‹ Voyages et découvertes outre-mer au 19e siècleChapitre 12 sur 64 · AUX ILES AN DAMAN (OCEAN INDIEN · texte numérisé non relu

AUX ILES AN DAMAN (OCEAN INDIEN

l'A|ii^ililiun .ill.daisc rli ISri7. — CuliiliMl ;i\rc les iialiiri'ls. — Vii-ldii-f lies Viiinl.iis. — Iti'tuiir à Hnli-ull:i. — lliiliilalidiis . mœurs. cuulLimes cl langage dus Andaiiians. — .Nuliuiis liisloriquos. — (jimmercc d'oiseaux do païadis.

Les Andamaii sont coniinis eiitie 10" 32" dclalitiide sud et 13" iO' de latitude nord. L'île la [ilus (■onsidérai)!e, ([u'oii désigne sous le nom de Grand- Andaman, peul avoir environ cent quarante milles anglais de longueur. Sa largeur est de vingt milles.

Comme toutes les autres îles des mers de l'Inde, les îles Andaman sont couvertes d'une végétation luxuriante. On y distingue, entre autres espèces de bois précieux, rébèiie, le /ilrrorarpus (lahlberfjioidcs ou bois rouge; des bambous et des rotins do diverses espèces donnent une singulièic ("légaiice au\ forêts qui jiarent la eùle.

Ces bois, néanmoins, lu' reiiri'iinciil (|u'iin pelil nombre dOiseauN ii plinnagc cclalanl , |iariMi les- (]uels on dislingue un l'anncr d'une licanlc l'cmar-

v()VA(;i; ur.NK ( (immissio.n \.\(;i.\isi;. iii-.)

iiuabk'; inuis, à rexcepliun du ^^aiiglicr vi pL'ut-èti'c du cerf, il y a , pour ainsi dire , absence absolue do quadrupèdes. Ce qui aux yeux des Ciiinois pourrai I rendre les Andaman un groupe précieux pour le commerce, c'est l'abondance de la jolie salangane, (|iii nuiltiplie son vol gracieux autour des roches dont la rive est couverte, et qui construit dans les cavernes, avec une mucosité, ces fameux nids d'hirondelles réservés, dans le Céleste Empire, à la table du riche.

Le 23 novembre 18o7, une expédition semiscientifique, semi-militaire, paitit de Calcutta sur le steamer Ir Pluto, dans le but d'explorer les îles Andaman, et de faire choix d'une de ces îles pour y déposer ceux des révoltés auxquels le gouvernement de la compagnie, ipii ira\ail pas encore cédé ses droits à la reine d'Angleterre, voulait faire grâce. La commission était présidée par le docteur F. J. Mouat, savant médecin attaché à l'armée du Bengale. Il s'était fait accompagner par un Français, M. .Mallitte, jeune et savant ciiimisteet liahili' |)liotograplie.

Dès le 11 décembre, l'expédition entrait dans le port des îles Andaman. Une première reconnaissance du pays eut lieu sans aucune opposition de la part des indigènes; mais le 27 décembre, alors

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qu'on allait doubler l'extrémité (]e la grande île, el que le Pluto se trouvait entre un ÎIdI et la terre, dans un bras de mer qui n'avait ^iière plus de largeur que la Seine, les Andamans, armés en guerre, se montrèrent dans leur canot et se dirigèrent vers le bateau à vapeur. On résolut d'accepter leroniiial. Le docteur Mouat, montant dans le premier canot, se fit suivre du docteur Playfer et du lieuleuanl Headcote, auxquels s'adjoignit M. O.MalIitte ; douze hommes bien armés montaient également l'embarcation. Dans le second canot venaient M. Tobgrave, midshipman de la flotte des Indes, le chirurgien du Pluto, et huit autres Européens. Les mouvements des blancs n'échappèrent pas aux naturels. Entassés dans sept pirogues, ils se dirigèreni, en employant la pagaye seulement, de Southreef Island vers Interview Island. Les Anglais n'hésitèrent pas : ils cachèrent soigneusement leurs armes, mais ils se dirigèrent du côté des sauvages. On a\ail l'ait proA isiou de force bagatelles pour les leur offrir en cadeau; cl les nionclioirs des Européens s'agitaient eu signe d'amitié, lorsque, malgré ces démonslralions, les Andamans piireul de plus en plus nue alliinde hostile; une grcle de flèches commença à pleuNoir sui' les emliarcalions montées |)ar les Auûlais. (]('U\-ci se \irent alors cnulrainls de l'aire

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usage de leurs armes; dans ce conflit regrettable, plusieurs sauvages furent tués (ju hicssés, et l'un des guerriers agresseurs tomba au pouvoir des Européens. Ce combat inégal devait être cependant funeste à quelques personnes de l'expédition : un (les iiHiciers anglais reçut nnc lléclio, un nialelol lut blessé, et M. Mallitte fut atteint, durant l'engagement, d'une balle égarée ([ui lui causa une blessure assez sérieuse, mais ne l'empêcha pas de reprendre bientôt ses utiles fondions.

Du reste, la lutte fut do courte durée; les Andamans se retirèrent, et les Anglais purent contimier leur route. Après s'être assurés de leur prisonnier, ils retournèrent immédiatement à Calcutta.

(' Les habitations des Andamaus, dit M. Ferdinand Denis, dans un travail qui fait partie du Tour (lu Monde, sur les îles Andaman, d'après les indications de M. 0. Mallitte, appartiennent à la forme la [)lus rudimentaire. Quatre poteaux couverts d'un loit de feuilles de palmiers font tous les frais de ces conslruclions priniitixes, (|ui ne peuvent être acceptées comme abri que sous ces doux climats. (]es huttes, en ell'et, sont ou\ertes à tous les vents; elles sont oi'uées à l'intérieur, si l'on peut se servir d'un terme pareil , il'os de cochons, de caraj)aces de lurlucs, et de grands

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poissons liés en forme de grappes. On y clierclie inutilement quelques indices de la prétendue anthropophagie des habitants. Toutes les perquisitions que Ion fil sur ce point furent heureusement iiuitiles, et nul ossement humain ne vint témoigner dune coutume horrible, trop souvent reprochée aux noirs océaniens.

« Les Andamans appartiennent, en effet, à cette race noire que Ion désigne sous les noms divers de Papouas, dAfourous, d'Endamènes, dActas, ou de Negritos; ils sont même d'un noir très-foncé. Rarement leur taille excède cinq pieds; ils ont la tête large et enfoncée dans les épaules; leur chevelure est lanugineuse comme celle des noirs africains; chez un grand nombre dindivldus le ventre est protubérant, et les membres inférieurs sont grêles. Ils vont dans une nudité absolue, à moins qu'on ne veuille considérer comme une sorte de vêlement la couche d'ocre jaune ou d'argile doul ils se couvrent le corps, et qui a au moins l'avantage de les protéger contre la piqûre des insectes. Ils réservent l'ocre rouge que leur fournil leur terre pour en saupoudrer leur chevelure et pour en peindre leur \isag(>. Selon les derniers calculs, la pojiulation totale des Andamans ne s'élèverait pas à plus de deux mille cincj cents individus.

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