‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 151 sur 196 · CHAPITRE XXIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIT

leurs. Pour contenir leur humeur turbulente, il faudrait une nombreuse garnison russe; mais l'ispravnik de Ghidjega, dont la juridiction comprend le territoire des Koriaks et le bassin entier de l'Anadyr, n'a sous ses ordres que vingt-cinq Cosaques, et la difficulté des communications ne lui permet pas de visiter la centième partie de cette immense province.

A cent verstes de Bodkaguernaya, les voyageurs rencontrèrent un campement koriak; leurs chiens fatigués commencaient à refuser le service, ils les échangèrent contre des rennes et, poursuivant leur route après une courte halte, ils arrivèrent le 16 novembre à Kammonoi. Les trafiquants russes qui font le commerce des fourrures sur les côtes de la mer de Behring étaient réunis dans ce village; les Koriaks souhaiaient vivement de partir avec eux, mais l'ispravnik leur avait défendu de s'éloigner tant que le major serait sur leur territoire et pourrait avoir besoin de leurs services. L'expédition toutefois Le ++ retarda pas longtemps ; le 22 novembre elle atteignait Ghiujega, où Abasa établissait son quartier général.

Le siége du gouvernement russe dans ces lointains parages est une insignifiante petite bourgade qui renferme à peine trois cents habitants. Ghidjega cependant à plus d'importance qu'on ne sert tenté de le croire au premier coup d'œil; elle est l’un des principaux centres du commerce des pelleteries dans la Sibérie orientale, et le seul entrepôt où le settler russe, le Kamtchatdale à demi civilisé puissent, de quarante lieues à la ronde, venir s’approvisionner de thé, de sucre et de vodka (wWhiskey.

Les arrivages de la brülante liqueur ont lieu plusieurs fois chaque année, Inutile d'ajouter que le vénérable pope du district s’est établi en permanence dans le village.

Ghidjega est située sur la rivière du mème nom, à trois licues du golfe de Ghidjinsk, prolongement de la mer d'0khotsk. D'après la description que m'en à faite M. Knox, ce

n’est rien moins qu'un paradis terrestre, Le voyageur qui

pendant l'été s'aventure dans ses plaines, rencontre à chaque pas des fondrières tantôt visibles, tantôt cachées, toujours pleines d’eau; chaque touffe de mousse ressemble à une éponge qu'on viendrait de plonger dans un baquet: on ne peut faire la moindre promenade sans revenir trempé jusqu'aux genoux, et, pour comble d'agréments. les véhicules à roues y sont inconnus; on ne trouverait pas trois chevaux dans tout le pays, nul bateau à vapeur n’anime la rivière, et, ajoute gaiement Knox, « les ballons n'y sont pas encore introduits. »

Après avoir envoyé Kennon et Dodd dans l’Anadyrsk, pour rejoindre Mac Crea et combiner leurs explorations avec les siennes, le major Abasa tourna ses regards vers la région peu connue comprise entre Ghidjega et la ville d'Okhstsk. Les relations entre les deux places sont fort limitées. La malleposte qui, une fois l'an. transporte les dépèches, une douzaine de traineaux chargés de marchandises que font venir les négociants russes, voilà les seuls convois européens qui traversent le pays ; aussi ne faut-il songer à y trouver aucune route tracée; les voyageurs n'ont pour s'orienter que la position des cours d'eau, des moniagnes et des forêts. Quelquefois des brumes épaisses ou des rafales de neiges cachent au voyageur les signes «ui pourraient le guider, et le retiennent pendant des jours entiers, voire mème pendant des semaines, sur le point où elles l’ont surpris. Aussi les habitants ne connaissent-ils guère le pays à quatre ou cinq lieues de leurs demeures. La population sédentaire des villages qui parsèment la côte se compose de Russes, de Koriaks et d'Iakoutes. Quelques tribus nomades de la famille des Tongouses parcourent les forts et les montagnes, depuis la Kolima jusqu’au bas Amour. Ces peuplades ne se servent pas de traineaux , elles effectuent leurs migrations à dos de rennes ;

mais la pauvreté ne leur permet pas d'élever ces animaux en nombre suffisant pour répondre même à leurs plus impérieux besoins. Chezles Koriaks, au contraire, on trouve une certaine richesse; quelques-uns possèdent jusqu’à deux mille rennes.

re à Chaque es, toujours Lune éponge 1e peut faire squ'aux ge- > à roues y iX dans tout , et, ajoute ntroduits. »

dyrsk, pour ns avec les 1 région peu khstsk. Les s. La malle- , une douie font veeuropéens rouver aunter que la rêts. Quel- "es cachent ; le retienant des se- S habitants j lieues de illages qui ks et d'Ia- Tongouses la Kolima as de traie rennes ; pimaux en impérieux 1e certaine [le rennes.

Page 1