CHAPITRE IX
PÉTROPAULOVSKI,
Le port. — La ville. — Les monuments. — Le commerce des fourrures. — Les volcans du Kamtchatka. — Première attaque de la flotte anglo-française. — Retour des alliés en 1855. — Nous rejoignons le steamer de Wright. — Tempête. — Cheminée Covert.
La baie de Pétropaulovski est protégée par une longue pointe de terre, disposition qui forme l’un des traits caractéristiques de ces côtes. Elle est très-profonde à l’intérieur, les plus grands navires peuvent y tenir à l'aise, et de cet asile braver la violence de la tempête. La ville enserre le havre à l'est et au nord, un promontoire élevé le ferme à l’ouest. Derrière les habitations se dressent des collines escarpées, au delà desquelles on aperçoit le majestueux volcan de Koriatski. Cette montagne est éloignée de dix lieues au moins: cependant, par un temps clair, on la croirait à peine à deux lieues,
À part une vingtaine de maisons qui servent de demeure à des officiers russes et à des marchands étrangers, la ville a un aspect assez mesquin. Les autres habitations, presque toutes en bois, sont fort grossières. Le seul édifice qui mérite quelque attention est une vieille église grecque avec sa toiture bariolée de rouge et de vert, son beffroi isolé du reste
de l'édifice. A l'époque où le capitaine Clerke visita Pétropaulovski, elle était construite sur lg promontoire sablonneux, mais on n'en trouve aujourd'hui aucune trace, Cette ville était autrefois un poste militaire et comptait une population plus nombreuse qu'aujourd'hui. La garnison de Cosaques qui l’occupait s’est retirée sur le fleuve Amour.
Deux monuments élevés par la pieuse reconnaissance des colons reçoivent la visite de tous les voyageurs. L'un, colonne de fonte d’un style fort simple, a été érigé en l'honneur de Behring; l'autre, construction bizarre de forme octogone, per-
Tombe de Behring, à Pétropauloyski,.
pétue en ces régions le souvenir de La Pérouse. Ni l’un ni l’autre de ces illustres navigateurs ne repose cependant à Pétropaulovski; la dépouille de Behring est restée dans l'île où il est mort, et qui porte son nom; quant à La Pérouse, il n’eut pour tombeau que l'Océan. Nous cherchâmes en vain le monument élevé à la mémoire du capitaine Clerke, le continuateur de l'exploration de Cook; on nous montra le lieu où il
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