L’ASTROLABE, !4 MARS
L'inauguration se fit avec pon.pe, en présence d’une partie de l'équipage sous les armes, tandis qu’une salve de vingt et un coups de canon faisais retentir les échos de la baie. Aux premiers coups de canon, les insulaires, épouvantés, prirent d’abord la fuite. Voyant cependant que ces tonnerres n'avaient tué ni blessé personne, — l'attitude des blancs n'avait rien d'hostile, — ils se rassurèrent et se rapprochèi snt du rivage. Deux d’entre eux même vinrent à bord de la corvette, s’avancèrent vers le commandant et lui baisèrent humblement la main. Celui-ci les reçut avec bonté et les rassura, mais en leur recommandant de respecter la maison üu Dieu des Français, et en, leur annonçant que si elle était renversée, ceux-ci
en tireraient vengeance. Puis il les congédia avec quelques
présents; et les deux sauvages promirent de traiter en ennemi quiconque tenterait de dégrader la maison de l'Atoua des lancs.
Lorsque l'Astrolabe s'éloigna de Vanikoro, l’état sanitaire de l'équipage était déplo:able. Une quarantaine de matelots étaient atteints de la fièvre pernicieuse endémique dans cette contrée. Plusieurs succombèrent pendant le voyage, qui dura encore une année. /’As{rolabe, après avoir relâché à Guam (îles Mariannes), à Amboine, à Batavia, à l'île de France, à l'île Bourbon, au Cap et à Sainte-Hélène, et avoir exécnté sur sa roule plusieurs reconnaissances importantes, rentra dans le port de Marseille, le 25 mars 1829, Son absence avait duré trois ans, et l'expédition qu’elle venait d'accomplir devait compter parmi les plus ciorieuses des temps modernes. En outre des débris du naufrage de l2 Pérouse, qui sont déposés au musée de marine, elle rapportait d'immenses richesses en échantillons d'histoire naturelle, armes, costumes, ustensiles, etc., recueillis dans les nombreuses contrées qu’elle avait parcourues. Enfin les cartes et relevés, les dessins, et surtout la volumineuse et intéressanis relation de Dumont d’Urville, et les observations recueillies par les naturalistes, composent un de ces vastes et précieux ouvrages dont la
France peut s’enorgueillir comme d'un monun.ent national.
LA PÉnoU:E