SÉPULTURE DES CO-YOUKONS
le plus souvent sur la lisière des bois, un enclos de forme elliptique, ouvert à l’une de ses extrémités, Une forte palissade ferme le bout opposé de l'enceinte; les de” côtés sont garnis de pieux, placés à une petite distance |; uns des autres et reliés par des nœuds coulants. Les indigènes font ensuite dans la forêt une battue qui pous:: le g‘bier vers le piège. Une fois entrés, les rennes veulent passer entre les poteaux
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pour s'enfuir ; ils introduisent leurs têtes dans les lacets qui se serrent et les retiennent. D’autres, effrayés, courent çà et là, mais ils ne tardent pas à tomber sous les coups des chasseurs. Ceux-ci sont, pour la plupart, embusqués derrière des monceaux de neige amassés à dessein, à l'entrée de l’enelos, et dans lesquels sont pratiquées des meurtrières qui permettent de tirer sur le troupeau en désordre.
Quand le gibier s’épuise, les indigènes vont chercher sur un autre territoire des moyens de subsistance plus abondants. Leurs habitudes nomades expliquent comment il se fait que, dans un pays aussi peu habité, les nouvelles se répandent avec une vitesse extrême. Qu’un vaisseau jette l’ancre
Saint-Michel, son arrivée sera, une ou deux semaines plus tard, connue de toutes les tribus de l’Youkon. Mais si les gazettes vivantes du pays voyagent vite, elles ne se font pas scrupule de répandre à tort et à travers, tout comme les journaux des nations civilisées, les bruitsles plus alarmants.
« Vers la fin de décembre, écrit Whymper, on vint dire à nos amis de la côte que nous avions été attaqués par les Indiens. Aussitôt le capitaine Ennis envoya quelques hommes pour s’assurer du fait et nous prêter main-forte. Nous avions pas besoin de leur assistance, mais nous fûmes satisfaits de l’avoir, car, de notre côté, nous avions reçu des nouvelles, heureusement tout aussi peu fondées, qui nous inspiraient des craintes fort vives au sujet de la petite colonie de Saint- Michel. Quelques légers désaccords entre les Russes et les indigènes avaient sans doute été la base sur laquelle l’imagination de nos messagers avait bâti ces lugubres échafaudages.
€ Il n’en faut quelquefois même pas autant pour donner lieu aux plus étranges rumeurs.
€ Un jour que nous avions fait maigre cère, il nous arriva de menacer en riant les femmes indigèn’s de prendre leurs nourrissons joufflus pour les mettre en civet, si les appro-
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