CHAPITRE V
C'est pour les danses et les festins qu'ils réservent leur voût inventif, Comme s'ils trouvaient que la nature ne
Aht, indigène de l'ile Vancouver.
leur à pas octroyé une laideur suffisante, ils couvrent leur visage de masques de bois, d’un effet “‘otesque, et d'une longueur qui dépasse souvent deux pieds. Tout chef qui se pique d'élégance en possède va assortiment complet. Ces aflreux engins sont fort ingénieusement disposés; des cordes permettent d’en faire jouer les ressorts, ils remuent les veux, ouvrent la bouche ou plutôt le bec, car ils ont en général une lointaine ressemblance avec une tête d'oiseau, en- Hn ils exécutent différentes grimaces plus disgracieuses Les unes que ies autres. L'usage de ces masques est répandu parmi toutes les tribus de l'ile sancouver.
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Les indigènes de la rivière Nittinaht ont la réputation d'être féroces et pillards, aussi inspirent-ils aux autres insu-
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Masque des indigènes de l'ile Vancouver.
laires une haine mêlée de crainte. Du reste, ils redoutent peu les représailles ; leur territoire est, grâce aux brisants, inaccessible du côté de la mer, et leur village a été si fortement palissadé qu’il défie toute attaque venue de l'intérieur. Ils ont souvent soutenu de longues guerres contre les tribus voisines ; leurs incursions se sont même étendues, parait-il, jusque sur les côtes de l’État de Washington. Nous n’eùmes toutefois pas à nous plaindre de ces sauvages; il est vrai que nous avions encore présent à l'esprit le massacre de Bute, et que, chaque nuit, nous faisions bonne garde; ce fut peut-être notre vigilance qui éloigna de nous le péril.
Les habitants de Whyack excellent à construire des canols de bois de cèdre; nous en vimes plusieurs d'une seule pièce et d’un très-bon modèle ; aucune tribu de l'ile Vancouver ne dépasse sous ce rapport les Nittinahts.
Le jour suivant, après avoir marchandé pendant üné tolple d'heures, nous louâmes une grande pirogue avec lrois
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