VOYAGES ET UECOL VERTES
Le capitaine de Freycinet quitta Port-Louis \o 10 juillet, et se dirigea vers l'île Bourbon (aujourdlmi la Réunion). L'Uranie, contrariée par le vent, mit trois jours à franchir les trente-cinq lieues qui séparent cette île de l'île de France, et ne put mouiller que le 19 dans la rade de Saint-Denis. On ne passa que huit jours dans ce mouillage, et cinq jours à celui de Saint-Paul; après quoi l'Lranie, ayant renouvelé ses approvisionnements, remit à la voile le 2 aovit, et fit voile vers la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande, où l'appelaient ses instructions. Elle jeta l'ancre à l'entrée de la baie des Chiens-Marins, le 12 septembre au soir.
Les observations recueillies pendant le séjour de rUranic dans ces parages étant de tout point conformes à celles qui avaient été faites par le capitaine Baudin, nous croyons inutile de nous y arrêter, et nous franchissons tout de suite un intervalle de vingtsept jours, après lequel nous retrouvons rVranie à l'ancre en vue du fort Concordia , dans l'île de Timor, au fond de la baie de Coupang.
Les Hollandais établis à Coupang étaient en guerre avec le rajah d'Amanoubang. Ils avaient pour alliés d'autres rajahs de Timor ou des îles voisines, (jui a\ai(Mil ainciu' leurs contingents au camp établi près de Coupang. De ce nomlirc claicnl les rajahs de
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Denka cl île Dan, auxquels M. dr Freyciuof alla rendre visite dans la maison (ju'ils oecupaicnl avec quelques-uns de leurs officiers.
« Le rajah de Denka, qui se nommait Bao, dit M. deFreycinet, était velu d'une grande robe din dienne, et avait pour marque distinctive de sa dignité une canne de jonc à pomme d'or; il paraissait âgé de cinquante ans; il était bien fait, avait une physionomie douce et prévenante, et semblait doué d'une très-robuste constitution.
« Kotté, son fils aîné, était en costume de guerrier; il portait deux bracelets en cuivre, un gilet rouge, deux gros colliers en or, un sabre élégant et un fusil double, dont les canons se vissaient sur la culasse. Son second fils, Mano, qui était un de ses ministres, l'accompagnait aussi. Ce dernier, d'une physionomie spirituelle, réj)ondait avec précision aux diverses questions que nous lui faisions par l'organe de M. Thielmann (secrétaire du gouvernement, qui accompagnait le capitaine français); car le malais qu'on parle à Coupang ne lui était pas familier; nous obtenions ainsi une foule de renseignements intéressants.
« Bao, disait-on, était, dans sa jeunesse, d'un caractère violent, emporté, cruel; craignant (|iu' de pareils défauts ne lui lissent commettre des injus-