‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 27 sur 196 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Victoria. Notre navire avait pour commandant le capitaine Verney, un des plus zélés promoteurs de l'exploration et qui, pendant toute la traversée, me témoigna une bienveillance particulière.

Nous débarquâmes dans la baie de Cowitchan, près de Comiaken, jolie bourgade qui s’enorgueillit de posséder une mission catholique, de riches fermes et des maisons confortables. Nous y reçûmes une hospitalité si cordiale que plusieurs d’entre nous mirent sérieusement en question s'ils ne s'arrêteraient pas dans cette Capoue nouvelle, laissant l’expédition devenir ce qu’elle pourrait.

Notre chef vit qu'il fallait nous arracher promptement aux séductions de Comiaken; le 9 juin, après avoir longuement parlementé avec les Peaux Rouges, il réussit à se procurer un canot dans lequel furent déposés nos bagages, sous la garde de l’un de nous et de quelques Indiens. La petite embarcation devait remonter la rivière Cowitchan, tandis que nous gagnerions à pied le village de Somenos. Quand nous arrivâmes, les indigènes étaient occupés à faire sécher le poisson qu'ils suspendaient à des cordes attachées aux poutrelles de leurs cabanes; absorbés par cette besogne, ils n'étaient nullement curieux d'entrer à notre service. Ayant d'ailleurs en abondance des saumons, des loutres et du gibier, ils eussent de tout temps été fort peu disposés à quitter leur territoire pour s’aventurer au milieu des tribus occidentales qui, belliqueuses et hostiles, font souvent des razzias aux environs et réduisent en esclavage tous leurs prisonniers. L'appât de très-hauts salaires pouvait seul les décider à nous accompagner.

Enfin un tyhi ou chef, Kakalatza, consentit à nous servir de guide; c'était un vieillard au maintien grave et imposant, malgré le chapeau en forme de long tuyau de poêle, et horriblement bossué, dont il persistait à couvrir sa tète vénérable, Ce chapeau, présent sans doute de quelque settler, était l'orgueil, la préoccupation constante de notre Indien;

60 VOYAGES DANS L'ALASK A.

il stipula expressément qu'il pourrait emporter l'énorme boîte où chaque soir, avant de se livrer au repos, il déposait soigneusement la précieuse parure, On eût plus facilement séparé l'ombre du corps que Kakalatza de son chapeau.

Ce fut aussi à Somenos que le métis Thomas Antoine, ou Tomo, comme on l’appelait familièrement, se joignit à notre expédition. Cet homme était pour nous une acquisition fort utile, car il parlait plusieurs dialectes indiens, avait la réputation d'habile chasseur, bien qu'il eût perdu un bras, excellait à disposer les bagages de ja façon ia moins embarrassante, enfin méritait en toutes choses une confiance absolue, excepté lorsqu'il avait bu du whiskey; malheureusement, il avait un penchant très-vif pour cette liqueur, qui le transformait en véritable forcené. Les spiritueux exercent en général une attraction plus grande sur les métis que sur les Indiens pur sang, et ils ont sur eux une influence plus délétère.

Les jours se suivaient et ressemblaient beaucoup les uns aux autres. La plus grande partie d’entre nous, bien que chargés d'assez lourds fardeaux, se fravaient un passage au milieu des forêts, tandis que le canot poussé à l’aviron remontait le courant impétueux, car il ne fallait songer à se servir ni de la pagaie ni de la rame. La rivière forme une succession de rapides petits ou grands, qui alternent avec des passages relativement tranquilles. Parfois nous devions haler la pirogue, parfois la charger sur nos épaules: souvent le lit du Cowitchan était si encombré de rochers, qu'il nous fallait porter les bagages jusqu’à un endroit plus praticable. Presque partout une épaisse végétation couvrait les rives; c'était un fouillis de broussailles, s’enchevètrant au milieu de troncs d'arbres, les uns dans la vigueur d'une séve généreuse, les autres renversés par le temps ou les orages, et offrant l'image de tous les degrés de la destruction. Seuls, le pin Douglas, le sapin noir, le sapin du Canada laissent à leur ombre des espaces libres; quand ils se sont développés dans des condi-

boîte IL soint sé-

1e, OU notre n fort répu excelarrassolue, ent, il transgénéles In- 1S dé

ès uns n que ce au bn rer à se e une ec des haler

le lit fallait esque

ait un roncs », les mage as, le » des ondi-

de

Intérieur de forèt.

tior les vite mai

de !

du la ( Van pres voir avio gibi prer nion trèsdes proc Pu cam] Sa Vi nous de la le coi vite ] encoi été h il ave lui la il lan modo cier à Avrès nald :

une f( financ

‘ÿà

Page 1