CHAPITRE XIV
La Californie. — Les émigrés chinois. — San-Francisco. Mœurs et coutumes.
Il y a trente ans à peine, la Californie’ languissait dans un oubli profond; ses vastes solitudes ne comptaient qu’un petit nombre de colons espagnols et un nombre plus petit encore de colons américains. En 1870 (l’année du dernier recensement) sa population dépassait 560000 âmes, et chaque année elle reçoit de nouveaux émigrants.
Cette rapide extension, elle la doit à la fièvre de l’or qui, à partir de 1849, y attira une foule de mineurs. Ceux-ci, une fois enrichis, s’aperçurent que la terre était belle ct fertile, et adoptèrent cette nouvelle patrie. Il est impossible, en effet, de ne pas reconnaître qu’il n’existe nulle part, sous le soleil, un sol plus privilégié.
Il suffit d’ensemencer une seule fois pour obtenir deux moissons; la seconde, qui n’a rien coûté, est presque aussi productive que la première. Le blé et l'orge s’exportent par millions d’hectolitres; la vigne y réussit admirablement ; le climat permet aux variétés de raisins les plus délicates, à
1. La haute Calilornie, céée aux États-Tnis par le Mexique en 1848, a été découverte par l'Espagnol Cabrillo en 1542, explorée par l'Anglais Drake en 1578, et occupée par les Espagnols en 1763 seulement. Depuis 1850, elle forme un des États de l’Union américaine. Elle 4 pour capitale Sacramento, mais sa ville la plus importante est San-Francisco, qui possède un des plus beaux ports du monde.
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