I.A CIIASSi: AU TlfillK
hiiis. il cliiifcljiil h'ilrnifiil aii\ ravons <lii sijicil (ju(; j'fii étuis ('l)l(nii cl (|iit' clnKiiK' l'ois (|ii(' j'essayais de le n*j;;ar(l('r, j'étais ol)li};é (lo rcnncr les yiix.
.le NOUS uNdiH'rai, second, <|n à ce spectacle extraordinaire la lélc ((tinnicMcNiil à nie toumoycM" l'ortenient.
' Mon cher Marins, me disais-je, tiens bon, car tn en as grand besoin ; On diable es-tn, et qne va-t-il se passer? »
Un souterrain éclairé par des nègres empaillés ou peu s'en faut, . . . un «dépliant (jui dévisse les planchers en tournant dessus, . . . un rajah qui se couvre de diamants pour chasser au tigre,... un arbre d'une demi-lieue de lour.... Et ça ne fait que commencer ! Ce particulier ! qui a peut-être cinq cents valets de chambre et qui part à peu près seul, la nuit, et tout à coup il se trouve qu'il y a des centaines d'hommes marchant à quatre pattes autour de nous ! Hum ! hum ! ou il y a là-dessous quelque diablerie indienne, ou le tigre qu'il me mène chasser est une bète démesurée ! Qui me dit qu'il n'est pas gros comme quatre ou cinq bœufs? Ah ! Marins, mon bon, tu vas peut-être payer bien cher ta gloriole d'être venu ici sans autre défense que ta hache de bord l »
Un nouvel événement vint m'arracher à ces réflexions, qui me semblaient, je vous assure, fort amères. Droit devant nous, à une bonne lieue de distance autant que j'en pus juger, je vis briller tout à coup deux grandes lumières; de l'une à l'autre, en moins d'une minute, un cordon de lumières pareilles forma une ligne de feu, et des deux bouts de celle-là deux autres s'étendirent vers nous en se rapprochant de manière à former avec la première un triangle. A quelque distance avant d'arriver à nous, elles s'arrêtaient, de sorte qu'il y avait un passage entre leurs deux extrémités.
Le rajah s'assit. Il était si beau et il avait un air si grand que l'idée ne me serait pas venue d'oser luiadresser la parole. Mais le porteur de parasol me dit à voix basse :
« Ces trois lignes entourent le repaire du tigre. Quand il en
aura fait le tour, comme il a peur du feu, il sortira du triangle par l'ouverture qui est devant nous.
(' Voilà, me dit-il en me montrant un pli de terrain couvert de hautes broussailles, par où vous le verrez paraître. »
Je regardai : c'était tout au plus à deux cents pas de nous.
En moi-même je me dis intérieurement que je trouvais ça bien près : mais, voulant me montrer brave jusqu'au bout, je lui dis :
« Viendra- t-il bientôt? »
L'Indien regarda la plaine :
« Les lignes de feu commencent à se resserrer. Le tigre a pris son parti et il fuit en venant sur nous.
— Court-il vite?
— Bien plus vite que les grands serpents, car il a quatre pattes et il est aussi souple qu'eux à glisser entre les broussailles.
— Et... ça marche vite, vos serpents?
— Comme un cheval au galop. »
Je restai un moment sans rien dire, pour réfléchir à ces détails : car vous savez que j'ai toujours aimé l'histoire naturelle et que je m'intéresse beaucoup aux mœurs des animaux.
Je réfléchissais encore lorsque l'Indien, devenant raide comme une barre, tendit son doigt vers le pli de terrain qu'il m'avait indiqué, et me souffla ces mots sans même tourner les yeux :
((. Écoutez ! Tous les animaux se taisent : le tigre est là ! »
En effet, un silence de mort avait remplacé le vacarme effroyable que nous entendions jusque-là; il n'y avait pas un être vivant qui osât seulement ouvrir la bouche, et sur cet espace immense où le monstre allait paraître, on eût cru voir les herbes frissonner de peur et les pierres trembler.
Il se passa là quelques secondes, je vous prie, où mes sentiments religieux me remplirent de reconnaissance pour la bonne Mère, ma sainte et digne patronne, qui m'avait si visiblement protégé en tant d'autres circonstances critiques de ma vie, et je lui promis un cierge orné d'une poignée de peau de tigre avec des franges d'argent si elle me garantissait dans la circonstance
LA CHASSK Ai: TMiRK. . K".'.»
(le IumI jicc.idt'iil rcf^i'clluhlf, (|uaii(i ce ne scriiil (jiir dim < (Mip (le soloil, car il fuisHil bien cliaiid.
(lopciiduiil mon impiitience iiugmentait lellcmcnt que je me (lisais en moi-môme :
« V raiment ! ce diable de buisson, là, qui vous regarde sans rien dire.... Vrail j'aimerais mieux voir une bonne fois cette tête que de rester là à attendre. »
Je n'avais pas achevé qu'un mouvement se lit dans le buisson. A travers les branches, et brillant sous l'ombre des i'euilles comme deux charbons ardents verts, je vis flamboyer les yeux du tigre.
Les branches s'écartèrent et laissèrent sortir sa tête, qui me parut aussi grosse que celle d'un bœuf.
Il Ht trois pas, rasant la terre de son museau, puis il s'arrêta net, la tête levée vers l'arbre, pareil à un chien en arrêt. Vous ne pouvez pas vous imaginer combien cette bête est propre! Il n'y a pas de satin qui luise comme sa peau !
Le rajah se leva tout debout, s'appliqua les deux poings fermés sur l'estomac et poussa trois fois un cri tel que mes oreilles n'en ont jamais entendu
Les trois lignes de feu s'éteignent. Le tigre, faisant le gros dos et levant sa queue toute droite, répond par un rugissement terrible Le feuillage de l'arbre s'agite, et de ses branches je vois tomber une pluie de diables, peut-être deux mille Indiens tout nus et sans armes, qui se forment en demi-cercle et marchent sur le tigre.
En même temps se dresse, bien loin en arrière de la bête, une autre troupe qui semble sortir de terre; je les vois arriver, courant et bondissant à travers les herbes, les pierres et les buissons, et voilà le tigre enfermé dans une grande palissade où c'étaient des hommes qui servaient de poteaux.
A cette vue le tigre s'était rasé, et il levait obliquement un œil, tantôt à droite, tantôt à gauche, tandis que de sa queue il battait la terre à coups précipités. Ses moustaches se couchaient et se hérissaient tour à tour, il passait et repassait sa langue sur son
mufle avec une épouvantable grimace, et envoyait qu'il cherchait sa direction et préparait son coup, devinant qu'il allait avoir du fil à retordre.
Quant aux Indiens, à peine leur cercle formé, ils commencèrent à le rétrécir, à le rétrécir, en se poussant les uns les autres sur le • tigre. Vous comprenez que, pour chacun de ceux qui étaient là, c'était une affaire de vie ou de mort d'avoir le plus possible de camarades entre soi et le tigre, de sorte que plus ceux qui étaient au dedans du cercle cherchaient à s'en tirer, plus les autres les y repoussaient. Naturellement, à mesure que le cercle diminuait, l'épaisseur du rang augmentait, si bien qu'il vint un moment où le tigre se trouva au centre d'un rond formé par un mur de plus de quarante hommes de profondeur.
Tout ça se passait dans le plus profond silence.
Le rajah, qui, resté debout, observait cette manœuvre, poussa alors un cri que tous les hommes répétèrent à la fois en levant les bras en l'air. Au milieu de ce tonnerre, je vis le tigre tourner deux ou trois fois sur lui-même, la mâchoire traînant sur le sol, les pattes ramassées sous son ventre et la queue serrée entre ses jambes.
Alors, d'un bond prodigieux, il alla tomber au beau miheu de la foule, où il fit un trou.
En moins de temps qu'il n'en faut pour vous le dire, cette , masse d'hommes reflua sur le point où il était.
Ils tombaient par centaines, les autres passaient dessus, tombaient encore, mais ils s'entassaient e'td'autres venaient derrière, qui grimpaient sur le tas. Vous savez, quand les vagues montent les unes sur les autres et qu'une lame de fond les soulève comme si une mine éclatait par-dessous? Eh bien, ce fut ça!
Je vis d'abord cette mer de têtes se creuser, puis se gonfler et crever, rejetant au bord du trou des corps déchirés et sanglants qui se débattaient en roulant sur la foule. Pendant quelques secondes tout s'écarta autour du monstre, et quand je pense à ce que je vis, les cheveux m'en dressent à la tête !
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Lo (ij^ro, à inoili»' renverse sous (juiii/c ou Niuf^l Indiens accrocIk's.i lui, se loidiiil <'l se secouait uvecî des soubresauts <|ui soulevaient tous ces corps eu icui- faisant l'aire des cahi-ioles en l'air. Mais il avait beau l'aire, pas un ne l.lcliail. (!<' n'étaient pas des boinines, mais des bouledopiucs. Partout où il y avait place pour une l(He, la inAcboire d'un Indien mordait la cbair du tij^re. L'n lui avail bapp('' la babine, un aulrela gorge : ils y étaient suspentlus depuis plusieurs secondes lorsque le tigre, par un elïort désespéré, dégagea ses pattes, se renversa en arrière à la force des reins, et, repoussant de ses griffes les deux corps suspendus h sa gorge et à sa babine, les évenlra si abominablement que tous les boyaux, arrachés du coup, s'embarbouillèrent autour de ses pattes, tandis que des torrents de sang inondaient sa tête et tout le devant de son corps.
Les deux Indiens roulèrent par terre comme deux morceaux de viande de boucherie ; quatre autres sautèrent à leur place. D'un coup de patte, le tigre atteignit le premier à la gorge, et une fusée de sang jaillit tout droit à peut-être quinze pieds en l'air et retomba en pluie sur la foule.
Tout cela tourbillonnait sur une place large tout au plus comme cette dunette, où plus de vingt corps étendus, les uns morts, les autres se débattant encore tout hachés et déchirés d'horribles blessures, étaient tour à tour roulés, repoussés, entraînés, écrasés, par cette troupe de bêtes enragées qui se ruaient au travers. Et, vous le dirai-je? les figures des autres qui, les poings fermés, le cou tendu, épiaient le moment de sauter à leur tour sur le tigre pour remplacer quelque mort, étaient peut-être plus épouvantables encore ! * .
Ah! ma foi, pour le coup, je crus que ma tête allait éclater! J'entendais des cloches me sonner dans les oreilles, des milliers de fourmis me picotaient tout le corps, mes dents grinçaient, je voyais rouge, et despanaches de feu me passaient devant les yeux!
« Ah! mille millions de diables! Marius, je me dis, vas-y ou tu deviens fou ! »
Mon cher ami, vous dire comme ça se fit, je serais bien fin si je le pouvais ! En trois sauts — je crois que je marchai sur la tête et sur les corps de ces gens-là — je me vis debout dans l'enceinte, une jambe en avant, ma hache en l'air.
Avant que j'eusse pu dire seulement : « Aïe! » d'un coup de reins terrible le tigre renverse sur moi sa croupe et trois ou quatre Indiens accrochés après, et je tombe en avant, la jambe si malheureusement prise que ma hache m'échappe.
« Sainte bonne Mère, m'écriai-je, à moi! »
Le tigre se tortille, roule de côté, ma jambe se dégage, je me lève, je vois ma hache, je la prends....
Un moment après, je me trouvais debout, couvert de sang comme si j'en avais pris un bain, le tigre mort à mes pieds au milieu de peut-être cinquante morts ou blessés, et la foule, reculée à cent pas en arrière, me regardant avec des yeux de l'autre monde.
Le rajah me tenait la main,
« Ah! tiens, c'est vous, rajah? Bonjour, rajah. Mes indigos sont-ils prêts à embarquer? » je lui dis.
Et pendant plus de cinq minutes je lui parlai de mon commerce comme si nous avions été dans son comptoir.
C'est lui qui m'a raconté tout ça, vous comprenez, car quant à moi je n'y étais plus
Il paraît qu'on me hissa sur l'éléphant, qu'on me ramena à Bombay et que pendant huit jours et huit nuits je n% fis que délirer.
Quand je revins à moi, le rajah, qui ne m'avait pas quitté, m'apprit que j'avais tué le tigre d'un coup de hache sur la nuque — diable m'emporte si je m'en doutais! — et que j'avais eu trois estafilades seulement, deux aux jambes et une à l'épaule. Il mêles fit regarder : ce n'était rien.
« Demain, me dit-il, nous recauserons de la chasse, et je vous révélerai certains détails qui vous expliqueront ce que vous avez pu trouver de singulier dans cette aventure.
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— Ali ! ma foi oui, vous me ferez plaisir, car, malgré loul l'agrémcnl (|ue m'a procuré celte chasse, je vous avouerai <ju'il y a li\ dessous quelque diablerie qui m'a mis tout le t»'inps hi tète à l'envers.
— Klî bien, lAchez de dormir : je vous laisse, et î\ demain. » Le lendemain matin je le vis entrer dans ma chambre. Il îi\ail
l'air extrêmement sérieux.
<( Vous voilà rétabli, cher capitaine, me dit-il en me serrant la main. Vous pouvez dès aujourd'hui retourner à voire bord. J'aurais été très heureux de vous garder encore quelques jours, mais je ne puis rester moi-même, et de grands devoirs m'appellent loin d'ici.
« Si je ne dois plus vous retrouver en ce monde, gardez-moi un bon souvenir. Quant à moi, tant que je vivrai, je ne vous oublierai jamais. On m'avait bien parlé de votre courage, mais je n'imaginais pas qu'il pût s'élever à ce que vous avez fait sous mes yeux. Une nation qui produit de tels hommes....
— La ville de Marseille, ne l'oubliez pas, lui dis-je.
— Oui, je retiendrai ce nom-là,... est digne de la place glorieuse qu'elle occupe dans le monde, et quand ce ne serait que pour avoir montré à mes Hindous ce que vaut un F'rançais, je me féliciterais de vous avoir rendu témoin de ce qu'eux aussi savent faire.
— Ah ! trooûn de l'air, ce sont de braves gens !
— Le rôle que vous avez joué dans un événement aussi grave vous rend digne d'en savoir le secret : apprenez donc toute la vérité. Aussi bien vous n'êtes pas sans avoir deviné que, pour vous faire assister à un pareil massacre, j'avais des raisons de la plus terrible gravité.
— Té! pardi! Je voyais bien qu'il retournait de quelque chose, et je ne suis pas un enfant pour m'être allé imaginer qu'un rajah de bonne famille comme vous se serait amusé à faire déchiqueter à un tigre des hommes par douzaines, pour le seul et unique plaisir de payer une chasse à un capitaine marseillais.
— En effet, ce que vous avez vu n'était point une chasse, c'était un sacrifice à Shiva, le dieu destructeur et régénérateur des Hindous, et ce sacrifice est le premier acte de la guerre sacrée qui demain va éclater dans toute l'Inde.
« A l'heure qu'il est, depuis l'Himalaya jusqu'à la mer, le signal mystérieux de l'insurrection vole de pagode en pagode et de montagne en montagne. Sous les jungles, dans les forêts et jusque parmi les lotus du fleuve sacré, des millions d'hommes se cachent, se glissent, rampent, et il n'est pas dans toute l'Inde une pierre, un buisson, une touffe d'herbe, où la mort ne soit embusquée, prête à s'élancer sur l'Anglais!
' « Nous avons pour nous Dolut-Rao, roi des Mahrattes, neveu du grand Scindia; Runjeet-Sing, roi de Lahore, fera marcher à notre aide son armée de cinquante mille hommes, disciplinée à l'européenne.
« Au-dessus de cet immense soulèvement un homme se dresse, et c'est moi, moi descendant légitime et unique des rois du Bengale. Je suis chattria, c'est-à-dire de la caste militaire, au-dessus de laquelle il n'y a rien que les brahmes.
« Les hommes que vous avez vus rassemblés sont des vdissias et des soudras, marchands et paysans, sur lesquels mon rang me donne une autorité absolue, et qu'à toute heure, en dépit des Anglais et de leurs espions, je puis faire lever pour les conduire où il me plaît.
a Maintenant je vous dis adieu et je vous prie de me conserver un souvenir. Ne vous étonnez pas si vous vous voyez gardé à vue jusqu'à votre embarquement : je ne me défie pas de vous, mais quand le salut de tout un peuple est peut-être dans mes mains, je n'ai pas le droit d'agir suivant mes sentiments personnels.
— Je comprends ça, lui dis-je, et vous ne seriez pas un homme si vous agissiez autrement. »
Il se leva, m'embrassa et partit.
Je ne l'ai plus revu. Il fut tué quinze jours après dans le pre-
J AVAIS TUÉ UN TIGRE d'uN COUP DE HACHE.
LA Cil \ssK ai; Th. m:. 177
mi(M' coiiihal ((tiilif les h'oupcs an^laisiîs, <:ommnn(lé(rs par lord huncaii, ot l'insurrection lui étonll'ôc;, coiniTK; toujours.
Veno/, sc'cond, qiu\j«' vous nioutrc: la poau du ti^n;. »
Les d(uix olliciors dcsccMidircul dans la cliamhn;. (lou^ourdan lira diî dessous su couchette une peau de tigre d'une cflroyahle grandeur.
« Tenez, disait-il au second en lui montrant tour i'i tour divers endroits de la peau où l'on apercevait des froissements ou des trous, voilà les coups do dents des Indiens. Voyez ces griffes.... Là-dessous, dans la gouttière, regardez : c'est du sang desséché. . . . Ah! pécaïrél voilà qui semble une peau de boudin; je parie que c'est quelque morceau du boyau des deux qu'il éventra! Kt puis ici, ajouta-t-il en mettant le doigt sur une large coupure transversale qui se voyait au haut de la nuque, voilà le coup de mort que je lui ai donné. »
Et alors Cougourdan demeura pensif. Ses yeux, voilés de cette ombre vague que le souvenir du passé donne au regard de l'homme, semblaient chercher encore, à l'horizon évanoui, les fantômes de ceux qu'il avait vus mourir dans cette scène funeste. Il pencha la tête, et lentement, d'une voix basse, mélodieuse et presque tendre, il dit :
« Pauvre rajah ! pauvres Indiens ! Tout ça est mort pour rien.... Et loi aussi, pauvre tigre : car tu t'es bravement défendu, pécaïré ! et quoique je sois bien aise d'avoir emporté ta peau comme souvenir, ça ne m'avance pas non plus à grand'chose. Mais bah ! après tout, tu serais mort depuis longtemps à l'heure qu'il est, crevé peut-être de quelque bête de maladie.... Un peu plus tôt, un peu plus tard, les autres, chacun son tour, seraient morts aussi....
(( Et pourtant, quand on y pense, c'est-il pas drôle que dans ce pauvre monde bêtes et gens passent leur temps à se battre à qui mourra le premier?
— Ah! mais voilà : c'est la gloire...
— Hé ! que dites-vous, second? »
Le second était des Marligiies, notez ce point-ci. Il regarda le capitaine un bon moment ; puis, d'un air victorieux, il lui dit : « Capitaine, j'ai trouvé !
— Quoi?
— L'éléphant....
— Hé ben, l'éléphant?
— De quoi il vous servait!
— De quoi il me servait? Hé ben, de quoi me servait-il?
— De monture !
— Second, vous êtes un... savant. Allons nous coucher! »