CHAPITRE XIV
EXPLORATION DU FLEUVE YOUKON. — VOYAGE EN TRAINEAU SUR L'OUNALATCHLIT.
Routes conduisant à l'Youkon, — Traîneaux et chiens. — La rivière
Ounalatchlit. — Halte forcée, — Désertion des chiens, — Les Indiens Indgelôtes. — Maisons souterraines, — Procès des haricots contre le riz. — Nous devenons médecins, -— Ouloulouk, — Com-
merce avec les Peaux Rouges,
La partie de l'Youkon ue nous nous proposions de reconnaître est située à deux cent: lieues environ de son embouchure, mais, au lieu de remonter le fleuve dans toute sa lon- Sueur, les Russes prennent une route plus courte; de Saint-Michel, la dist Pas Soixante-quinze lieues, elle n'est On part d'Ounalatchlit.
Les traîneaux employés par les Russes et P sont de construction fort légre; on les fabrique avec du bois de bouleau, les coudes seuls sont en sapin: deux barres, . placées à l'arrière, servent à les diriger, Nous e quelques-uns de façon purement indierae;
assez mal disposés, nous y mettions nos b lourds.
de traverse beaucoup ance totale ne dépasse que de soixante quand
ar les indigènes n avions aussi
ils sont bas et agages les moins
Quoique notre expédition ftt amplement pourvue de tous
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les objets nécessaires à des voyageurs, nous n'avions cru devoir nous munir à l'avance ni de traîneaux ni de chiens, pensant, comme le iecteur l’eût fait sans doute à notre place, que nous trouverions les stations russes parfaitement approvisionnées des uns et des autres. Nous reconnümes cependant, à notre grand déplaisir, que nos coursiers de race canine laissaient beaucoup à désirer. Ils étaient à peine audessus de la misérable espèce de l'Orégon et de la Colombie anglaise, aussi sournois et aussi hargneux. On avait une peine extrême à se les attacher, ce qui, pour moi, est une preuve qu'il y a en eux autant du loup que du chien. J'ai toujours réussi à me faire d’un bon C.gue un ami; aussi étais-je contrarié de mon insuccés près de cette race rebelle, Les chiens malemoutes ont le poil fort long; leur robe présente une étrange bigarrure, où domine le gris de fer; ils ont de courtes jambes, mais leurs immenses queues buissonneuses l’emportent en laïdeur sur tout le reste. En somme, ils nous furent utiles pour transporter les bagages, et nous pümes, gràce à eux, faire de longues excursions. Pendant l'hiver de 1866-67, Le capitaine Ennis parcc‘rut deux fois la distance qu: sépare le golfe Norton de Port-Clarence dans le détroit de Behring; le trajet de Saint-Michel à Ounalatchlit fut franchi sur la glace vingt fois au moins, et celui de cette même ile à Noulato le fut une douzaine de fois par nos compagnons.
Le matin du 27 octobre,nous dîmes adieu à nos amis, dont quelques-uns voulurent nous accompagner pendant un certain temps, tandis que les autres nous honoraient d’une salve générale, mais passablement fantaisiste, de revolvers, de mousquets et de vieux canons rouillés. Notre troupe comprenait, sans me compter, huit personnes: le capitaine Ketchum, joyeux Américain du Nouveau-Brunswick, le lieutenant Labarge, Canadien qui avait passé la plus grande partie de son existence aux États-Unis, mais qui gardait de son origine française une gaieté communicative, un irrésistible entrain; aussi était-il devenu bien vite notre favori à tous. Notre troisième
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