‹ Voyages et découvertes outre-mer au 19e siècleChapitre 3 sur 64 · II · texte numérisé non relu

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ouest de la Nouvelle-Hollande; on reconiiiil lilc des KanjTourous, le golfe de Spencer, la Terre de .Niiyls, l'archipel de la Recherche. Ou doubla les caps d"En- Irecasteaux et Leuwin ; on longea la Terre d'Edel et la Terre d'Endracht; puis on remonta jusqu'à l'archipel de Dampier, (pion avait appelé l'archipel Bonaparte, et l'on mouilla, le 24 mars, en vue de l'île Cassiiii. Ici l'on lui enc(U'e oijligé de suspendre les opérations, et de cingler vers l'Ile Timor, ou l'on parvint le 6 mai 1803, après une relâche d'un mois à Coupang, port principal de l'Ile, situé au Tond (le la haie de ce nom; ou repartit, et l'on iii rdiile vers le sud-ouest pour reprendre les explorations au point où on les avait laissées. On était , le 12 juin, par 13" 26" de latitude S. et 124" de longitude E. On cingla alors directement vers le sud, et l'on aperçut bientôt le confinent; mais on ne trouva pciinl d'endroit favorable pour le débai'quement. La mousson, (pii régnait alors, s'opposait d'ailleurs à ce qu'on put longer la côte vers le n(jrdesl. On ne mit pas moins de six jours à avancer de vingt-cinq lieues dans ce sens.

Le capitaine Baudin, voyant bien (pi'il fallait renoncer à reconnaître la Terre d'Arnheim, couliguë à celle de Witt, se décida enfin à gagner le large pour tâcher d'atteindre l'extrémité sud-ouest de la

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Nouvelle -Guinée. Cependant il lui restait encore près de deux cents myriamètres de côtes à explorer, tant de la Terre d'Arnheim que de celle de Carpenlarie, qui borde le golfe de ce nom. Mais on n'avait plus de vivres que pour vingt jours, et il en eût fallu au moins trois fois autant pour entreprendre une aussi longue navigation. La santé du chef de l'expédition était en outre gravement altérée. Abandonnant donc les côtes de la Nouvelle -Hollande, les deux corvettes voguèrent pour la troisième fois vers l'île de Timor, (ju'elles l'evirent le 13 juillet 1803. Le 14, elles doublèrent l'extrémité sud de l'île Savon, et le 7 aoi'it elles rentraient dans le port de l'île de France.

Ce fut là que le capitaine Baudin mourut, le 2 septembre suivant. Après ce triste événement, le capitaine Milviiis, (pii remplaça Baudin, ne crut pas devoir reprendre, sans instructions nouvelles du gouvernement, la snilc des travaux ipii avaient été spécialement coidiés à son prédécesseur. Il se conleiila de ramener eu Fianci' les deux corvettes, et rentra dans le [lorl de l.dricnl, le 25 mars 1804, après une absence de li'ois ans et ein([ mois, pen- <lant la<]uelle on avait parcouru plus de dix-sept mille lieues niai-jnes, soi! (Mniron cpiatre-vingtipialre nulle kilomètres.

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Les observations nautiques et géographiques recueillies pendant cette expédition furent mises en ordre par M. de Freycinet. Quant aux observations relatives à l'ethnographie et aux sciences naturelles, nous avons dit qu'elles avaient été faites par le savant Pérou, qui consacra le reste de sa vie à les classer et à les rédiger, et mourut, le 1 i décembre 1810, sans avoir pu achever entièrement ce long travail. Nous allons en extraire quelques détails sur les haltilants et sur les productions des contrées visitées par l'expédition, et particulièrement des côtes de la Nouvelle-Hollande et des petites îles qui Tavoisinenl.

La Nouvelle -Hollande, on le sait, est appelée souvent, surtout depuis quelques années, Australie; et ce nom s'applique également à celle des trois grandes divisions de l'Océanie dont elle constitue la partie continentale. Elle est, à la vérité, entourée d'eau de toutes parts; mais il en est de même de ces vastes (erres qui forment l'ancien et le nouveau Monde. Bien plus, l'Africpie et l'Amérique septentrionale, lorsqu'on aura percé les islhmes de Suez et de Panama , seront aussi baignées de tous côtés par les eaux de l'Océan, et n'en demeureront pas moins, en laisou de leur étendue, des continents. C'est aussi |)ar ses dimensions presipie égales à

il VOYAGES ET DKCOU VEHTES.

celles (le l'Europe, que la Nouvelle - Hollande a mérité et conservé la qualification de Continent- Austral. Que recèle en son centre ce continent , dont le littoral est seul connu des Européens? L'avenir, sans doute, l'apprendra à nos descendants; mais pour nous, l'intérieur de l'yVustralie est bien plus mystérieux et plus impénétrable que l'intérieur de l'Afrique, où lant de courageux investigateurs ont déjà péri, victimes de leur zèle poui' la science. Tandis que l'Angleterre, sur la côjte sud-est, a fondé des colonies pénitentiaires et bâti de grandes cl tlorissantes cités, et cpie, poussés par l'appât de l'or, des milliers d'émigrants accourent de tous les pays du monde, et vont porter dans cette lointaine province de l'empire britannique leur intelligence, leurs bras, leur industrie, le reste du continent australien demeure défendu contre les cinahissements de la race anglo-saxonne par son insalubrité, par ses forêts, ses marécages et son immensité même.

Les régions du lilhual de la Nouvelle- llollandc visitées par les corvettes le Géographe et le JSalumliste sont :

I" Au sud, la terre (pie Haudin a|)|)ela Terre i\ajJoléoii : elle coninicncc an pronionlnire du Capitaine-Wilson , sur le detiuit de J3ass, vers le li 4''

CAIMTAI.NF. liMDIN. «

degro de longitude orientale, ol se prolonge jus- ((irau cap des Adieux, vers le 130* degré de la même longitude : on Ta partagée depuis en Terre de Grant , Terre Baudin et Terre Flinders^

2° La Terre de Nuyts, (jui commence au cap des Adieux, s'élève jusqu'à la Terre de Leuwin , et comprend le Port -du -Roi -Georges, découvert en 1791 par Vancouver;

3° La Terre de Leuwin, qui comprend l'extrémité sud-ouest de la Nouvelle- Hollande, terminée par le cap d'Entrecasteaux ;

4° A l'ouest du continent et au nord de la Terre de Nuyts, la Terre d'Edel, qui se termine, au noi'd , à la baie des Chiens-Marins ;

5" La Terre d'Endraclit, dont la limite septentrionale est à la hauteur des îles Dampier ;

6° x^-U nord, la Terre d'Arnheim , qui comprend celle de Diémen , située au fond de la baie du même nom; cette terre borne à l'ouest celle de Carpenlarie, cpie Baudin ne put reconnaître, et après laquelle on arrive à la Nouvelle- Galles du Sud. Celle-ci occupe tout l'esl du continent, dont elle est la partie la mieux connue e( la plus peuplée.

La Terre Napoléon, ou, pour nous servir des dénominations qui ont prévalu, les Terres de Grant, lie Handin et do Flinders, n'offrant rien de remai-

10 V()VA(;ES et DÉCOl'VEUTES.

(|iiahle, soil dans leur aspect, soit dans leurs productions, nous arrivons à la Terre de Nuyts, dont la partie occidentale a pris le nom de Terre du Roi-Georges.

L'aspect général de cette contrée est triste, mais ne manque pas de pittoresque. La végétation, sur la côte même, est pauvre et chétive; mais derrière cet aride rivage s'élèvent des montagnes bien boisées, séparées par des gorges abruptes et sauvages. Les vents et les saisons, dans ces parages, n'ont point de cours périodique et régulier. Cependant le vent d'est commence à souffler, le plus ordinairement, au mois de décembre, et règne jusqu'à la fin de février. La période comprise entre le mois de janvier et celui de mai peut être considérée comme formant l'été de cette région. Au début, le vent d'est est violent et accompagné de pluie; mais peu à peu le vent du nord se montre et amène la chaleur, qui dure avec assez d'intensité jiis(|u"aii milieu de mai. Pendant les mois de mars et d "a\ril, le thermomètre Fahrenheit marque souvent U8", ce (pii équivaut à peu près à 37" centigrades. Les vents d'ouest prennent au mois de juin et durent jusqu'à la fin de juillet, où commencent les vents de sud et de sud-esl, qui amènent une température plus basse et des pluies abondantes : somme toute, le

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climat est assez beau. Toutefois les orages avec éclairs el tonnerre sont fréijiients, et le vent chaud (lu nord, dont on se plaint tant à Sidney, ne laisse pas de se faire sentir aussi de temps en temps au Port-du-Roi-Georges.

La Terre de Nuyts, lors de l'expédition de Baudin , n'était pas déserte comme la Terre Napoléon, qui n'offrit aux yeux des navigateurs français aucune trace d'habitation humaine, et où ils ne rencontrèrent que des kangourous géants '. Les naturels des environs du Port-du-Roi-Georges sont de taille moyenne; ils ont les membres grêles, et, en général, labdomen proéminent. Ils portent pour tout vêtement une peau de kangourou jetée stu' les épaules comme un manteau, et descendant jusqu'aux ge-

1 Plusieurs de ces fiuaJrupédcs, au rapporl de Péron. étaient de la Ijauleur de rhuuime , lursiiue , assis sur leurs longues jauil»es de derrière el sur leur robuste queue, ils se tenaient \erliealenient. Favorisés par l'absence ih' tout ennemi, ils ont pu se mulliplier dans cette contrée , où ils forment de nombreux troupeaux. Les endroits qu'ils fréquentent sont tellement foulés, qu'on n'y peut découvrir un brin d'herbe. De larges sentiers ouverts au milieu des bois arrivent de l'intérieur au bord de la mer; ils se croisent en tous sens et sont fortement battus : ou dirait, en les vojani , qu'une peuplade nombreuse et active habite ce pays. Cette abondance de kanjîourous est une précieuse ressource pour les navires qui relâchent sur ces côtes, car la chair de ces animaux est très-bonne à manger.

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DOUX. Cette peau est attachée sur l'épaule droite, de manière à laisser le bras de ce côté libre de ses mouvements. Lorsqu'il fait beau, ils mettent le poil en dedans; ils le tournent en dehors par le mauvais temps pour se mieux garantir de la pluie. Souvent ces manteaux sont si étroits, qu'ils forment à peine un simulacre de vêtement. Les plus larges sont réservés pour les femmes. Celles-ci portent les cheveux courts et n'ont aucun ornement. Les jeunes fdles, cependant, ont parfois autour du cou un petit cordon de laine filée. Les hommes portent eu manière de ceinture une longue bande faite avec du poil d'oposstun, et roulée plusieurs fois autour des reins par-dessus la peau de kangourou. Une l)ande analogue est souvent roulée autour de leur liras gauche et de leur tête. Certains chefs portent (Ml oulie, comme coiffure, des queues de chiens ou (les plumes, ou bien ils roulent autour de leur lèlc leur clie\elure, qu'ils laissent pousser de toute sa longueur, et (ju'ils imprègnent de graisse mêlée avec de l'ocre rouge. Les individus des deux sexes s'enduisent le corps de cette sorte de pommade pour se ])réserver de la piqûre des insectes et de l'action du soleil et de la pluie. Les sauvages, eu outre, se peignent le corps comme ceux de la Nouvelle-Galles du Sud. Mais c'est chez eux une allaire de iroùl et

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(le r;inliiisic, cl non poinl une leniie de guerre. C'est surtoni iKini' |)araître dans les fêles el à l;i danse (pie les jeunes gens se peignent le corps de diverses couleurs. Le blanc est un signe de deuil. Les hommes, lorsqu'ils ont perdu un parent on un ami, se tracent sur le front une bande blanclie transversale qui descend de chaque côté sur les tempes et jusque sur les joues. Les femmes, en pareil cas, se parsèment le visage de larges taches également blanches.

Les tribus se distinguent les unes des autres par les couleurs dont elles font usage, par les accessoires du costume et pai' le nombre et la disposition des entailles que les guerriers se pratiquent sur les membres, sur la poitrine et sur les épaules. Ces balafres forment des cicatrices saillantes dont les hommes paraissent très-fiers, et qui iniTupienl leur rang, leur vaillance dans les combats ou leur sagesse dans le conseil. Ce sont leurs chevrons, leurs galons, ou même, si l'on aime mieux, leurs décorations. Il est vrai qu'ils se les décernent eux-mêmes; mais un homme qui se tatouerait de la sorte sans pouvoir justifier de son rang ou des ser\ ices rendus àia tribu, s'exposerait au ridicule et au mépris. Les guerriers ont pour armes des lances de deux ou trois espèces, des butons armés de ciillous aigus llvés

où \OYAGES ET DECOl VEllTFiS.

dans une rainure sur un lit de gomme -résine, une sorte de massue formée d'une grosse pierre fixée au bout d'une branche forte et droite, enfin un curl, espèce de sabre recourbé, analogue au bu tu ne rem g de la Nouvelle -Galles du Sud. Les lances consistent en une hampe grosse comme le doigt, faile d'un bois très-serré, durci au feu, poli avec soin, et sont armées à leur extrémité de pierres aiguës disposées comme des dents de scie. Il y a des lances dont on se sert pour la pèche en y adaptant un nerf de kangourou; elles ont environ deux mètres soixante-cinq centimètres de long. Les lances de combat sont plus longues et plus lourdes. A la guerre, chaque homme porte de deux à cinq lances.

Les huttes des Australiens diffèrent considérablement selon les tribus; mais en général elles sont toujours d'une construction très-simple et même grossière. Celles des naturels de la Terre de Nuyls sont faites avec de longues perches plantées dans la terre, réunies à leur extrémité supérieure en une pyramide de deux mètres de haut, et recouvertes de branchages et de feuilles vertes. Quand vient la saison des pluies, on y ajoute des morceaux d'écorce sur lesquels on place de grosses pierres pour les mainlcnii' en place et empêcher que le vent ne les einpiii'Ic. (les luillcs soni presque toujours bâties au

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bord des rivières, dans les endroits al)rités, cl le derrière opposé au vi'iit régnant. Les liabitants font devant la porte un feu qui brûle presque constamment, soit pour les réchauffer, soit pour cuire leurs aliments. Chaque hutte sert de logement à plusieurs personnes qui y couchent entassées pêle-mêle avec leurs chiens.

Un village ou campement se compose rarement de plus de sept ou huit huttes, et sa population ne dépasse guère cinquante personnes, si ce n'est durant les chaleurs et à lépoque de la pêche, qui rassemble sur les côtes de la mer et à l'embouchure des rivières un grand nombre d'individus. Le personnel d'un campement constitue une petite trilm, ou plutôt une famille nomade qui vient en été pêcher sur les côtes, et, en hiver, se retire dans l'intérieur des terres, où la chasse fournit à sa subsistance. Les chasseurs, pour se procurer à la fois une certaine quantité de gibier, mettent le feu aux broussailles et aux herbes tout autour de l'endroit qu'ils veulent exploiter. Les incendies se propagent quelquefois sur une étendue de plusieurs milles. Les animaux se pressent alors pour fuir vers les sentiers qu'ils ont l'habitude de suivre, et qui sont bien connus des naturels. Ceux-ci se |)orl('iit ;iliirs sur le chemin des fuyards et en détruisent un uiiiiul

32 VOYACES ET DÉCni VERTES.

nombre. Ils sont aidés à la chasse par lenrs chiens, qu'ils saveni l'orl bien dresser sans se donner beancoup de peine, et en tirant parti de leur instinct naturel; de sorte que ces animaux chassent un peu chacun à leur guise; mais, comme ils ont le flair très-subtil et qu'ils peuvent s'attribuer une bonne part dans le initin, ils excellent à faire lever le gibier et à le rabattre vers les chasseurs. Souvent aussi ils le saisissent eux-mêmes; mais il est certains animaux qu'ils ne peuvent atteindre à la course. Le kangourou est le gibier le plus profitable pour les naturels, puisque ceux-ci se nourrissent de sa chair et se confectionnent des vêtements avec sa fourrure. Cependant ils font aussi beaucoup de cas des opossums, de divers rongeurs et de divers oiseaux, parmi lesquels nous citerons : l'ému, grand oiseau analogue à l'autruche, les cygnes noirs, les perroquets, les pigeons, etc. Ils mangent aussi des reptiles, lézards et serpents, et même des fourmis. En hiver, ils épargnent volontiers les émus, afin de les laisser pondre et de s'emparer de leurs œufs, qui sont très- volumineux. Les œufs des aulres oiseaux sont également de leur goiil; ils se régalent fort avec ceux des fourmis dont nous venons (le parler.

On ,-i \n (|n'('ii r\i' les \iislrali('ii> vivciil |iiin(i-

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|)aloinoiil (lu prndiiil de leur piMlic. (!oii\ di^ l;i Ici'i'o du Sud n'ont point de ciinnls et ne savent point nager, dilTérents en cela des habitants des autres parties de l'Australie. Aussi ne peuvent-ils prendre (pie le poisson (jui s'approche du rivage; et pour cela ils ne se servent ni de lignes ni de filets, mais seulement de leurs lances, (pi'ils manient comme des harpons, avec une grande dextérité. Quand le produit de leur pêche dépasse les besoins présents, ils sèchent au feu le surplus, et l'enferment dans des écorces poiu- le conserver.

La vie de ces peuples est, en résumiS misérable et vagabonde. Chaque tribu va et vient à sa fantaisie, ou plutôt suivant qu'elle est poussée de côté ou d'autre par le besoin. Les peuplades sont nombreuses, mais sans cohésion; elles ne reconnaissent point de chef suprême, ii'onl |)oint de centre de ralliement déterminé, s'assemblent rarement, rarement aussi se font la guerre. Les hostilités ont lieu plutnl de famille à famille, de tribu à tribu. Les querelles s'élèvent ordinairement poui- des inntifs assez futiles et se vident par des combats siugidiers. Ces combats ne se terminent pas nécessairement par la mort de l'un des champions. Si le motif de la ((uerelle est peu grave, ces sauvages se contentent de se porter des coups aux bras ou aux cuisses, sans

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clierciier à se tuer, et le coinl)at cesse dès qu'un des deux adversaires est blessé : « L'honneur est satisfait, » comme dans les duels au premier saiifj, dont l'usage subsiste encore chez les nations les plus civilisées. Souvent même les familles respectives préviennent la rencontre et « arrangent l'affaire )).

On voit que les mœurs de ces sauvages sont assez douces ; il ne faudrait cependant pas les croire exemptes de toute coutume barl)are et cruelle. Us sont, par exemple, très-vindicatifs. Aussi, lorsqu'un membre d'une tribu a été tué par un homme d'une autre tribu, les gens de la première s'assemblent autour de son cadavre et jurent de le venger. Il leur est indifférent de tuer l'auteur de sa mort, pourvu qu'un individu quelconque appartenant à la tribu dn meurtrier paie de son sang le sang répandu. Cet étrange système de compensation est poussé plus loin encoi-e. Qu'un homme périsse par accident en se noyant, en tombant dans nu précipice, ou de toute autre façon; ceux de sa triiin iialtribuent point son trépas à son imprudence ni à une cause fortuite : ils l'imputent an\ maléfices d'un mulfjaradock (sorcier) d'une Iribu ennemie, cl il> en tirent vengeance en Inant un iioninie de cette hiliu. Voici une antre coutume atroce de ces sau-

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vagcs : lorsi]!! inu' l'eniine Lionne le junr a deux enfants jumeaux , liin d'eux est mis à mort (le mâle, s'ils sont de sexes différents). Ils allèguent, iionr justifier eef iulautieide, (jue la femme n'aurail |)(>inl assez de lail pour nourrir deux enfants à la fois, e( (|u"elle ne saurait non plus pourvoir plus tard a leurs l)esoins et aux siens propres.

Les mères allaitent leurs enfants jusqu'à l'âge de (juatre à ciufi ans; mais, bien avant cpi'ils soient sevrés, on leur enseigne à chercher leur nourriture. Une jeune fille de neuf à dix ans est chargée de ce snin. Elle conduit tous les petits enfants de la tribu (jui peuvent marcher, et les emmène récolter des racines et des fruits dans le voisinage du campement.

Les jeunes filles se marient à onze ou douze ans, tandis (]ue la plupart des hommes restent célibataires jns(]u'a trente ans. Le mariage n'est consacré ]iar ancnii acte religieux; la polygamie est générale, et il règne, sous ce rapport, parmi les Australiens une foule d'usages honteux sur lescpiels nous ne nous arrêterons pas. Le sentiment moral ainsi cpie le senliment religieux existent à peine chez eux. Ils n'ont, pour toute religion, que des superstitions grossières. Ils ont cependant une croyance obscure à rinnuortalité de ràine, et pensent qu'après leur mort ils \ont habiter la lune. Ils croient d'ailleurs

se V(iV\(;ES El l)K(,()LVi:ilTi:S.

aux esprils, aux pn'-sages et aux sortilèges, mais nniil poini de culte proprement dit.

Les individus (|ui ont le plus d'influence parmi eux sont les mulgaradocks, (pii cumulent, comme cesl Tordinaire dans les peuplades sauvages, les professions et privilèges du prêtre, du médecin el du sorcier. Ils forment une sorte d'ordre ([ui comprend des adeptes de divers grades. Les Australiens leur attribuent le pouvoir de gouverner le l)eau et le mauvais temps, de faire tomlier la foudre, de faire taire le vent, ainsi que d'affliger de maladie, e! même, comme nous l'avons dit plus haut, de pousser à leur perte les personnes qui ont encouru leur .iiiiinosilé.

La seule fonction réelle de ces cliarlatans est celle de guérisseurs , (pi'ils n'exercent, bien entendu, (pie par des moyens empiriques, niais non sans uncccrlaine habileté, et ([uelquefois avec succès. Ils soni surloul liabilcs dans l'ail de panser les blessures, de remettre les membres fracturés et de picvenir les effets de la morsure des serpents. Le Iraiicmcnt au- (picl ils oui recours dans ce dernier cas c>i simple el rationnel. Ils |)iali(|M('nl d'abord, a\('c un jonc, une forte ligature au-dessus de la pailic i)lessée; puis ils élargissent la |)laie, sdil avci' une i:iill'e de kangourou, soil a\ec une pierre Iranclianle, el la

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siiconl avec force en ayant soin de la la\cr rr('(|nenimenl et largement, ainsi qne lenr bonclie, avec de l'eau. Si l'eau manque, les mulgaradocks ne répondcnl point de la guérison, car alors ils considèrent la succion comme dangereuse.

La Terre deLeuwin, (pii se trouve après la Terre deNuyts, au delà du Port-du-Roi-Georges, n'olTril aux yeux de Baudin et de ses compagnons (|ue le spectacle d'une désolante aridité, jusqu'il la iiaiedu Géographe, où se montrent (|uel(]ues beaux arbres. En pénétrant à une certaine distance dans l'intérieur, les Français rencontrèrent quelcpies hordes san\ages peu différentes de celles qu'ils venaient de Aisiter. Une contrée plus fertile et plus animée se déploie à partir de la rivière des Cygnes, dans la Terre d'Edel.

La rivière des Cygnes fut découverte en 1696 par le navigateur hollandais Vlaming, (pii lui donna ce nom à cause de la multitude de cygnes noirs qui s'envolèrent à son approche, comme il en remouliiil le cours. Vhuning, du resle, ne poussa pas loin son exploration, et la terre d'Edel demeura inconnue pendant tout le wui" siècle. Handin l'ut le premier qui l'explora avec quehpie attention. A{)rès lui, r.Vnglais Sterling la visita en ISti", et ce tpi'il rapporta de la fertilité de son sol cl des a\autages

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