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NECONH VOYAGE DU CAPITAINE DUMONT D'URVILLE DANS L'OCFAN AUSTRAI
But du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, — Les glaces du pôle austral, — Découverte des terres Louis - Philippe et Joinville. — Les îles Gambier. — Efforts et succès des missionnaires catholiques. — Visite de l'évêque et du roi de Mangaverr à bord de l’Astrolabe. — Une messe en plein air sur la côte. — Une ancic ane connaissance. — Expédition contre Nakalassé, roi de Piva, — Visite du roi Tanoa. — L'anthropophagie aux îles Viti, — Une mauvaise année. — Retour
au pôle sud. — Découverte de l'Adélie et de la Côte Clarie. — La colonie anglaise. - Découverte de nouvelles terres. — Les missionnaires anglicans à Karora-Réka
Retour en France,
Les magnifiques résultats du premier voyage de Dumont d'Urville encouragèrent le gouvernement du roi Louis - Philippe à confier à cet éminent officier le commandement d’une nouvelle expédition, destinée à explorer de nouveau les vastes mers de l'hémisphère austral. et à pénétrer, autant qu'il serait possible, les mystères du pôle antarctique, vers lequel si peu de marins avaient osé Jusqu’alors s’aventurer.
Deux corvettes, l'Astrolabe et la Zélée, furent mises sous les
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ordres de l’illustre navigateur. Elles appareillèrent, vers la fin de l'été de 1837, dans le port de Toulon, qu’elles quittèrent le 7 septembre, La première était montée par Dumont d’Urville lui-même ; la seconde était commandée par le capitaine Jacquinot. Elles firent voile vers Rio-de Janeiro; puis, après avoir consacré un mois à des relevés hydrographiques dans le détroit de Magellan, elles repartirent, le 11 Janvier 1838, de la Terre des États, pour se diriger vers le sud-est, dans la direction où le capitaine anglais Weddel s'était engagé à deux re prises, en 1821 et en 1825, et avait atteint la plus haute Jatitude australe à laquelle aucun navigateur fût encore parvenu. À leur tour, les deux navires français s'avancèreat hardirent jusqu’au 65° degré de latitude sud : mais là ils se virent arrêtés par une immense muraille de g'ace qu'ils côtoyèrent en redescendant jusqu'aux Orcades Australes, où ils s’arrêtèrent pendant huit jours qui furent consacrés à de nouvelles oh: »rvations hydrographiques, Le 2 février, on remit le cap au sud. Le %, Dumont d'Urville retrouva la banquise (banc de glace), et, apercevant une clairière il y engagea les deux corveltes ; müis, au bout de quelques encablures, il se trouva emprisonné dans des blocs de glace qui se resserraient de plus en plus et que le froid menacçait de souder, 11 reconnut alors la nécessité de rétrograder; mais il fallut, sur une largeur de plus de deux mètres, briser la glace à coups de pioche, pour rouvrir aux téméraires explorateurs le caemin qui s'était fermé derrière eux. Après être sorti, à force de voiles et de cabestan, de cette impasse dangereuse, on continua de prolonger la banquise, de l’ouest à l'est, pendant un espace de trois cents milles, sans trouver d'issue,
Par 330 de longitude, on reconnut que cet impéné-
CAPITAINE DUMONT D'URVILLI
trable mur de glace inclinait au acvd, et l’on se décida à revenir vers l’ouest, On revit bientôt les îles Orcades, dont on compléta la géographie; puis on gouverna de nouveau dans la direction du sud à la recherche des terres mystérieuses vaguement indiquées par les pêcheurs de phoques, et désignées par eux sous les noms de Terre de Palmer et l'erre de la Trinité,
On arriva le 27 février, en naviguant toujours à travers les glaces, à la région intermédiaire qu'aucun œil humain n'avait contemplée; et, malgré la brume, le froid et le mauvais temps, on put en relever les contours sur une étendue d’environ vingt milles, entre 530 et 640 de longitude ouest et 58o et 620 de latitude sud. Quelques rochers noirâtres, mis à nu par la fonte des neiges et surmontés d'immenses couches de glace, dis-
tinguent seuls des glaçons gigantesques amoncelés autour
d'elles ces côtes inhospitalières, et l’on n'aperçoit pas la moindre trace de végétation. Dumont d’Urville donna à la
plus considérable le nom de Terre Louis-Philippe, et à 1: portion située plus à l’ouest, celui de Terre de Joinville : il appela Canal d'Orléans le détroit qui s ‘pare ces terres de la Trinité.
Cependant la saison s’avançait: le scorbut s'était déclaré parmi les équipages, et cette terrible maladie avait r ême attaqué plusieurs officiers. 11 fallut aller chercher sous une autre latitude une atmosphère moins rigoureuse et un repos indispensable, On fit voile vers la côte du Chili, et l’on n lâcha successivement à la Conception et à Valparaiso, Lors que l’état samtaire des équipages n'inspira plus enfin aucune inquiétude, l'expédition reprit la mer, ct, après avoir sie 6
l'île Juan-Fernandez, célèbre par le séjour de "” rtuné
mcm tétllatieaerente
Selkirk, dont nous avons parlé dans l'introduction de ce volume, ell2 s'arrêta aux îles Gambier, qui forment le groupe le plus criental de l'archipel de la Société,
« Les îles Gambier, dit M. Louis Reybaud dans un excellent article sur le voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, inséré
dans la Revue des Deux Mondes, en mars 1841, et qui nous a
surtout guidé dans la rédaction de cette notice, les îles Gambier sont le foyer d’une mission catholique, Cinq ans avant le passage | de l'expédition, les insulaires de Gambier étaient plongés dans
toutes les misères de l’état sauvage : la polygamie, le féti- | chisme, l'anthropophagie, y régnaient sans partage ; quelques | prêtres des missions de Paris ont fait disparaitre tout cela. Pendant six mois, ils se virent chaque jour à la veille d’être tués et dévorés; soutenus par la foi, ils attendirent. Ces mis-
sionnaires eux-n. mes racontèrent aux officiers de l'expédition
rar quels prodiges de patience ils étaient venus à bout d'éta blir leur empire sur les naturels. « Chez ces tribus, dirent-ils,
« ce n'est pas le fanatisme qui domine, c’est l'indifférence.