CHAPITRE III
réponse est simple, c'était l'amour du pillage, joint à l'espoir de l'impunité. Les blancs ne leur avaient donné aucun grief, M. Waddington, au contraire, était connu pour sa sympathie envers les naturels.
On se fait généralement en Europe des idées très-fausses sur le caractère de l’Indien; les uns le représentent comme une bête sauvage, les autres comme un héros de légende. Le Peau Rouge des romans, dont le visage est couvert de peintures belliqueuses, le cœur plein des sentiments les plus nobles, est devenu fort rare aujourd’hui, du moins autant que j'en ai pu juger; je doute même qu'il ait existé à une époque quelconque. J'ai rencontré des créatures moitié intelligence, moitié instinct, qui offrent un singulier mélange de simplicité enfantine et de férocité; un vernis de civilisation cache parfois leur véritable nature, mais il faut gratter bien peu pour trouver le sauvage. Lorsque je regardais les Indiens, si calmes en apparence, si passionnés au fond, je songeais à ces montagnes volcaniques dont une neige immaculée couvre les sommets, tandis qu’à l’intérieur bouillonne une lave
? dévorante.
Un grand nombre d'indigènes ont abandonné le costume traditionnel, et même la couverture dans laquelle ils avaient coutume de se draper, pour adopter à peu de chose près la mode européenne ; ils peuvent jurer en mauvais anglais,
chanter des refrains licencieux, s’enivrer d'alcool; il est rare
que leur commerce avec les blancs ait fait autre chose que leur inoculer des vices.
L'importation de « l’eau de feu» ne fut pas le seul mal qui résulta pour les Peaux Rouges de l'immigration européenne. Des maladies irsunnues jusqu'alors parmi eux leur ont été apportées; partout enfin le simple fait de la présence de
| l’homme blanc au milieu des tribus indiennes présage le
prochain anéantissement de la race. Cette question, trop né-
gligée jusqu'ici, vient d'être étudiée avec soiri par un écrivain
distingué, M. Sproat, dans son ouvrage intitulé: Scènes de k
la vie sauvage. I] avait pu, pendant de longues années, observer les effets de la colonisation sur les Indiens, car il avait fondé une scierie mécanique près d'Alberni, à l'entrée de la passe de Barclay, dans l'ile de Vancouver. Il employait un grand nombre d’indigènes et de blancs, et il a fort judicieusement apprécié l'influence des deux races l’une sur l’autre.
L'usine était administrée avec autant de fermeté que d'intelligence; on avait proscrit l'usage des liqueurs alcooliques, tout mauvais trhitement à l'égard des naturels était sévèrement réprimé. Ils étaient mieux nourris, mieux vêtus qu'ils ne l'avaient peut-être jamais été auparavant; la plupart se montraient dociles, l’entreprise commençait donc sous les auspices les plus favorables. « Ce fut seulement plusieurs années après, dit M. Sproat, que je remarquai le changement qui s'était opéré parmi les indigènes des villages voisins. Absorbé par mes affaires, je n’avais pas suivi les progrès lents et presque insensibles de cette transformation, mais alors elle était trop visible pour échapper à l'observateur le moins attentif. A l'exception de quelques jeunes gens, dont la vive intelligence avait promptement adopté les idées européennes, tous les hommes de la tribu semblaient accablés sous le poids d’un mal indéfinissable; au lieu de venir, comme autrefois, chaque jour à la manufacture, ils se tenaient renfermés dans leurs villages, et paraissaient en proieaux plus sombres pensées. » Surpris d’abord de l’industrie des blancs, émerveillés à la vue des machines et des bateaux à vapeur, ils ne se lassaient pas d'examiner ces choses prodigieuses ; mais leur curiosité satisfaite, un sentiment plein d’amertume était entré dans leur âme; ils avaient senti le découragement les gagner, car ils avaient mesuré la distance qui les séparait des Européens, et désespéré de leur propre race. Peu à peu, ils avaient abandonné les coutumes de leurs ancêtres, les cérémonies et les rites de leur tribu. « Bientôt, ‘ continue M. Sproat, les cas de maladie devinrent beaucoup
plus anné Indie ils a ceper sauv.
civili:
les ra Sur
les Pe manq devra:
moyer natal ?
Peu qu’Alb lisée; l'abri « sinage aux in les con naissan mer les d'Hudsc d'alcool par l'es ilsontn au gré ( raient in indigène trop vra relations
Scalper, extinctio Une sit
obcar il entrée loyait judi- 1e sur
e d'inliques, t sévès qu'ils part se ous les = lusieurs *# ngement
voisins.
progrès in, mais ateur le es gens, opté les mblaient lieu de e, ils se hient en » l'indusdes babg choses ent plein ti le dédistance r propre de leurs Bientôt, * eaucoup À