‹ Voyages et découvertes outre-mer au 19e siècleChapitre 14 sur 64 · AIX ILES ANDAMAN · texte numérisé non relu

AIX ILES ANDAMAN

siiiil aiijoiinriiiii les pourvoyeurs du niomle clci^'aiil (le Paris e( de Londres, |Kiur un genre de parure (|ue nos dames rcprenneni toujours à d'assez courts intervalles; ce sont eux qui envoient à nos brillaiil> magasins de plumes ces merveilleux oiseaux de paradis, dont la variété étonne autant que la vivacité de leurs couleurs charme les yeux. Ce fut surtout en 1823, lorsque la corvette la Coquille aborda à la Nouvelle-Guinée, que les noirs habitants de ces régions comprirent quels trésors recelaient, pour les blancs qui les visitaient, leurs forêts séculaires. Des milliers d"oiseaux de paradis tombèrent sous leurs coups pour être offerts aux étrangers, qui, pour unique récompense, leui' donnèrent sans regrets, on le suppose, les plaques de fer-blanc dont se coni[)osaient leurs boîtes d'histoire naturelle, et même certains objets d'un usage encore j)lus vulgaire. Nous n'avons jamais pu oublier avec quelle bonhomie le savant et spirituel Lesson nous racontait cond)ien il se trouva heureux le jour où il imagina de tenter l'avidité des Papouas, en leur prodigant cette monnaie peu coûteuse. 3Iallieureusement les matelots et les mousses de la Coquille surprirent ce secret économique, et surent aussi se procurer les plus iieaux oiseaux de paradis. On se mit à fourbii' de loutcs parts les plus vulgaires ustensiles de cui

no VOYAGE D'UNE COMMISSFON ANGLAISE

sine; pourvu qu'ils fussent quelque peu luisants, et (pie Ion pût les courber en bracelets, les noirs sauvages s'en accommodaient. Duraiil (pielques semaines, on obtint ainsi les plus beaux paradisiers connus. Mais, liélas! le fer- blanc perdit son éclat, et, dès qu'il se fut terni, les profits de ce beau commerce s'évanouirent. Les Papouas exigèrent des ustensiles d'argent, et plus tard ils demandèrent fort bien des piastres, dont ils finirent par connaître on ne peut mieux l'empreinte, les deux colonnes et même la fameuse devise. Ce n'était pas toutefois pour trafiquer dans leurs sombres forêts qu'ils les accumulaient, c'était pour les fondre et en fabriquer de grossiers bracelets, à demi ouverts, dont leurs tristes compagnes, abruties par les exigences de la vie sauvage, se montrent tout aussi fières que nos beautés aristocratiques se montrent beureuses de posséder un oiseau de paradis.

(( Il faut appartenir à cette race agile, il faut être familier avec les bruits légers qui se multiplient et se confondent dans les sombres forêts de Dorery, pour se procurer les oiseaux de paradis, qui pei'chent souvent à l'extrémité d'arbres gigantesques et (|uc la llèchedoit frapper sans les endommager. Ces udiis chasseurs, la tète cnuxcrle de poussière d'ocre unie a de la gi'aissc, ce (pn' leiii- fait a peu ili' irais,

AUX ILliS AMiAMAN. ^7

on le voil, une excellente casquette dédiasse, parfois les épaules revêtues des belles feuilles satinées du pandanns que leurs femmes tressent en nattes, sen vont, à la tombée du jour, dans leurs humides forêts, armés de leur arc classique en beau bois rouge, et de petites flèches fort aiguës fahriiiuées avec le spadice des palmiers. Le lieu oii ils se rendent en silence est vraiment digne, par sa splendeur, des oiseaux magniBques qu'ils y viennent chercher. « La « végétation la plus active couvre ce point du globe, (( dit Lesson ; elle est ce qu'on doit en attendre sous « l'équateur...., c'est-à-dire grande, majestueuse et (( imposante. La surface du sol ne présente qu'une « forêt sans fin, où la plupart des végétaux des i< Moluques se retrouvent, et dont les arbres, im- « menses par la circonférence de leurs troncs, ont « jusqu'à cent cinquante pieds d'élévation. Dans M ces profondes forêts, ne croissent point d'herbes « humides : les plantes y revêtent de préférence « des formes robustes et ligneuses; les lianes ser- « pentent et s'entrelacent jusqu'au sommet des « rameaux , et retombent en unissant leur verdure « à celle des grands arbres qui les supportent. La « fécondité d'une terre sans cesse humectée par « d'aijondantes vapeurs et par des pluies de six « mois, vivifiée pai' des chaleurs d'autant plus

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