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de loiit l'(''(iiii|ia|4(% mais (|iii iii Icmps onlinairo ii'osail plus iri«; palier pai'(;e que je l'avais l'ait (aire deux ou trois fois de la hoiinc fjK'on, parut prendre courage, s'avancja vers moi en tournant son hoimt'l, et me dit :
« Faites excuse, capitaine, mais les autres, là, disent que c'est sans doute l'Anglais qui a empoisonné ses vivres avant de nous les passer," pour nous faire tous mourir. »
Ça me donna un coup.
« Au fait, me dis-je en moi-même, je ne vois que le poison.... Mais j'eus bien vite chassé cette mauvaise pensée, car à ce comptelà nous aurions dû être tous morts, puisque depuis deux jours nous ne vivions que des provisions prises à bord du navire anglais.
— Nous empoisonner ! Pouvez-vous croire, leur dis-je à tous, qu'un marin, quel que soit son pavillon, soit capable d'une telle infamie?
— Non, non, jamais! Ça c'est vrai, le capitaine a raison! orièrent-ils tout d'une voix.
— Que voulez- vous, mes enfants, la mort est toujours la mort : qu'elle arrive d'une façon ou d'une autre, quand l'heure est venue, grand ou petit, faut qu'on y passe : l'heure était venue pour vos deux pauvres camarades. Dites le De profundis pour le repos de leur âme, jetons-les à la mer et n'en parlez plus entre vous, ce sera le plus sage. Quels sont les quatre hommes de bonne volonté qui veulent descendre avec moi pour enlever les corps ? »
Personne ne parlait. Ils se reculèrent, détournant la tète et jetant un regard de travers sur l'écoutille du poste. Je voyais à leurs figures qu'ils étaient tous fous de peur.
« Si tu les brusques, je me dis, si tu les épouvantes, ils sont capables de perdre la tête tout à fait, de se révolter, et alors y a pas de raison pour que ces deux corps sortent jamais de ce trou : car enfin tu n'as pas assez de force pour les en tirer tout seul. »
Je restai quelques moments en silence les bras croisés, les regardant d'un air indigné, mais au fond bien embarrassé de savoir
quoi faire. Je me maudissais du souhait que j'avais fait de prendre ce diable de navire anglais, sans grand besoin.,.. Je voyais bien que c'était la bonne Mère qui m'envoyait ce malheur pour la punition de mes péchés, et je n'osais pas lui demander de me tirer cette épine du pied. En moi-même pourtant je levais les yeux de son côté pour voir si elle était si fâchée que cela. Je pense qu'elle eut un peu pitié de moi, car il me vint une idée.
« Ah! leur dis-je en les regardant d'un air de mépris, c'est comme ça? Je vois combien il y a de bons camarades parmi vous pour rendre à deux pauvres chrétiens le dernier service qu'on ne refuse pas à un chien crevé : le compte est facile à faire; je vous en fais mon compliment, et ce sera joli à écrire sur le livre de bord 1
« Maintenant autre chose : nous allons compter les lâches. Que ceux qui n'osent pas descendre avec moi et le lieutenant dans le poste pour enlever Victor et Audibert sortent des rangs et laissent les bons matelots ensemble ! »
Mon cher ami, à ces mots ils se retournent les uns contre les autres, s'empoignent au collet, se secouent, se traitent de lâches, se donnant des coups de poing, et en même temps tournant la tête vers moi pour crier :
« Moi ! moi ! capitaine ! »
Si bien que, quand ils eurent fini de se battre, il se trouva que tous voulaient en être, et que s'ils s'étaient si bien battus, c'était parce que chacun avait cru que son voisin allait refuser.
C'est comme ça, mon cher ami; il faut savoir prendre les matelots, ça a cœur de lion, mais tête d'enfant : nous savons ça, nous autres de Marseille.
Je vous fais grâce, mon cher ami, de ce qui se passa pour l'enlèvement de ces pauvres corps. Ils étaient dans un tel état .que nous ne pûmes que faire un paquet du tout, hamac, matelas et couverture, rouler une corde autour, attacher un boulet aux pieds et jeter ça par-dessus bord. Quand ce fut fait, il fallut retirer les effets des autres hamacs et les étendre sur le pont pour ôter l'odeur, et tout l'équipage s'y occupa. ^
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INmkIiiiiI ('»' temps j'étais assis sur iiioii l)iiiic, de qiiai't, laisaiit, (•oiniiic NOUS |)()U\<v, ponsor, des rélloxioiis bioij tristes. Le ciel était couvert de nuages, et les falots qu'on avait allumée à l'avant le luisaient paraître plus sombre encore.
J'avais chargé le lieutenant de veiller au travail, .le le vis de loin (|ui venait vers moi. il se découpait comme une ombre noire sur la lumière des falots. Il marchait lentement et oi aurait dit qu'il trébuchait à tout moment contre quelque chose. Il tenait .son mouchoir pressé sur sa bouche.
« Eh bien, lieutenant, lui dis-je, avançons-nous?
— Oui, capitaine, me répondit-il, ça va être fini tout à l'heure. »
Il s'assit à côté de moi et s'accouda sur son genou.
« Je ne sais ce que j'ai, dit-il, mais la tète me tourne, les jambes me manquent, j'ai mal au cœur et une envie irrésistible de dormir... »
Et allongeant son bras sur le dossier du banc de quart, il laissa tomber sa tête dessus.
« C'est cette odeur, sans doute, lui dis-je, qui vous aura tourné le cœur : moi-même je ne suis pas trop à mon aise. »
Nous demeurâmes ainsi quelque temps sans parler. Les nuages se dissipaient peu à peu, et la lune, se découvrant, vint . nous éclairer. Je me tournai par hasard vers lui, et alors, à la ' lumière de la lune, je le vis endormi.
Sa figure était gonflée et presque bleue !
Je le secoue, je l'appelle, il ouvre un instant les yeux pour les refermer aussitôt : tout son corps s'abandonne, et il aurait roulé sur le pont si je ne l'avais soutenu. Impossible de le réveiller. J'appelle au secours, on arrive, nous le portons dans sa chambre, nous essayons de tout pour le ranimer : rien.
Pendant trois heures, mon cher ami, nous le vîmes enfler, enfler, devenir violet, puis vert, puis noir, et enfin, au petit jour, vers quatre heures et demie, il poussa un soupir : il était mort. Aussitôt le corps commença à se décomposer, et...; enfin, vous comprenez le reste....
Il n'y avait plus à en douter : le pauvre enfant — vingt-six ans, mon cher ami! — mourait du même mal que les deux matelots, et le bourdonnement que nous avions entendu, la piqûre dont le lieutenant s'était plaint, ne laissaient pas de doute qu'un insecte venimeux ne fût caché à bord. La mort voltigeait donc parmi nous, et ce qui était affreux, c'est qu'il n'y avait pas de raison pour que nous pussions jamais découvrir ou tuer cette bête.
Ah ! nous avons de durs moments à passer, nous autres capitaines !
« Si tu le dis à l'équipage, pensais-je, ils sont capables d'en perdre la tête, de ne plus vouloir mettre le pied dans l'intérieur du navire, et alors plus de service, plus de cuisine, plus de sommeil ; que par malheur nous fassions en cet état quelque rencontre, ou que nous ayons du mauvais temps, nous sommes perdus : si tu ne le leur dis pas, ils ne se garderont pas de la bête, et elle peut les tuer tous les uns après les autres. Et ce sera ta faute. Mon Dieu! mon Dieu! que faire? »
Ma foi, après y avoir réfléchi tant que je pus, je décidai que, tant pis, il fallait le leur dire.
Je les rassemblai donc, et avec mille précautions pour tâcher de ne pas les effrayer, je leur dis qu'il y avait probablement une mauvaise mouche à bord, qu'elle avait fait mourir Victor, Audibert et le lieutenant, et que quand bien même ce ne serait pas elle, il fallait tout de même la tuer.
Je leur fis prendre des fauberts, et la chasse commença, chacun tapant avec ces paquets de corde, qui s'étalaient et entraient partout. On balaya ainsi toutes les chambres et toutes les soutes du navire, puis je me retirai dans ma dunette pour dresser les actes mortuaires de mes pauvres matelots et relater sur mon livre de bord les événements de la nuit.
On avait remis en place les hamacs et les effets; les hommes paraissaient avoir repris confiance, lorsque je vis trois ou quatre matelots sauter hors de l'écoutille du poste et aller en courant raconter quelque chose à leurs camarades. Pendant que je près-
«« LE LIEUTENANT t>E DÉCOUPAIT COMME L .\ E OMBRE NOIRE. »
i.A MoL'ciii; N(»iiii;.
Sftis lo pas pour les joiiidrc, un aiilic iiialclol, paie comme iiii iiidil. soi'lil à son (oiir de l'éroiilillc, cl, me voyant venir de loin, mr lit lin ;;('s((' de désespoir en crianl :
• i'.apilaim' ! je suis un Iidiiiiiic perdu î la mouche m'a pirjné ! »
Je cours à lui. In point rou^e comme du sang se voyait sur sa joue droite, qui commen(;ait à sb gonflei*.
Je l'emmenai dans ma cliamhre. je lui fendis la joue pour faire