait abondance de vivres, et l'on nous réservait toujours les meilleurs morceaux. Notre table était donc somptueusement servie, du moins si l'on tient compte du lieu où nous étions. Les provisions que nous avions apportées ne demeurèrent pas non plus inutiles ; elles ujoutèrent à nos repas bien des délicatesses, et pourtant, les deux semainesdenotre résidence au fort nous permirent d'apprécier combien doit être rude la vie que mènent pendant des années les ‘colons européens. De l'élan bouilli à déjeuner, de l'élan bouilli à diner, de l'élan bouilli à souper, voilà quel est le fond du régime alimentaire; le poste est tellement inaccessible qu'on y apporte fort peu de provisions. Le commandant et quelques officiers ont, par faveur singulière, une petite ration de farine; quant au thé, on le distribue à tous d'une manière à peu près égale, mais la part de chacun est si mince qu'elle ne dure pas plus de deux ou trois mois; rien ne varie la monotonie insupportable de l'éternel ragoût d’élan. Toutes les denrées du dehors doivent, avant d'arriver ici, passer par chacun des postes qui s’étagent entre l’Amérique russe et la factorerie d’York, dans la Baie d'Hudson. Elles sont transportées d’un fort à l’autre par les employés de la Compagnie; ceux de l’Youkon vont chercher leurs approvisionnements à la maison La Pierre‘, petit établissement situé non loin des sources de la Porcupine, à une distance d'environ deux cents lieues. Il faut vingt jours pour remonter la rivière, et six pour la descendre. Les hommes qui sont chargés de ravitailler la maison La Pierre ont à faire un

1. J'ai mesuré les bateaux employés par le commandant du fort Youkon, pensant que ces renseignements pourraient être utiles à de futurss explorations, Les embarcations sont assez grandes pour recevoir une ceutaine de colis, d'un poids moyen de 90 livres chacun; elles tirent seulement de deux pieds à deux pieds et demi d'eau, et elles ont les dimensions suivantes :

Longueur totale................ 41 pieds.

Longueur de la quille. ......... 29 — Profondeur .......... Lars +... 3 pieds 2 pouces.

Largeur ...:... vostossossenees e 9 pieds 6 pouces.

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