CHAPITRE XV
VOYAGE EN TRAINEAU DANS LE BASSIN DE L'YOUKON
Nous traversons la rivière Ouloukouk. — Les raquett Ouloukouk. — Route de terre. — Versola Sofka, — Nous campors à la belle étoile, — Masque de glace, — Probité des Indiens, — Sources thermales, — Aspect de l'Youkon, — Coltog. -— Le vieux
Starik, — Voyage sur l’'Youkon. — La Barabba d'Alikoff, — Arrivée àNoulato.
es, — Les monts
Dans la matinée du 5, montés sur notre barque de peau, nous traversons la rivière Ouloulouk. En voyages, nous transportons sur la riv nos chiens et nos provisions. Puis, j
faisant plusieurs € Opposée nostraineaux, essaye ma première paire de raquettes, à la grande joie des indigènes, qui se demandent comment un homme à PU passer sa vie sans que l'usage de ces chaussures lui soit devenu familier,
Le 6, nous partons avec un enfant indigène et un Indien ‘ue nous avons baptisé du nom de Tommy. Nous laissons près du bord de la rivière notre canot, qui doit nous être
mené plus tard. La journée est belle, le thermomètre marque k degrés au
k -dessous de zéro ; mais la neige n’est pas encore
des raquettes, Après
s-habile à m'en servir. Tout
durcie, ce qui nous oblige tous à porter un peu d'exercice, je deviens trè
le secret consiste à oublier qu'on les porte et à marcher exactement comme on ferait si on ne les avait pas. La raquette s’avance avec le pied, sans qu’on la lève beaucoup au-dessus
de la neige.
Ces chaussures étant destinées à répartir tout le poids du corps sur une grande surface, elles ont une longueur consi-
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Soulicr de neige.
dérable, parfois cinq pieds et demi, et même davantage. La mesure moyenne est de quatre pieds et demi. Toutes celles dont se servent ici les indigènes sont relevées et arrondies par devant, elles se terminent en pointe par derrière. Les bords sont en bois, un réseau délicat de cordes de boyau forme le milieu, les attaches où ie pied se fixe sont des lanières de peau.
Nous suivons la direction du N. N.E., côtoyant de fort près la base des monts Ouloukous, chaîne peu élevée dont les sommets dépassent rarement une hanteur de trois mille pieds: elles sont cependant pour le voyageur une indication utile dans un pays qui n'offre guère que des plaines; leur ligne se prolonge du sud au nord sur une longueur de cent milles et rompt heureusement la monotonie de la perspective; quelques-uns des pics, entre autres le Versola Sofka, ont une forme des plus pittoresques. Nous apercevons aussi, vers l'ouest, des montagnes qui paraissent avoir une altitude plus considérable que la chaine des Ouloukouk.
De temps à autre, nous nous arrètons pour boire. Noire guide indien creuse un trou dans la glace d’un petit cours d’eau, il y introduit en guise de filtre une poignée de neige. puis il se baisse sur ses genoux et ses mains pour aspirer le
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