VOYAC.ES ET DÉCOUVERTES
divers (lu'cUc olfrait, drcida le gouvernement britannique à y fonder un établissement. Ajoutons que le résultat n'a pas tout à fait réalisé les espérances que l'on avait conçues, sur la foi des récits de Sterling. Le pays n'est pas partout également fertile; l'eau douce manque en beaucoup d'endroits, et il faut pénétrer au delà du premier rideau de montagnes pour trouver une végétation vraiment belle et un sol susceptible d'être cultivé avec profit. Aussi la ville de Freemantle, cpii fut fondée la première, en 1829, a-t-elle pris beaucoup moins de développement que celle de Pertli, bâtie plus récemment, et à quinze milles plus haut sur le cours de la rivière. Le plus grave inconvénient contre lequel les colons ont eu à lutter est le manque d'eau, surtout pendant l'été, qui commence à la fin d'octobre et dure quatre mois. La sécheresse qui règne alors est un véritable fléau pour les hommes aussi bien que pour les récoltes. 11 est vrai qu'on peut y parer, du moins dans une certaine mesure, en creusant des ]iuits; et c'est probablement ce que l'on a fait, si toutefois la colonie anglaise s'est étendue dans les campagnes, ce que nous ne saurions dire. Quoi qu'il en soil, les seuls endroits favorisés par la nalurc sont les vallées étroites qui avoisinenl des |)i(s de granit isolés, et les fonds bas où les eau.\ de la ri-
CAIMTAIM' l'.M'DlN. 59
vière, en débordant à la suite des [)luics de l'hiver, fécondent la terre et arrosent périodicjucnient d'excellents pâturages. On a trouvé aussi ({uelques étangs ou petits lacs d'eau douce à quarante et cinquante milles dans les terres; mais le liltoial offre partout le même aspect qu'à l'embouchure de la livière des Cygnes, à savoir : une grève sablonneuse rendue presque inabordable par plusieurs lignes de récifs de corail, un terrain stérile et absolument impropre à la culture Les animaux les plus communs sur cette côte sont les phoques et les cygnes noirs, mammifères et oiseaux aquatiques qui vivent exclusivement de poisson; et, dans l'intérieur, les kangourous, rongeurs qui vivent de feuilles et de racines; les perroquets, les corbeaux, et d'immenses troupeaux de moutons sauvages maigres et chétifs, qui tondent les pâturages et les arbrisseaux à leur portée, et meurent chaque année par centaines , fournissant ainsi aux corbeaux une abondante mais bien maigre nourriture.
Quant aux hommes, ils sont fort rares dans cette parlie de la Nouvelle-Hollande, bien ([u'elle ne leur présente pas, comme on en peut juixer par ce que nous venons de dire, moins de ressources que les autres, et que le climat n'y soit désagréable — sans insaluljrilé — f[ue [tendant les mois de janvier, fé\rier
<i(J VOVAC.KS ET UKCorM'IlTl'S.
et mars, où la chale\ir est très-intense, et les moustiques infiniment trop nombreux.
La baie des Chiens -Marins, qui se trouve plus au nord, doit son nom à la grande quantité de phoques qui habitent ses rivages. Elle fui visitée pour la première fois par Dampier. Elle est beaucoup plus abordable que les côtes précédentes, et offre même [)lusieurs excellents mouillages. A terre l'eau manque, et la végétation est maigre et chétive; mais la faune est nombreuse et variée : on y rencontre des phoques, des kangourous, des cygnes, des pélicans, des goélands, des aigles de mer, des perroquets, des perruches, des tourterelles, des hirondelles et de petits oiseaux très-sauvages dont le chant n'est pas sans mélodie.
Les îles de la baie des Chiens-Marins sont entièrement désertes. On ne trouve (pie dans la presqu'île Pérou (|ncl(|U('s nainrels très-sauvages et très-misérables, (pii n'oni i)(>ur abri tpie des huiles de Ijranchages ou même des terriers.
La terre de Wittest encore plus stérile et d'un aspect plus désolé qu'aucune des précédentes. Pérou et son collaborateur et continuateur Freycinct ne nous api)r('nneiil rien do remarquable de celle lei'tc ni de celle d'Aiidieini. Quanl aux ilclaiis (|ii'ils dul consignés relativement aux autres contrées \isilées
caimtaim; i!\i Di.N. (;i
|i;ii' rcxprdilidii Baiidin, ils ont peu d'importance ou ne nous paraissent point de nature à figurer ici, d'autant que ces contrées ont été, de la part d'aulies navigateurs, le sujet de relations beaucoup plus circonstanciées ou plus dramatiques , auxquelles nous aurons occasion de faire bientôt quelques emprunts.