‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 47 sur 196 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

VISITE A LA CAPITALE DE L'ALASKA

La passe et le port de Sitka. — Baranoff, — Histoire de l'Ile. — L'eau du ciel, — Agriculture. — La Compagnie russo-américaine, — Les Pécheries. — Indiens Kaluches, — L'hospitalité russe. — Sitka entre les mains de ses nouveaux possesseurs, — Deux dimanches

‘ É al agai à L € par semaine. — La glace de Kodiak, — Cession en règle de l'Alaska,

Le 30 juillet 1865, je dis adieu à Victoria et je m'embarquai sur le Wright, steamer de la Compagnie du télégraphe; le jour suivant, nous étions en route pour Sitka, qui était alors la capitale de l'Amérique russe.

Le voyage, fait par un calme temps d'été, ne fut pas fertile en événements. Peu après nous être mis en route, nous eùmes la mortification de perdre une des ailes de l’hélice, accident qui ralentit beaucoup notre marche. Nous nous arrèâmes à Port Mac Neil, près du fort Rupert, dans l'ile de Vancouver, pour prendre à bord une petite provision de charbon de terre indigène, dont nous voulions expérimenter les qualités combustibles.

Après avoir longé le détroit de Johnstone, nous doublâmes la pointe nord de Vancouver, et suivimes la côte ouest de l'ile de la Reine-Charlotte. Je mentionne le fait, parce qu'il

existe, comme le savent tous les marins, un passage à travers l'archipel situé au-dessus de Vancouver; cette route est peut-être favorable en hiver, mais elle est difficile, longue et tortueuse.

Le 8 août, nous atteignîmes enfin les plages rocheuses, escarpées, peu hospitalières de Sitka; bientôt après, nous jetions l’ancre devant la ville, dans un petit port sûr et commode, dont les eaux sont aussi tranquilles que celles d’un réservoir de moulin. Nousnous trouvions alors par le 59°2’45" latitude nord et sur le 113° longitude ouest.

Sitka ou Nouvelle-Arkhangel est jusqu'à ce jour la seule cité qui existe dans le pays, elle mérite par conséquent une attention particulière. Autrefois elle servait simplement de dépôt à la Compagnie russo-américaine, mais elle est devenue peu à peu une ville assez commerçante, et, sans doute, elle est appelée à prendre un rapide développement.

L'île sur laquelle s'élève Sitka fait partie d’un archipel découvert en 1741 par Tschirikoff, compagnon de Behring, qui, plus heureux que son îllustre commandant, revint sain et sauf de la périlleuse expédition. On a donné à l'ile le nom de Baranoff, en mémoire d’un trafiquant qui dirigea les affaires de la Compagnie russo-américaine aux premiers jours de sa fondation, époque agitée s’il en fut. Baranoff appartenait à une bonne famille, il avait fait des études solides, possédait de rares facultés intellectuelles et une énergie trempée encore par un séjour de plusieurs années en Sibérie. Dès que les Russes eurent établi le poste qui devait plus tard devenir la ville de Sitka, une tribu voisine, celle des Indiens Kaluches, causa de grands troubles dans la colonie naissante. En 1804, protitant de l'absence du gouverneur, les indigènes surprirent la garnison, massacrèrent une partie des soldats, pillèrent le campement. Deux hommes seulement parvinrent à s'enfuir dans l’île de Kodiak. A son retour, Baranoff ne trouva plus que des ruines. Résolu à venger la colonie, il demande à l'amiral Krusenstern, qui explorait alors l'océan

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