‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 155 sur 196 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

jeune, la fabrication est naturellement fort peu perfectionnée ; cependant quelques-uns des crus pourraient soutenir la comparaison avec ceux de France ou d'Allemagne, ce qui n’empèche pas, dit-on, les Californiens d’expédier leurs produits à New-York ou à Boston, et de boire de préférence des vins étrangers. Ceci du reste s'applique seulement à San Francisco, les districts vinicoles qui s'enrichissent avec leurs produits les apprécient davantage. La production de l’eau-de-vie de marc a été entreprise également sur une grande échelle. On exporte aussi des quantités considérables de raisins, de figues, de prunes, de pèches et de pommes tapées. Le climat de la Californie permet aux variétés de raisins les plus délicates, ainsi qu'à l'olive, à l'orange, à l'amande, de mürir en pleine terre. Dans la basse Californie, dont la température est presque iropicale, la culture du café, du cacao, des bananes a été entreprise avec succès. Les habitants de cette partie du pays lisent les journaux le matin en prenant leur bain dans la rivière. Les serviettes y sont un luxe inutile, car la chaleur du soleil produit une évaporation immédiate. Si on laisse des chandelles à l'air, en quelques heures la graisse s’en détache, et il n’en reste rien que les mèches; aussi les conservet-on dans de la glace, jusqu'à ce qu'on en ait besoin. Les boissons abondent, et le whiskey coûte moins cher que l'eau.

De 1862 à 1867, j'ai visité San Francisco à plusieurs reprises, j'y ai trouvé chaque fois des changements marqués el ‘apides. L'ancien village de baraques et de tentes est aujourd'hui une belle cité de 1 400 000 àmes. Beaucoup de ses rues rappellent celles de Paris, ses édifices publics feraient envie à bien des villes, entin ses hôtels sont mieux tenus et mieux meublés que ceux de New-York, ce qui n'est pas peu dire. Des docks et une jetée sont maintenant en voie de construction.

Les Californiens ont jusqu'ici opposé une invincible résistance à l'introduction des greenbacks ou papier-monnaie,

ces emplétres de moribond, comme ils les appellent avec dédain; quiconque prétend payer ses dettes en obligeant ses créanciers à recevoir au taux nominal ces billets dépréciés,. devient aussitôt la fable des journaux, et toutes les voix s'élè vent pour le flétrir. Comme il doit arriver dans un pays qui possède des gisements aussi riches, les pièces d'or californiennes sont les plus belles du monde entier; mais c'est en vain qu’on chercherait à San Francisco la moindre monnaie de cuivre; il n'existe pas de numéraire au-dessous de dix cents (60 c.). Dans les premières années qui suivirent la découverte des mines, on fabriqua des espèces métalliques d'une valeur considérable ; une entre autres, qui avait la forme d'un lingot octogone, assez semblable au module japonais, représentait cinquante dollars (270 fr.); les pièces étaient faites avec tant de négligence que souvent elles renfermaient un dollar ou deux de trop; des juifs économes virent avec indignation ce gaspillage ; pour ramener à des proportions normales la monnaie obèse, ils la limèrent, et,comme on pense bien, gardèrent les rognures ; le procédé par malheur fut appliqué avec peu de ménagement ou renouvelé plusieurs fois, de telle sorte que les pièces finirent par ne plus valoir que quarante dollars. Les Californiens, faute de pouvoir déjouer la fraude, prirent le parti de renoncer à ce numéraire.

La seule ville de l’Union américaine dont le rapide accroissement soit comparable à celui de San Francisco, est Chicago, dans l'Illinois. On sait que cette dernière cité, obscur village il y a trente ans, est aujourd’hui la brillante métropole des États du centre, l'entrepôt du commerce des prairies. La capitale californienne joue sur les côtes du Pacifique le rôle de New-York sur le rivage de l'Atlantique; sa population est déjà aussi considérable que l'était en 1820, deux cents ans après sa fondation, celle du grand foyer commercial de l'État.

S'il existait un galvanisme capable de rendre une apparence de vie aux ports du Mexique voisins de la Californie.

lent avec débligeant ses ts dépréciés, es voix s’élé un pays qui d'or californais c'est en dre monnaie ssous de dix ivirent la dé- Iliques d'une a forme d'un onais, reprént faites avec nt un dollar idignation ce lales la monn, gardèrent [ué avec peu

telle sorte nte dollars.

ide, prirent

rapide acncisco , est e cité, obsillante ménmerce des tes du Paintique; sa it en 1820, foyer com-

une appa- Californie,

Page 1