‹ Voyages et aventures du capitaine Marius Cougourdan, commandant le trois-mâts la Bonne-Mère, du port de MarseilleChapitre 32 sur 47 · I.K iHIllnl I:T. JiM · texte numérisé non relu

I.K iHIllnl I:T. JiM

fomme capriciouso, mais si vous l'aviez viuî quand clic me jouait (i(! la prunelle, vous ne pourrie/ pas vou^ empcchcr de croire (|u'il y a là-dessous, comme dans toulce (jucllf liiil cl tue djl, (juchpie ai-rière-penséc (•acliée.

— Au lait, dis-je au capitaine, vous avez peut-être raison. Allez de l'avant. Mais je crains i'oit que vous ne soyez forcé de renoncer à votre galanterie....

— Hé! nous verrons. Je vais aller d'abord au Jardin des l*lantes, et si je ne trouve pas là ce que je cherche, j'irai parler au directeur, et d'après ce qu'il me dira, j'aviserai. Vous, de votre côté, informez-vous. »

Et il me quitta.

Le soir il revint. Il n'y avait pas de vanillier au Jardin des Plantes, et le directeur lui avait assuré qu'il n'en connaissait point à Marseille.

De mon côté je n'avais pas perdu mon temps, et je m'étais informé de toutes les personnes qui pourraient avoir des serres chaudes dans la ville ou aux environs. On m'avait indiqué un banquier grec, un juif très riche, et un vieux négociant marseillais qui, après avoir longtemps résidé en Hollande, en avait rapporté une grande fortune et une passion effrénée pour les tulipes et les orchidées.

Le lendemain matin nous commençâmes notre exploration. Le banquier grec et le juif n'avaient rien qui ressemblât à un vanillier. Lorsque nous demandâmes au banquier s'il croyait que le vieux négociant marseillais pût avoir cette plante, il nous assura, avec des marques non équivoques d'envie, que sa collection était pitoyable, que ses serres étaient mal tenues, et que certainement nous ne trouverions pas chez lui de vanillier; que du reste ce vieillard était bizarre et quinteux à l'excès, très jaloux de sa serre, et ne laissait pénétrer personne chez lui.

« C'est bon à savoir » , me dit Cougourdan à mi-voix ; et ayant salué le banquier, nous allâmes chez le vieil amateur, qui demeurait au bout du Chapitre, à l'entrée de Longchamp.

Après avoir carillonné inutilement pendant un gros quart d'heure, Cougourdan se mit à heurter du pied contre la porte avec tant de force qu'une fenêtre du rez-de-chaussée s'ouvrit, et à travers la grille parut une espèce de valet. En l'apercevant, Cougourdan prit dans sa poche un louis et le montra à cet homme.

« Nous voulons voir M. Pierrugues, dit-il.

— Je suis bien fâché, mais mon maître ne reçoit personne.... »

Cougourdan tira un second louis de sa poche.

« Voilà pour toi, lui dit-il en faisant reluire les pièces d'or. Je suis le capitaine Marins Cougourdan, et monsieur que voilà est mon ami. »

La fenêtre se referma, deux ou trois verrous grincèrent et la porte s'ouvrit.

'( Monsieur le capitaine, dit le domestique se préparant à refermer la porte, si je vous fais entrer, mon maître me renverra.

— N'aie pas peur, je te mettrai à l'abri. Mène-nous à ton maître.

— Il est dans sa serre.

— Justement, mène-nous-y. »

Nous traversâmes le vestibule, un corridor, et au bout d'un salon merveilleusement meublé de chinoiseries et de curiosités de tous les pays, la porte de la serre s'ouvrit et nous aperçûmes le maître penché sur une tulipe qu'il examinait à l'aide d'une loupe.

En nous entendant entrer, il se retourna et poussa un cri d'épouvante.

« Monsieur Pierrugues, lui dit le capitaine en saluant jusqu'à terre, je vous souhaite bien le bonjour. Comment vous portezvous?

— Mais..., balbutia le malheureux amateur.

— Vous ne nous connaissez pas, je crois, quoique vous auriez bien pu me rencontrer, car j'ai beaucoup navigué : mais j'ai

Ij; IIOUUtIFCT. :i45

<lrsir('' l'iiiic noIic coiinaissnmM'. .hr suis le caiiilaiiic Mafiiis CiOUf^ounlan, coiiiniiiiKlaiil l<' hois-niàls lionne Mi-re^ <lii jmhI (le Mars(MlI(', cl moiisiciii' (|in' voilà osl mon ami.

— iMonsieiii', (lil le \it'illar(l se reiiicllaiil un |m'ii. \(»lr<' nom no m'est pas inconnu, mais je ne m'attendais jjas..., car j<; lu; reçois jamais personne....

Page 1