‹ Voyages et aventures dans l'Alaska (ancienne Amérique russe) [microforme]Chapitre 80 sur 196 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ture est hermétiquement fermée à l'aide d'une peau. À côté de presque toutes les habitations s'élève une sorte d’estrade où l'on suspend les fourrures et le poisson; une petite cahute de bois, perchée en l'air sur quatre pieux, et à laquelle on monte par une planche entaillée en guise d'échelle, sert à emmagasiner les provisions, à les mettre hors de la portée des chiens et des bêtes fauves. Les canots, quand on n’en fait pas usage, sont ordinairement placés sur des tréteaux, pour les garantir de l'humidité du sol.

De la station d'Ounalatchlit nous voyions souvent les indigènes creuser des trous dans la glace et prendre d'énormes quantités de petits poissons blancs. Quand nous leur donnions des hameçons, ils en arrachaient aussitôt les barbes ; en effet, ils n’en avaient pas besoin pour faire une récolte abondante. Je songeais involontairement aux patients pècheurs à la ligne de mon pays qui attendent un jour entier sur le bord d'un ruisseau, pour avoir la dixième partie de ce qu'un Indien prend ici en une heure, et je me disais que le Malemoute à la meilleure part. Il est vrai que l’Européen est confortablement installé, tandis que l'indigène de l'Alaska brave l'intempérie des saisons. Ses vêtements de fourrure ne l'empèchent pas de sentir le froid, et le paravent qu'il se construit pour Sabriter, à l’aide de peaux tendues sur des pieux, est souvent renversé par la violence des rafales d'hiver.

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