CHAPITRE 1x
Iles Hamoa (des Navigateurs.) — Mouillage à Maouna, — Massacre du capitaine De Langle et de onze personnes des deux équipages, — Reconnaissance des iles Oiolaya et Pola.
Après les nombreuses fatigues que coûtèrent aux équipages les efforts faits pour découvrir l'île des Espagnols, Lapérouse prit le parti de diriger sa navigation vers l'hémisphère sud, dans ce vaste champ de découvertes, où les routes des Quiros, des Mindan: » des Tasman, des Cook, ont été croisées en tous sens par les navigateurs modernes; dans cet Océan équatorial
où il existe une zône de douze à quinze degrés environ du N. au S. et de cent quarante degrés
de l'E. à l'O., parsemée d'îles qui sont sur le globe terrestre ce que la voie lactée est dans le ciel, C’est dans cet archipel que ses instructions lui prescrivaient de naviguer pendant la troisième
année de sa campagne.
Les vents furent très-variables et la mer trèsagitée jusqu'au 30° degré de latitude, que l'exp édition atteignit le 29 octobre. Elle jouit bientôt d'un ciel pur, et, le 5 novembre, elle coupa la ligne qu’elle avait suivie dans sa route de Monterey à Macao. Lorsqu'on eut atteint le 10° degré de latitude nord, on essuya de grandes pluies ; bientôt la chaleur devint étouffante et l'humidité extraordinaire, Lapérouse redoubla de soin pour conserver la santé des équipages pendant cette crise, produite par un passage trop subit du froid au chaud et à l’humide. Il fit distribuer chaque jour du café à déjeuner , ordonna de sécher et d’aérer le dessous des ponts, et fit laver avec de l’eau de pluie les chemises des matelots.
Les orages et les grosses mers cessèrentenfin vers le 15 novembre; on jouit alors du ciel le plus tranquille et le plus pur. Ce beau temps accompagna les frégates jusqu'au-delà de l'équateur qu’elles coupèrent le 21 pour la troisième
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