‹ Voyages et aventures de Lebret à la HayeChapitre 13 sur 28 · METZ · texte numérisé non relu

METZ

Metz, 25 août, fête de S. Louis, roi de France, 1924.

Ma dernière lettre m’a laissé adressant mes compliments au gendarme qui, voulant faire du zèle, n’était parvenu qu’à trahir son ignorance linguistique et son manque de discernement. L’aventure qu’il avait causée m’avait empêché de profiter de la politesse de nos Pères de Liège, qui m’avaient envoyé chercher à la gare à six heures et quart. A neuf heures cinquante, heure belge et française qui diffère de vingt minutes de l’heure hollandaise, personne ne m’attendait naturellement lorsque je sortis du train. Pour cette raison, je fus victime d’un excès d’obligeance comme je l’avais été à Visé d’un excès de rigueur.

Ayant appris la cause de mon retard, de vrais messieurs

de LEBRET À LA HAYE

belges insistèrent, par manière de protestation, pour me piloter à destination. Malheureusement, oubliant, ou ignorant, que la maison de notre scolasticat est en dehors du Liège officiel et qu’il y a dans la région deux rues Soubre, l’une près de cette maison et l’autre tout à l’opposé, ils me firent prendre différents trams qui me menèrent à cette dernière. Un jeune agent de police voulut même montrer sa bonne volonté pour un Français en me guidant à pied là où il croyait que je trouverais le gîte que je cherchais.

C’est dire que je perdis une heure et demie à parcourir Liège en divers sens, et que j’arrivai chez nos Pères à une heure absolument indue.

Là, je fus heureux de trouver, en l’absence des scolastiques à leur maison de campagne, le bon P. Bernad, bibliographe que j’avais connu à Autun il y a quarantecinq ans, avec le F. Bourgarit, vieille relique de la même place et de la même époque, ainsi qu’un compatriote, le P. Gullien, que je n’avais pas encore vu, et d’excellents frères convers comme, par exemple, le jeune F. Blivet, qui fut pour moi d’une obligeance à toute épreuve.

Notre congrégation occupe à Liège un ancien casino transformé tant bien que mal en maison religieuse. Ce qui n’a pu être changé, c’est la hauteur vraiment démesurée de chacun de ses étages, hauteur qui fait le désespoir des vieilles jambes d’anciens missionnaires, atrophiées par de continuelles courses dans les montagnes. Ses escaliers sont, par leur longueur, de véritables cassecous que je ne gravis qu'une fois : descendu au rez-dechaussée, je n’eus pas le courage de remonter.

Heureusement que ses locataires actuels n’ont pas mes infirmités. Ce sont, pour la plupart, une jeunesse pleine d’ardeur et de santé : le scolasticat des Oblats de France transporté, par suite de la persécution, d’Autun à Belmont, Irlande, et de là à Liège. Une spacieuse chapelle publique, toute en pierre et de bon style, est attachée à cette maison, et pourrait prendre rang parmi les belles églises de la ville, de même qu’elle sert à presque tous les offices d’une paroisse, sans que ses desservants en aient les responsabilités. C’est l’église Saint-Lambert, bien connue des Liégeois.

Sise sur les deux rives de la Meuse, Liège est une ville de 173,000 habitants, dont le nom était sur toutes les lèvres françaises au début de la Grande Guerre. L’héroïque défense qu’en fit le général Léman permit à la France de s’organiser et de mobiliser ses troupes prises à l’improviste. Sans cette opportune résistance, qui retint momentanément les Allemands, il est possible qu’il n’y ait jamais eu de victoire de la Marne pour les armes françaises.

Cette ville possède de beaux quais et d’élégants ponts sur la Meuse. Sa cathédrale est un superbe édifice gothique ; son palais de justice est un véritable monument, et remarquables aussi sont les bâtiments de sa célèbre université, qui s’élève au centre de vastes terrains lui appartenant.

C’est l’un des principaux centres manufacturiers de l’Europe entière, par suite de sa situation dans un district qui abonde en minerai, charbon de terre, plomb, cuivre et marbre. On y fabrique des canons et autres

armes à feu de tous les calibres, sans compter des montres et toutes sortes d’articles de bijouterie.

Au point de vue religieux, Liège peut être appelé la ville du Saint-Sacrement, puisque c’est là que prit naissance la célébration de la Fête-Dieu. Sainte Julienne de Cornillon, colline qui borne l’horizon tout près de la maison actuelle des Oblats, ayant eu une révélation touchant l’institution de cette fête, en fit part à l’archidiacre de Liège, qui devint plus tard le pape Urbain IV. Celuici approuva cette solennité, qui fut célébrée pour la première fois dans la basilique Saint-Martin de Liège.

Depuis lors, la Fête-Dieu a toujours été observée avec un éclat tout particulier dans cette ville.

Je la quittai le matin du 22 août pour me rendre à la capitale de la Lorraine. C’est-à-dire que, dans l’espace de quelques heures seulement, je devais me trouver dans trois pays indépendants : la Belgique, le Luxembourg et la France.

La voie ferrée remonte d’abord un affluent de la Meuse, l’Ourthe, qui coule au fond d’une vallée étroite bordée de hautes falaises, généralement rocheuses. D’où les nombreuses carrières qu’on passe à droite et à gauche. C’est beau et même pittoresque ; mais on se demande de quoi peuvent vivre les habitants de la vallée, fort peuplée, qui ne s’occupent point de l’extraction de la pierre. On ne voit guère de possibilité pour eux de se livrer aux travaux de l’agriculture.

Peu à peu les falaises disparaissent, l’horizon s’élargit, et, à midi, nous atteignons Jemelle, centre important où il nous faut changer de train. Puis, peu après avoir

passé Arlon, capitale du Luxembourg belge (1), nous entrons dans le grand-duché du même nom qui, bien que pays indépendant, fut envahi par les Allemands il y a dix ans, jour pour jour. C’est alors que cinq bombes furent jetées sur sa capitale, la coquette petite ville de Luxembourg, d’environ 30,000 habitants, dont plusieurs se joignent à nous pour partager notre course vers le sud.

Une dame qui en vient me passe le journal français qui s’y publie, et où je lis : “ On se rappelle la panique créée non seulement parmi les habitants du quartier, mais encore parmi les soldats allemands, qui croyaient à une brusque invasion française. ” Cette jeune dame m’assure que les Luxembourgeois sont en général d’excellents chrétiens (2). Elle paraît elle-même pieuse et très friande d’histoires de missions, tout en ayant sur certains points de la morale, par exemple, les obligations dérivant du mariage, des idées fort peu en accord avec la saine théologie.

Un employé du grand-duché nous avait dûment demandé nos passeports lorsque nous avions atteint sa frontière septentrionale, et j’avais alors constaté l’avantage qu’il y a parfois d’appartenir au sexe féminin, une personne de notre compartiment dépourvue de ce document en ayant été quitte pour une petite semonce de la part du représentant de cet Etat.

J’avoue que je fus alors presque fâché de l’indulgence du fonctionnaire, et que je n’eusse cédé à aucun senti-

(1) Et patrie d'un de nos excellents Pères de Lebret, le P. Kalmès.

(2) Ils parlent généralement allemand, et même la jeune dame, qui conversait en un excellent français, portait un nom des plus allemands.

ment de pitié s'il eût agi vis-à-vis d’elle comme l’autorisait la loi internationale. Cette femme contrevenait sans vergogne à toutes les règles de la bienséance, en prenant avec un voisin que j’avais jusque-là cru être son mari, et le laissant prendre avec elle, des libertés réellement choquantes. La différence de noms, trahie par le passeport de l’un et la carte de l’autre, faisait disparaître tout soupçon de pareille affinité. Ajouterai-je que la conduite de ce couple peu scrupuleux paraîtrait comme passée dans les mœurs hollandaises, et protestantes, s’il faut en juger par ce que j’ai déjà vu parmi les touristes de Fauquemont ? Dieu merci, je puis dire qu’on se respecte plus, et qu’on respecte plus le public, en France, où semblables exhibitions de sans-gêne ne m’ont jamais frappé.

A Thionville, c’est le représentant de ce beau pays qui voudrait voir nos papiers, et constater que nous ne sommes pas des bolchévistes ; puis, à quatre heures et demie de l’après-midi, nous entrons dans la ville de Metz, si fameuse dans les annales militaires des temps modernes, place forte qui semble partager avec Verdun la réputation d’être à peu près imprenable.

Je l’avais traversée en 1908, alors qu’elle regorgeait de soldats allemands. On comprendra donc mon émotion de patriote lorsqu’on apprendra que le premier spectacle qui frappa mes regards en sortant de sa gare, il y a trois jours, fut un peloton de soldats français au costume bleu horizon, qui retournait à la caserne. C’est en pareilles circonstances que le vernis de cosmopolitisme auquel peut prétendre celui qui a voyagé disparaît sans

peine, et qu’il sent au fond du cœur quelque chose qui lui rappelle qu’il est français.

Une autre rencontre d’ordre plus intime, mais non moins précieuse pour moi, fut celle d’un excellent frère en religion, le R. P. Isler, qui fut mon co-junioriste à Notre-Dame de Sion il y a cinquante ans. Ayant appris mon prochain passage à Metz, ce bon vieillard — car bien que mon ancien élève, il a aujourd’hui la mine vénérable du Curé d’Ars — avait eu l’extrême amabilité de venir jusque de Strasbourg pour me saluer. Oh ! les bons moments que nous passâmes ensemble, les doux souvenirs que nous évoquâmes et la franche gaieté à laquelle nous nous livrâmes tous les deux ! Vraiment, il faut être religieux, et surtout Oblat de Marie Immaculée, pour connaître pareille confirmation de Yecce quant bonum. . .

Le P. Isler était venu me chercher à la gare (1). A la maison, je fus reçu à bras ouverts par le P. Lecleire, jusqu’alors un inconnu pour moi, et, pour le moment, le seul membre de la communauté qui ne fût pas en mission. Le lendemain, un autre revint au logis, la poitrine toute constellée de décorations militaires. C’était le R. P. Marcel Brabelet, natif de Metz même, qui venait de prêcher le sermon de circonstance à la réunion annuelle des survivants de la bataille de Gorcy, où tomba le fils du général Foch, et des nombreux parents des autres victimes de cette sanglante rencontre. Le

(1) Longue et basse construction due aux Allemands, dont on critique beaucoup, peut-être pour cette raison, l’architecture. C’est certainement un peu lourd.

maréchal Foch devait y assister ; il télégraphia que des affaires urgentes le retenaient à Paris.

Le P. Brabelet a été très heureux de la manière dont tout s’est passé, et surtout de la note chrétienne et patriotique qui dominait la plupart des discours, que dis-je ? des défis voilés lancés à ceux qui n’ont pas craint de s’annoncer comme devant persécuter les patriotes qui ont si noblement fait leur devoir en face de l’ennemi, tandis que plusieurs d’entre les premiers étaient prudemment embusqués dans quelque bureau loin de la région des obus et de la mitraille (1).

Parmi ces nobles défenseurs de la patrie en danger, on peut, quoi qu’il en dise lui-même, citer le P. Brabelet, O. M. I. Enfant de Metz, comme nous l’avons vu, il était parvenu à s’enfuir pour n’avoir point à servir contre la France, et était au contraire volontairement entré dans l’armée de cette dernière. Il avait alors été envoyé en Tunisie, où il avait maintes fois vu le feu, alors que les Allemands soudoyaient sournoisement la population, pour la tourner contre nous et nous forcer à y entretenir une forte armée. Il avait aussi fait dix-huit mois de Sahara.

Comme conséquence de son activité militaire, il avait dû subir pas moins de cinq opérations, et portait aujourd’hui sur la poitrine six décorations, à savoir : la croix de guerre, la médaille des alliés, la médaille coloniale française avec agrafe Tunisie, la médaille commémora-

(1) On comprend que ces lignes font allusion au néfaste régime Herriot, alors à son début.

tive française avec agrafe, celle des engagés volontaires et l’insigne des blessés.

Je cite ce cas, qui me passe au hasard sous les yeux, pour montrer ce que la France doit au clergé enrôlé dans ses armées, non pas pour glorifier l’un de ses membres en particulier ; car, proteste modestement le P. Brabelet, d’autres de nos Pères ont fait davantage et se sont même conduits en héros. L’un d’eux, le P. Picard, était, assure-t-il, connu comme le loup blanc sur tout le front, au point que “ s’il avait accepté toutes les décorations qu’on lui offrit, il en aurait aujourd’hui plein un sac ”.

Et les autres innombrables ensoutannés qui se sont conduits si héroïquement sous la mitraille, qui pourra jamais les oublier?

Honneur donc à nos héros “ cléricaux ” ! Honneur aussi aux nobles médaillés qui se défendent d’avoir jamais rien fait d’héroïque ! C’est à bon escient qu’on décore en haut lieu ceux qui ont porté la soutane et qui doivent la reprendre !...

Malgré son importance au point de vue militaire, Metz n’est pas absolument la grande ville qu’on serait tenté de croire : 65,000 âmes à peine, à part les milliers de Montigny, banlieue qui refuse de s’y annexer, de peur d’avoir à en partager les charges financières. Le tout n’en est pas moins divisé en dix paroisses, avec autant d’églises. Aucune de celles-ci n’offre rien de strictement remarquable au point de vue architectural ou historique, du moins que je sache.

On ne saurait en dire autant de la cathédrale, qui est

un véritable monument, mais n’est point paroisse. C’est un superbe vaisseau de pur style gothique aux voûtes d’une hauteur effrayante et orné d’une tour qui n’a pas moins de 397 pieds anglais de haut. Bossuet, qui en fut archidiacre, prêcha dans la chaire que nous y voyons. L’édifice contient le tombeau de Mgr Dupont des Loges, le patriotique prélat qui était évêque de Metz lors de l’annexion de son diocèse à l’Allemagne en 1871 ; celui d’un cardinal de l’Église romaine, et d’autres monuments funèbres.

Une tombe d’un nouveau genre qu’on nous montre est peut-être moins authentique. D’après la légende, quand l’architecte de la cathédrale voulut en faire le plan, il se trouva face à face avec un embarras, une stérilité mentale dont il n’était point coutumier. Le diable lui apparut alors, et lui offrit de faire son travail à condition qu’il consentît à lui céder son corps après sa mort. Le malheureux architecte agréa la proposition, et son mystérieux visiteur tint parole. Mais lorsque le premier se sentit mourir, il demanda qu’on l’inhumât non pas en terre, mais dans le mur même de l’édifice qu’il venait d’élever, sachant bien que l’auteur réel de son plan n’oserait jamais, ou, que sais-je? ne pourrait pas l’enlever de son réceptacle de pierre.

Ce n’est pas très glorieux, mais telle est la légende. En conséquence, on voit aujourd’hui, à hauteur d’homme, une inscription murale en ce qui paraît du vieux français très difficile à déchiffrer, qui sert d’épitaphe à l’architecte dont les restes seraient juste à l’intérieur.

A l’extérieur de l’édifice sacré, ce n’est pas une tombe

originale qu’on se montre du doigt, mais l'effigie déguisée d’un homme qui fut grand, ou du moins occupa une haute position, mais en est déchu à l’instar du “ roi Nabuchodonosor La cathédrale ayant été restaurée par les Allemands dans certaines de ses parties, on y trouve aujourd’hui, parmi les quatre grands prophètes qui en ornent le portail principal, la statue de Daniel, l’homme au jugement sûr et à la longue vision de l’avenir, qui n’est autre, paraît-il, que celle du Kaiser Guillaume II !

D’aucuns trouveront sans doute que les événements subséquents contribuèrent singulièrement à couper court à sa carrière de prophète !...

A propos de statues, les différentes péripéties politiques qui ont affecté les Messins ont eu leur répercussion sur celles qui ne leur plaisaient point. On ne put toucher aux monuments Ney et Kléber, parce que l’Allemagne s’était formellement engagée à les respecter. Mais la population de Metz ne se crut jamais obligée par aucun traité vis-à-vis de celles de ses envahisseurs. Aussi, lorsque, après la guerre franco-prussienne, on voulut inaugurer solennellement la statue de Guillaume Ier, les nouvelles autorités furent stupéfaites de la trouver, le matin même, enduite des pieds à la tête de certaine matière odorante provenant des lieux retirés où l’homme pénètre toujours seul. . .

De même, le matin du II novembre 1918, c’est-à-dire le jour de la signature de l’armistice qui mettait fin aux horreurs de la Grande Guerre, quatre statues allemandes de Metz furent trouvées le nez dans la poussière

de SION

à côté de leur piédestal, tout comme celle du dieu Dagon devant l’Arche du Seigneur.

Une statue à la présence de laquelle ni Français ni Allemands ne peuvent avoir d’objection, c’est celle qu’on érigea le 15 août dernier, en accomplissement d’un vœu de l’évêque local. Dans la dernière partie de 1918, tout semblait perdu pour l’envahisseur, qui donnait alors libre cours à son dépit en incendiant, ou détruisant autrement, tout ce qu’il devait abandonner en se retirant. Le saint évêque de Metz, Mgr Benzler, fit alors, au nom de son peuple, le vœu d’élever sur une place publique une statue à la Sainte Vierge si sa ville épiscopale n’avait point trop à souffrir de la retraite des Allemands.

En accomplissement de ce vœu, un monument de dix mètres de haut, couronné d’une Vierge-Mère tenant la main de son Divin Fils dans l’acte de bénir la ville, fut solennellement inaugurée le jour de l’Assomption, non loin de la cathédrale, avec le concours du conseil municipal. Depuis, les offrandes de fleurs à la protectrice de Metz témoignent de la piété réelle de ses habitants.

Un monument de caractère surtout historique qu’on visite aussi à la capitale de la Lorraine, c’est la porte serpenoise, qui faisait partie des anciennes fortifications rasées par les Allemands. Détruite en 1561, cette porte monumentale fut rétablie en 1851. C’est là que, le 9 avril 1475, Metz surpris par l’ennemi fut sauvé par le boulanger Harelle ; là que, le 28 novembre 1552, le duc de Guise repoussa le principal assaut de Charles-Quint ; là que, le 29 octobre 1870, la ville trahie par Bazaine fut livrée aux Allemands, qui y entrèrent deux jours plus

tard ; là enfin que, le 19 novembre 1918, “ les troupes françaises délivrèrent Metz du joug allemand, et, après quarante-huit ans de cruelle séparation ”, rentrèrent dans la cité qui, au fond, était toujours restée fidèle à la France.

Comme une ville ne peut vivre uniquement du souvenir de ses gloires et de ses malheurs, Metz a des manufactures de flanelle et de coton, de bas et de chapeaux, de mousseline et d’articles en cuir.

P. S. — Je reviens d’un petit tour à Augny, à sept kilomètres seulement de la ville, où les Oblats viennent d’établir un juniorat pour les hautes classes, dans une propriété de vingt-cinq hectares qui, après certains travaux, deviendra une place idéale pour l’éducation de la jeunesse. Accueil des plus fraternels, comme toujours, et longue discussion avec un Père qui ne peut croire à la possibilité d’oranges sans pépins. . . Il faut avouer qu’on est encore un peu arriéré en France, puisque personne ne paraît, par ici, avoir jamais entendu parler du véritable sorcier ( wizard ) qu’est Luther Burbank, encore moins de ses merveilleuses transformations dans le domaine des plantes et des fruits : cactus comestible et sans épines, plumcot, espèce de fruit hybride, qui tient de la prune (en anglais plum) et de l’abricot, sans être ni l’une ni l’autre, prune sans noyaux, etc.

Ce juniorat en formation, dont les élèves sont aujourd’hui en vacances, est destiné à alimenter notre nouvelle province d’Alsace-Lorraine, dont la maison-mère est à Strasbourg.

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