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est composée sont des laves plus ou moins poreuses, et presque à l’état de ponce ; des matières gypseuses et des cristallisations de soufre se rencor ‘rent sur le sommet, Les schorls et toutes les autres pierres sont inférieures en beauté à celles du volcan de Ténériffe. Les naturalistes rapportèrent cependant quelques morceaux de chrysolithe assez beaux. Ils avaient essuyé nn si Mauvais temps, il était tombé une si grande quantité de neige, qu'ils furent obligés de revenir plus tôt qu'ils ne F'auraient désiré,
Le gouverneur général de la presqu'île à M. Kaslov, arriva enfin à Saint-Pierre et Saïnt- Paul. Doué d’une politesse exquise, et des manières les plus affables, il parlait francais, et avait des connaissances très-variées , surtos Et en géographie et en histoire naturelle. Les Français ne virent pas sans surprise qu'on eût relégué au bout du monde, dans un pays tout à fait sauvage, un officier d'un mérite qui eût été distingué chez les peuples les plus civilisés, Le jour suivant, il invita ses hôtes à un bal, qu'il voulu donner À leur occasion à toutes les femmes, tant kamtchadales que russes, Si l'assemblé ne fut pas nombreuse, elle était au moins extra-
ordinaire. Treize femmes vêtues d’étofles de
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DE LAPÉROUSE, = 1787. 159 soie, dont dix Kamtchadales avec de gros visages, de petits yeux et des nez plats, étaient assises sur des bancs autour de l'appartement, Les unes et les autres avaient la tête enveloppée de mouchoirs de soie À la manière des femmes mulâtres de nos colonies. On commenca par des danses russes, dont les airs sont for! agréables, et au ressemblent beaucoup à la cosaque. Ensuite vinrent les danses kamtchadales, pour lesquelles il ne faut que des bras, des épaules, et presque point de jambes ; les danseuses, par leurs convulsions et leurs mouvements de contraction, inspiraient un sentimen nible à tous les spectateurs; ce sentiment était encore plus vivement excité par le cri de douleur qui sortait du creux de la poitrine de ces danseuses, qui n'ayaieni que cette musique pour mesur de leurs mouvements, Leur fatigue était telle, qu'elles étaient toutes dégouttantes de sueur, et restaient étendues par terre sans avoir la force de se relever, Les abondantes exhalaison qui émanaient de leurs corps parfumaient P ppar lement d’une odeur d'huile et de poisson, à liquelle des nez européens étaient trop peu habitués pour en sentir les délices, Lapérouse de manda ce qu'avaient voulu exprimer deux de ces
lemmes qui venaient de se livrer à un exercice si
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violent, On lui répondit qu’elles venaient de figurer une chasse d'ours, En récompense du spectacle qu'elles venaient de donner, les Terpsichores furent gratifites chacune d’un verre d'eau-de-vie,
Cette danse était à peine achevée, qu'un cri de joie annonça l’arrivée d’un courrier d'Okhotsk qui apportait à Lapérouse des dépèches d'Europe. Ces nouvelles étaient heureuses pour tous, inais plus particulièrement pour le chef de l’expédition “ui était promu au grade de chef d’escadre. Le gouverncur-général voulut célébrer cet événement par le bruit de toute l'artillerie de la place, ct combla Lapérouse de marques d’amitié et d'affection. Il offrit aux officiers des frégates des présents de toute espèce qu’il sut leur faire accepter par son affabilité, Pour reconnattre ses bons procédés , on lui fit cadeau de la relation du troisième voyage de Cook, qui parut lui faire un grand plaisir ; il avait à sa suite tous
les personnages mis en scène dans cette relation, M. Schemalev, le bon curé de Paratounka , le malheureux Ivaschkin *, qui, à mesure que le
* Ce fut avec le plus vif intérêt que Lapérouse trouva au Kamichaika le vicillard Ivachskin, dont les journaux anglais avaient longtemps entretenu l'Europe, Cet intérét s’accrul encore lorsqu'il apprit que le seul délit de cct in-
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un cri khotsk d'Eu- * tous, c l’exf d’esrer cet : de la d’amifrégat leur onnaîla reparut le tous ation, ka, le que le
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DE LAPÉROUSE, — 1787, 161 gouverneur traduisait les passages qui les concernaient , s’écriaient qu'ils étaient de la plus exacte vérité.
Les Français levèrent le plan de la baie d’'Avatcha. Cette baie est sans contredit une des plus belles, des plus sûres et des plus commodes qu'on puisse rencontrer, Deux ports vastes, l’un
forluné consistait dans queiques propos indiserets tenus sur l'impératrice Elisabeth au sortir d’une partie de table, où le vin avait égaré sa raison : il était alors àgé de moins de vingt ans. Officier aux gardes, d’une famille distinguée de Russie, d’une figure aimable , il fut dégradé, envoyé en exil au fond du Kamtchatka, après avoir reçu le knout et avoir eu les narines fendues. L'impératrice Catherine lui avait fait grâce depuis plusieurs années ; Mais un séjour de plus de cinquante ans au milieu des forêts du Kamichatka , le souvenir ct la honte d’un supplice injustement subi, le rendirent insensible à cet acte de justice , Ctilpersis(a dans sa résolution de mourir en Sibérie. Lapérouse, respectant son malheur, le pria d'accepter du tabac, de la poudre, du plomb, du drap, et généralement tout ce qu'il jugea pouvoir lui être uiile. Ivaschkin avait été élevé à Paris ; il entendait encore un peu le français, et il retrouva quantité de mots pour exprimer Sa reconnaissance, Il rendit en mème {emps aux voyateurs le service de leur faire connaître le tombeau de Delisle de la Croyére, astronome et géographe, mert en 1711, au retour d'une expédition faite par ordre du Tzar , Pour reconnaitre les côtes d'Amérique. Les Français consacrèrent la mémoire de leur compatriote en attachant une inscription à son monument funébre et en donnant son nom à uneile près des licux où il avait abordé.
sur Ja côte de l'est, l’autre sur celle de l’ouest , pourraient contenir tous les vaisseaux des marines française et anglaise. Le village de Saint- Pierre et Saint-Paul est situé sur une langue de terre qui, semblable à une jetée faite de main d'homme, forme, derrière ce village, un petit fort fermé comme un cirque, dans lequel trois où quatre bâtiments désarmés peuvent passer l'hiver. L'ouverture de cette espèce de bassin est de moins de vingt-cinq toises, et la nature ne peut rien offrir de plus commode,
« Ce n’est point aux navigateurs étrangers, dit Lapérouse, que la Russie doit ses découvertes et ses établissements sur les côtes de la Tartarie orientale et sur celle de la presqu'ile du Kamtchatka. Les Russes, aussi avides de pelleteries que les Espagnols d'or et d'argent, ont, depuis très-longtemps, entrepris par terre les voyages les plus longs et les plus difficiles pour se procurer les précieuses dépouilles des zibelines, des renards et des loutres de mer; mais, plus soldats que chasseurs, il leur a paru plus commode d’assujettir les indigènes à un tribut, en les subjuguant , que de partager avec eux les faugues de la chasse, Is ne découvrirent la presqu'ile du Kamtchatka que sur la fin du dix-sep-
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angers , JUverà Tarile du pelle- » Ont, re les our se lines, , plus comut, en les fa- pres- K-sCp-
DE LAPÉROUSE, — 1787, 163 tième siècle ; leur nremière expédition contre la liberté de ses malheureux habitants eut lieu en 1696. L'autorité de la Russie ne fut pleinement recénnue dans toute la presqu'île qu’en 1714.
» On connaîtrait très-imparfaitement les avantages que la Russie retire de ses colonies à lorient de l'Asie, si l'on ignorait qu'aux voyages par terre ont succédé des navigations dans l’est du Kamichatka, vers les côtes de l'Amérique ; celles de Bchring et de Tschirikov sont connues de toute l'Europe. Après les noms de ces hommes célèbres par leurs expéditions ct par les malheurs qui en ont été la suite, on peut compter d’autres navigateurs qui ont ajouté aux possessions de la Russie les îles Aléoutiennes, les grourpes plus à l’est connus sous le nom d’Onolaska, et toutes les îles au sud de la presqu'ile du Kamtchatka.
» La Russie ne fait que très-peu de dépenses pour étendre ses possessions ; des négociants Ordonnent des armements à Okhotsk, où ils construisent, à frais immenses, des bâtiments de quarante-cinq à cinquante pieds de longueur, aÿant un seul mât au milieu, à peu près comme
nos culters, et montés par quarante à cinquante
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