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DK LAPÉROUSE, — 1787. 115 un brouillard très épais, les vents se fixèrent au nord-ouest grand frais: Je lémps resta terne et blanchatre mais Fhorizon s'étendit à plusieurs heues, La mer, QUE availété si belle jusqu'alors, devint extremement Lrosse, Lapérouse, qui élail à l'ancre par vingl cinq brasses at moment de celle crise, donna aussitôt le signal d’appareiller, et dirigea sa route, sans perdre un inslant, vers Pile Quelpaert. qui était le premier point de reconnaissance intéressant , avant d'en rer dans le canal du Japon, Celle île, qui n'a dut lé vue jusqu'alors que par les naufragés hollandais du Sparrow-[Lai k (l'Epervier) , en 1635, était sous la domination du roi de Corte, Les Francais en eurent connaissance, le 24 mai,
par le temps le plus beau,
nest guère possible de trouve: une terre qui offre un plus bel aspect; un pic d'environ mille toises, qu'on peut apercevoir de dix-huit à vingt lieues, s'élève au milieu de l'île, dont il est sans doute le réservoir; le terrain descend en pente très-douce tUSqu à la mer, d’où les habitations s'élèvent en amphithéâtre, L'hisloire des naufragés hollandais qui restèrent dixhuit as caplifs sur cette terre n’était pas de
Halure à Cheauer Lapérouse à Cnvover un canot
114 VOYAGES ET AVENTURFS
au rivage. [1 vit bien deux pirogues s’en détacher; mais elles n’approchèrent jamais les frégates à plus d’une lieu ; il était évident que leur seul but était d'observer ’es étrangers, et peutêtre de donner l'alarme sur la côte de Corte. L'expédition continua donc sa route, Le lende- Main , On eut connaissance de différentes îles ou rochers qui forment une chaîne de plus de quinze lieues en avant du continent de la Corée. Le 25 mai, on passa dans la nuit le détroit de
la Corée, en sondant toutes les demi-heures.
Le canal qui sépare la Corée du Japon peut avoir quinze lieues, Comme Lapérouse suivit le continent de très-près , il put voir les maisons et les villes qui sont sur le bord de la mer. Il apercutsur des sommets de montagnes quelques lortifications qui ressemblaient parfaitement à des forts curopéens ; et il était vraisemblable que ces moyens de défense des Cortens étaient diigés contre jes Japonais. La vue des frégates francaises n’inspira pas beaucoup d’effroi à une douzaine de champans (bateaux) qui naviguaient le long de la côte. Ces champans ne paraissaient différer en rien de ceux des Chinois ; leurs voiles étaient pareillement de nattes. Lapérouse aurait
beaucoup désiré qu'ils eussent osé l’accoster :
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DE LAPÉROUSE, — 1787. 115 mais ils Continuérent leur route sans s'occuper
des vaisseaux étrangers.
La journée du 26 ;nai fut une des plus belles de la Campagne, et des plus intéressantes par les relèvements qui furent faits d’un développement de côtes de plus de trente lieues. Malgré ce beau temps , on éprouva ce même jour encore une tempète qui fut présagée par un singulier phénomène : les vigies critrent du haut des mâts qu’elles sentaient des vapeurs brûlantes, semblables à celles de la bouche d’un lour, qui passaient comme des be fées et se succédaient d’une demi-minute à l'autre. Tous les officiers montèrent au haut des mâts et éprouvèrent la même chaleur. La température était alors de 14° sur le pont ; un thermomètre, placé sur les barres des perroquets, monta à 20°; cependant les bouffées de chaleur p?ssaient très-rapidement ; et, dans les intervalles. la température de l'air ne différait pas de celle du niveau de Ja mer,
Le lendemain 27, Lapérouse crut devoir diri-xer sa roule sur la pointe du sud-ouest de l'ile de Niphon, Bientôt il apercu! dans le nord nord-
est une petite ile habitée qui jusqu'alors n'avail
Éd TE.
éLé portée sur aucune carte, et qui fut nommée Île Dagelet, du nom de cet astronome qui l'apercut le premier. Elle est Lrès-escarpée , mais couverte jusqu'à la mer des plus beaux arbres. Un rempart de roc vif et presque aussi à pic qu'une muraille la cerne dans tout son contour, à l'exception de quelques petites anses desable, sur lesquelles il est possible de débarquer. Dans ces anses on apercut sur le chantier des bateaux d'une forme tout à fait chinoise. Les ouvriers , effrayés en voyant les frégates, s'enfuirent dans un bois voisin, Pour persuader à ces peuples , par des bienfaits, qu’il ne leur était pas hostile, Lapérouse aurait désiré trouver un mouillage ; mais des courants assez violents l'éloignèrent de terre , et la crainte d’être porté sousle ventlui fil renoncer à son dessein.
Les jours suivants les vents furent constamment contraires. Le 2 juin , on cut connaissance de deux bâtiments japonais, dontun passa à porice de la voix ; ilavait vingt-deux hommes d’équipage, tous vêtus de soutanes bleues de la forme de celles des prêtres catholiques. Ce bâtiment, du pert d'environ cent tonneaux, avait un seul mât {rès-élevé, Sa voile était immense, Tout
faisail juger que ces bâtiments n'étaient pas des-
omméce qui l’a- *, Mais arbres.
1 à pic »ntour, csable, . Dans ateaux Vriers , it dans ‘uples , ostile , illage ; nèrent
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nstamssance à porl’équiforme ment, n seul . Tout
is des-
DE LAPÉROUSE. — 1787. 117 nés à s éloigner des côtes, ce! qu'on ne devait pas y être en sûreté dans les grosses mers pendant un coup de sent, Qn passa si près de l'une de ces embarcations, qu'on observa jusqu'à la physionomie des individus qui la montaient ; cle n'exprimait ni la crainte ni l'étonnement, On les vit s'éloigner avec précipitalion, dans le but. sans doute, d'aller annoncer à leurs compatriotes la rencortre de deux vaisseaux étrangers dans des parages où aucun navigateur Curopéen n'a-
dal pénétré jusqu'alors.
Le G juin, on cut connaissance du cap Noto sur la côte occidentale du Japor, et de l'île Jootsi-S:ina , qui en est séparée par un canal d'environ cinq licues, Le temps élait clair et l'horizon très-étengu. Quoique à six lieues de la terre, on en distinguait tous les détails, les arbres, les rivières et les éhoulements, Des îlots ou des rochers, qui étaient liés entre eux par des chaînes de roches à fleur d'eau, empêchèrent les frégates d'approcher plus près de la côte, L'île de Jootsi-Sima est petite, plate, mais bien boisée et d’un aspect agréable. On remarqua entre les maisons des édifices assez considérables ; et, auprès d’une espèce de château qui était à Ja pointe du sud-est, des piliers avec
une large poutre posée en travers , qui ressem-
blaient parfaitement à nos fourches patibulaires, Peut-être ces piliers avaient-ils une autre destination ; il serait assez singulier que les Japonais, si différents des habitants de l'Europe, s’en fus-
sent rapprochés sur ce point.
>Hres, stiais,
" jus-