‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 158 sur 196 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

poing vigoureux; il serait probablement mieux accueilli s’il lui proposaic de trinquer avec lui en buvant du champagne.

Bien que San Francisco soit rempli d'estaminets, de cafés, de tavernes, on rencontre très-peu de gens ivres. Ce phénomène doit sans doute être attribué à l’habitude qu'ont prise les Américains d’avaler à petits coups les vinsetles liqueurs. Il existe néanmoins dans la ville, comme dans plusieurs cités de l'Est, un établissement d’une espèce singulière et caractéristique : c'est un hôpital pour les ivrognes. L'institution a pour but principal de ramener à la sobriété les malheureux qui sont susceptibles de guérison. Nous avons en Angleterre un asile pour les « chiens errants, » mais nous ne sommes pas si compatissants pour les hommes.

San Francisco possède une vingtaine de journaux, dont huit quotidiens et une douzaine hebdomadaires ‘. L'une de ces feuilles a introduit une innovation dans ses colonnes : c'est la publication des divorces à côté des naissances, mariages et morts. Nul n’a songé à réclamer ; le relâchement du lien matrimonial paraît accommoder assez les Californiens. On m'a parlé aussi d’un recueil fénian imprimé avec de l'encre verte, mais je n'ai pas réussi à le découvrir.

Les Chinois, qui sont très-nombreux, donnent à la ville un cachet particulier. Partout on rencontre John Chinaman ; il est domestique, cuisinier, garçon de ferme, mineur, manœuvre, terrassier dans les chemins de fer. Plusieurs milliers de ces émigrants sont employés à la construction du chemin de fer du Pacifique. Pendant le percement du grand tunnel du Sommet (à travers les montagnes de la Sierra Nevada), il y eut une grève dans les mines voisines, et des ouvriers du Cornouailles vinrent offrir leurs services à la Compagnie. Ils se

1. L'Alta California, le Bulletin, le Sacramento Union sont des feuilles d’un mérite exceptionnel; en outre, la qualité du papier, la beauté des caractères lui donnent un inconstestable avantage sur les gazettes de New-York et de Boston. Une nouvelle revue, l’Overland Monthly, dont l'aspect a beaucoup de ressemblance avec l'Atlantic Monthly, a commencé à paraître en 1868. Elle est écrite avec une verve véritable.

mirent à l'œuvre à côté des Chinois, mais on reconnut que ces derniers pouvaient faire plus de travail, qu'ils résistaient mieux à la fatigue et à l'air vicié des souterrains. Au bout de quelque temps les Cornouaillais se relirèrent laissant ce pénible labeur aux fils du Céleste-Empire. Le Chinois du reste entreprend toute espèce de besogne, pourvu qu'elle lui rapporte un modeste salaire; il est habituellement chargé des travaux de blanchissage, et c’est un spectacle curieux, quoique peu fait pour charmer les gens délicats, que de le voir, debout auprès d'un fourneau plein de charbon allumé, préluder au repassage des fines batistes et des robes de mousseline en remplissant sa bouche d'une eau qu'il fait ensuite jaillir en pluie à travers ses deuts serrées sur le délicat tissu. Des noms chinois, Dji-Ou, Hop-Tchang, Coum-Sing et une foule d’autres, s'étalent sur les enseignes, dans toutes les rues de second ordre. Mais le quartier qui est exclusivement affecté aux fils de l’Empire du Milieu offre un aspect tout à fait oriental, avec ses bizarres petites boutiques, ses restaurants, ses blanchisseries ; sur dix personnes que l'on y rencontre, neuf viennent de la «terre des fleurs, » on se croirait transporté à Canton ou à Pékin.

Ce faubourg chinois de San Francisco renferme plusieurs salles de bal et deux théâtres où se jouent des drames interminables; car l’auteur ne craint pas de prendre à son berceau le héros dont il glorifie les exploits, et de raconter avec les plus minutieux détails tous les incidents de sa vie, aussi les représentations durent-elles plusieurs soirées. Les maisons de jeu ajoutent aux attraits ordinaires de ce genre d'établissements, la triple séduction de l’opium, des femmes et du vin. La police a quelque peine à maintenir dans ces repaires une apparence d'ordre; les émigrants du Céleste-Empire s’y livrent parfois à une turbulence qui n’a rien d’éthéré. On dit que l'usage de l’opium est plus répandu parmi eux à San Francisco que dans leur pays même, et cela me paraît fort probable, On se procure le dangereux narcot que plus

connut que s résistaient Au bout de sant ce péois du reste Ile lui rapchargé des ieux, quoide le voir, llumé, préde mousseait ensuite licat tissu, ing et une toutes les usivement tout à fait staurants, rencontre, ait trans-

plusieurs nes interson bernter avec ie, aussi Les maienre d'énmes et

ces reste-Emd'éthéré.

ni eux à e paraît e plus

Page 1