XX
voyage plus pénible, quoique moins long. Une montagne leur barre le chemin, et les marchandises doivent être portées à dos d'homme pendant vingt-cinq lieues, à travers des sentiers souvent étroits et difficiles. La station la plus proche est le fort Mac-Pherson, qui s'élève à dix lieues au-dessus du confluent de la rivière Peel et du Mackenzie. On ne trouve plus ensuite de poste jusqu'au fort Simpson, distant de cinq cents lieues du fort Youkon.
Mackenzie, dans ses voyages, parle de la rivière Porcupine, mais il ne paraît pas l'avoir visitée. Pendant qu'il naviguait sur le fleuve qui porte aujourd'hui son nom, les indigènes lui parlèrent d'un cours d'eau gigantesque, en comparaison duquel celui dont il suivait les bords n'était qu'un petit ruisseau.
- Là se trouvent, lui dirent-ils, des hommes à la mine farouche, à la haute stature; ils sont si méchants qu'un seul de leurs regards suffit à donner la mort, et si voraces qu'ils peuvent, dans un seul repas, manger un castor entier. On les reconnait aux plumes qui ornent leur chevelure flottante.
Ceux qui donnaient à Mackenzie ces informations ajoutaient que le grand fleuve se jetait dans une mer située bien loin de là. Si l'on considère qu'aux yeux des Indiens, l'Youkon est la continuation de la Porcupine, on trouvera que la description ne manque pas de justesse; quant aux naturels des tribus riveraines, il est à peine besoin de dire que nous aurions éprouvé une amère désillusion si nous nous étions attendus à trouver en eux les magiciens sauvages dépeints à Mackenzie.
Le fort Youkon a été fondé en 1847; les bâtiments actuels ne datent toutefois que de 1864, et ils n’ont été achevés qu'en 1867. L'ancien poste avait été construit à une demilieue plus haut sur le fleuve; mais le rivage où il s'élevait, miné par le courant, s'affaissa en partie ; la station, menacée par une ruine prochaine, dut émigrer ailleurs. On sait que
ce rort est le plus éloigné des établissements de la Compagnie de la Baie d'Hudson; il est situé sur le 66° degré latitude nord, dans un territoire qui fait partie de l'Alaska ; aussi la Compagnie russe-américaine a-t-elle longtemps exigé de sa rivale une forte indemnité pour lui permettre d'étendre son trafic jusqu'aux bords de l’Youkon.
Après avoir été témoins de la misère, et je puis dire aussi, de la malpropreté des forts moscovites, nous éprouvions un indicible plaisir à loger dans une chambre dont les fenêtres étaient garnies de vitres, les murs coquettement blanchis à la chaux, le plancher irréprochable, où tout, en un mot, respirait le confort. Près de l'habitation du commandant et de ses hommes, se trouvent les magasins de provisions, les dépôts de fourrures, les caves où se cc.:servent la rlace et la viande.
A la hauteur du fort, l’Youkon se partage en cinq canaux, séparés entre eux par des îles, qui empèchent le regard de s'étendre d’une rive à l’autre. Les eaux du fleuve étaient couvertes d'embarcations, chaque jour arrivaient de nouvelles troupes d’Indiens, et l’on entendait du matin au soir retentir des décharges de mousqueterie, c'était à croire le poste assiégé par une armée formidable. Cinq cents naturels furent bientôt réunis dans la plaine voisine; ils y dressaient des tentes, des baraques de bois ou des huttes de peaux d'élan; ces dernières habitations étaient d'ordinaire accouplées deux par deux; les Indiens plaçaient les portes d'entrée en face l’une de l’autre, et allumaient entre elles un maigre feu destiné aux usages domestiques. Chaque indigène qui se présentait au fort recevait, à titre de don gratuit, une petite provision de tabac ou une pipe de terre ; ceux qui manquaient de vivres pouvaient aussi réclamer une ration quotidienne de chair d'élan. Le commandant Mac Dougall, on le voit, usait avec une grande libéralité des ressources de la station; il pouvait se permettre ces largesses, car des chasseurs indiens sont attachés au poste, et souvent les canots indigènes y
la Compadegré latil'Alaska ; longtemps permettre
dire aussi, Juvions un »s fenêtres blanchis à | mot, resdant et de 1s, les dérlace et la
{ Canaux, regard de ve étaient t de nouin au soir croire le s naturels lressaient de peaux e accoud'entrée maigre
e qui se e petite nquaient tidienne bit, usait tion ; il indiens pènes y