SUITE
Le goulet de Nittinhat. — Le village de Whyack. — Les Peaux Rouves. — Les brisants. — Tableaux de la vie indienne. — La rivière Suuke,— Nous découvrons une mine d’or. — L'Ile de la Reine-Chariuite, — Nanaimo,— Gisements de houille à Comox. — Exploitation de la rivière Puntledge. — Naufrage, — Lacs intérieurs, — Le détroit de Barclay. — Gibier.
Le lendemain, une brise légère gonflait mollement la couverture placée sur notre mât en guise de voile ; nous partimes dès l'aube, et nous eùmes le plaisir de voir le canot suivre, fringant et alerte, le fil de la rivière. Même au point où nous étions arrivés, nous n'avions pas encore la certitude d'être sur la rivière de Nittinaht, quoique toutes les apparences nous donnassent lieu de le croire. Nous laissämes derrière nous plusieurs villages inhabités, et, vers le soir, nous arrivàämes à l'étroite passe qui, suivant les indications de Brown, distingue l'embouchure de la rivière. La marée S'y précipitait en formant de nombreux tourbillons, et déjà nous pouvions entendre le bruit des brisants, preuve cerlaine que nous étions à peu de distance de la côte. Après
avoir laborieusement ramé pendant quelques minutes, nous parvinmes à gagner une baie tranquille située non loin de Whyack, village indien qui n’était pas désert comme les autres, car les habitants s'étaient réunis sur le rivage et guettaient tous nos mouvements avec une évidente surprise.
Le chef était parti pour je ne sais quelle expédition avec les meilleurs guerriers de la tribu, mais les indigènes restés dans la bourgade se montrèrent hospitaliers; ils nous indiquèrent une place favorable pour établir notre campement, et nous vendirent à un prix raisonnable de magnifiques flétans et d’autres provisions. Nos emplettes achevées, les Indiens firent cercle autour de nous afin d'examiner comment nous allions cuire le poisson, peut-être aussi vouiaient-ils saisir l’occasion de dérober ce qui serait à leur convenance; leurs vêtements étaient fort commodes pour ce genre d’exploits, les amples couvertures dans lesquelles ils se drapaient pouvant cacher les objets les plus volumineux; après leur départ, nous eûmes à constater la disparition de deux haches et d’une tarière.
Les naturels de cette côte reproduisent tous à peu près le type que nous mettons sous les yeux du lecteur, et qui n’est point un portrait de fantaisie, mais la copie d’une esquisse faite d’après nature. Une chevelure en désordre, une couronne de feuillage placée sur la tête, autant comme parure que comme préservatif contre les moustiques, un costume des plus élémentaires, caæ 1 ne se eompose d'autre chose que de l'inévitable couverture, voilà les traits caractéristiques des sauvages de la côte occidentale. L'épingle fichée sur une des ailes du mez à élé mise là simplement pour la commodité du propriétaire, qui en orne son visage quand il ne s’en sert pas pour fixer son vètement sur sa large poitrine. Beaucoup d'indigènes pratiquent aussi de petits trous dans la cloison nasale atim d'y introduire des anneaux, et souvent,
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