CHAPITRE XIV
tour du foyer. Une flamme claire et gaie s’en élève, mais bientôt il ne reste plus que quelques tisons fumants ; le chef de la famille quitte alors son ouvrage, prend le bois à demi éteint et le jette par l'ouverture du toit qu'il ferme ensuite à l'aide d’une peau de renne. Ce procédé conserve, il est vrai, la chaleur, mais les cendres dégagent encore de l'acide carbonique et de la tumée, qui se répandent dans la chambre ; pas un atome d'air ne nous arrive maintenant du dehors ; l'entrée du couloir souterrain est close elle-même par une épaisse fourrure; je sens ma tête se serrer, mon cœur bondir sous l'influence combinée d’une foule d’odeurs nauséabondes : poisson à demi gâté, vieux vêtements de cuir, chiens, graisses, etc. Quelques heures plus tard, arrive le moment du repas. L'hôtesse rallume le feu pour procéder aux apprêèts culinaires. Tout à coup, un grand bruit se fait entendre au dehors, des chiens se battent en aboyant avec fureur; dans leur acharnement, ils n’aperçoivent pas l'ouverture béante qui laisse échapper la fumée ; deux ou trois tombent comme des avalanches sur le brasier ardent, renversent dans leur chute poële et marmite. Voilà le diner de la famille par terre, et une nouvelle odeur, celle du poil roussi, se mèle aux agréables émanations que je viens de décrire. Inutile d’ajouter que les auteurs du dégât s’enfuient de toute la vitesse de leurs quatre pattes, en hurlant d’une façon plus bruyante encore qu’au moment de leur apparition.
Des enfants gros et gras, qui jouaient dans un coin, ont ajouté au tintamarre le fausset aigu de leurs cris et de leurs rires. L'incident terminé, ils retournent à leurs places, où ils se mettent à sucer, en guise de sucre d'orge, de petits morceaux de glace. Je ne suis pas fâché de les perdre de vue, car ils ignorent complétement l'usage des mouchoirs de poche, et leurs visages barbouillés sont peu attrayants. Ils sont trèspeureux, ce qui provient peut-être de l'éducation maternelle. Si l'un de ces jeunes drôles se laisse tomber, les femmes accourent auprès de lui, en poussant des lamentations. Quelques
la
gouttes de sang apparaissent-elles, les voilà qui se cachent la figure dans leurs mains, comme si elles ne pouvaient contempler un spectacle aussi terrible.
Hommes et femmes fument; ces dernières néanmoins ne le font qu’en certaines occasions. Beaucoup d'Indgelètes, comme les Tchouktchis et les Malemoutes, avalent la vapeur; ils prisent aussi le tabac, qu'ils réduisent en poudre à l'aide d’un pilon et d'un mortier de bois, ou pour parler plus exactement, d'une simple écuelle grossièrement taillée; ils la tiennent d'une main, tandis que de l’autre, armés d’un lourd bàton, dont le bout est rendu plus pesant encore par une pierre, ils frappent à coups redoublés sur les feuilles sèches de l'enivrant végétal. Leurs tabatières n'offrent rien de bien particulier, elles sont de forme ovale, en écorce de bouleau ou en os de renne; mais leur manière de priser est assez curieuse : au lieu de prendre la poudre entre le pouce et l'index, ils l'aspirent délicatement au moyen d’un petit tube de bois.
Dans tous les villages où nous nous arrèêtions, nos bagages restaient la nuit à la belle étoile, sans autre garde que la probité des indigènes ; jamais cependant nous n’eûmes à constater le moindre larcin; il est vrai que pour se dédommager de leur honnêteté, les habitants nous faisaient payer très-cher tout ce qu'ils nous vendaient. Nous achetions donc le moins possible; de temps à autre seulement, nous nous permettions l’emplette de quelques coqs de bruyère ou d’un quartier de renne séché. La plupart d’entre nous étaient devenus des cuisiniers si habiles qu'ils eussent fait pâlir Vatel de jalousie: je ne crois pas que l’épicurien le plus blasé fût capable, surtout après avoir voyagé tout un jour dans les régions polaires, de résister à l’appétissant fumet de nos ragoüts, cuits juste à point, et convenablement assaisonnés de sel, de poivre, de farine et autres ingrédients.
Ce fut à Igtigalik que Francis et moi engageâmes une dispute qui mériterait de figurer dans les causes célèbres, car il s'agissait d’un procès qui intéresse une grande partie de
chent la nt con-
ns ne le , comme eur ; ils à l’aide s exactela tienourd bàe pierre, de l'enien partiau ou en ‘urieuse :
index, ils > bois.
s bagages de que la es à CONSlommager très-cher le moins rmettions artier de hs des cuijalousie ; able, surpolaires, its juste à oivre, de
une disbbres, car partie de