‹ Voyages et aventures dans la Colombie anglaise [microforme]Chapitre 53 sur 72 · CAMPEMENT D ÉTÉ INDIEN A NÉHOUICARGOUT, AU BORD DU FLEUVE YOUKON · texte numérisé non relu

CAMPEMENT D ÉTÉ INDIEN A NÉHOUICARGOUT, AU BORD DU FLEUVE YOUKON

142 FRÉDÉRICK WHYMPER.

bras chargés d'un noir linceul, tout transporte notre imagination dans un monde étrange et fantastique.

« Enfin, la cérémonie prend un caractère moins sombre. Les chants retentissent éclatants et joyeux, le malade est guéri; du moins il ne peut faire autrement sans y mettre beaucoup de mauvaise volonté; il se traine jusqu'à sa demeure, appuyé sur le bras d’un de ses fils. J’observe attentivement les Indiens, et il me semble reconnaître parmi eux plus d’un incrédule; le sourire moqueur qui se dessine au coin de leur bouche contraste avec l'expression d’enthousiasme fervent des autres spectateurs; évidemment ils n’ajoutent aucune foi aux talents magiques de Larrione et regardent la cérémonie entière comme une jonglerie.

« Les Indiens de ce pays ont pendant l'été une figure hâve, un air de lassitude qui fait pitié à voir, mais que leur genre de vie explique trop bien. Avides de profiter des beaux jours, ils passent leur temps en fêtes continuelles : ce n’est que danses, régals, réjouissances de toutes sortes ; ils boivent et ‘mangent avec excès, s’enrouent à force de chanter, mais dorment fort peu. Il est vrai qu’on ne se sent guère disposé au sommeil dans une saison où il n’y a pour ainsi dire pas de nuit; peut-être aurions-nous éprouvé nous-mêmes cette influence si la fatigue du voyage ne nous eût disposés au repos.

« Je remarque dans ce village une industrie qui semble particulière aux bords du Youkon : les indigènes fabriquent avec de l'écorce de bouleau de petites chaises destinées aux enfants. C’est une espèce de niche douillette qui serait'très confortable sans une pièce de bois placée en avant et destinée, selon toute apparence, à empècher les jambes du baby de preudre une position capable de les déformer. Le siège est moelleusement rembourré de mousse; la légèreté de l’appareil permet aux femmes indiennes de le porter sur le dos avec leur progéniture. Je me suis amusé à faire l’esquisse de

LES INDIENS NÉHOUICARGOUTS. 143 cette espèce de fauteuil; je la dédie respectueusement aux mères de famille européennes; si même un hardi fabricant de bercelonnettes veut tenter d'introduire chez nous ce meuble co-youkon, je lui abandonne volontiers mes droits

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dire pas d’importateur. Je ne réserve pas davantage mes privilèges

IA NAS pour l’ornement passé dans le nez du petit Indien; on peut

pre voir qu’il ressemble beaucoup à la parure du même genre dont se montrent si fiers de grands enfants indigènes, ha

semble de 1°,50 à 1",80. Les Co-Youkons prétendent rendre ainsi

DrIQUenR leur physionomie plus expressive; si tel est l’avis du lecteur,

Rs liberté complète lui est laissée de profiter de l'information. »

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