FÊTE DE NOËL
se trouvent sans cesse sur nos lèvres. Cependant, en l’hônneur de la solennité, nous avons décnré notre chambre de trophées de drapeaux ; des fourrures tapissent les murailles ; des branches de sapin remplacent le houx national. Notre plus belle vaisselle d’étain, assiettes, plats, timbales, reflètent comme un miroir la clarté de la lampe fumeuse; un grand feu pétille dans le poële, et dès le matin Dall s’est mis à l'œuvre pour fabriquer des pains d'épices et des pâtés. Vains efforts ! Nous ne pouvons chasser le souvenir de ces chers absents, nous empêcher de songer à la place que nous laissons vide à notre foyer. Notre ami Jagor est venu prendre part à la fête ; quant au bidarchik, parti depuis quelques jours pour un voyage aux environs, il ne doit être de retour que la semaine prochaine. Les convives sont donc: le lieutenant russe Jagor, Ketchum, Labarge, Dali et moi. Je devrais ajouter notre serviteur indien Kouriler, qui, amené fort jeune à Noulato, parle le patois des employés mieux que sa propre langue et pourrait passer pour un Russe.
« Vers cinq heures de l'après-midi, nous étendons sur la table un morceau de coutil pour figurer la nappe; puis nous disposons symétriquement la vaisselle plate fournie par la compagnie, c’est-à-dire la soupière, les plats et les coupes d’étain, ct nous prenons place au banquet,