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mouvements des blancs n’échappèrent pas aux naturels. Enlassés dans sept pirogues, ils se dirigèrent, en employant la pagaye seulement, de Southreef Island vers Interview Island. Les Anglais n’hésitèrent pas : ils cachèrent soigneusement leurs srmes, mais ils se dirigèrent du côté des sauvages. On avait fait provision de force bagatulles pour les leur offrir en cadeau ; et les mouchoirs des Européens s’agitaient en signe d'amitié, lorsque, malgré ces démonstrations, les Andamans prirent de plus en plus une attitude hostile; une grêle de flèches commença à pleuvoir sur les embarcations montées par les Anglais. Ceux-ci se virent alors contraints de faire usage de leurs armes; dans ce conflit regrettable, plusieurs sauvages furent tués ou blessés, et l’un des guerriers agresseurs tomba au pouvoir des Européens. Ce combat inégal devait être cependant funeste à quelques personnes de l'expédition : un des officiers anglais reçut une flèche, un matelot fuit blessé, et M. Maillitte fut atteint, durant l’engagement, d’une balle égarée qui lui causa une blessure assez sérieuse, mais ne l'empêcha pas de reprendre bientôt ses utiles fonctions.
Du reste, la lutte fut de courte urée; les Andamans se relirèreat, et les Anglais purent ‘ontinuer leur route. Après s’être assurés de leur prisonnier, ils retournèrent immédiatement à Calcutta.
« Les halatations des Andamans, dit M. Ferdinand Denis, dans un travail qui fait partie du jour du monde, sur les iles Andaman, d’après les indications de M. 0. Maillitte, appartiennent à la forme la plus rudimentaire. Quatre poteaux couverts d'un toit de feuilles de palmier ‘ont tous les frais
de ces constructions primitives, qui ne peuvent être accep-
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tées comme abri que sous ces doux climats. Ces huttes, en effet, sont ouvertes à tous les vents: elles sont ornées à l'intérieur, si l’on peut se Ser,ir d’un terme pareil, d'os de cochons, de carapaces de tortues, et de grands poissons liés en forme de grappes. On y cherche inutilement quelques indices de la prétendue anthropophagie des habitants. Toutes les perquisitions que l’on fit sur ce point furent heureusement inutiles, et nul ossement humain ne vint témoigner d’une coutume horrible, trop souvent reprochée aux noirs océaniens. »
Les Andamans appartiennent, en effet. à cette race noire que l'on désigne sous les noms divers de Papouas, d’Afourous, d'Andamènes, d’Actas ou de Negritos; ils sont même d’un noir très-foncé. Rarement leur taille excède cinq pieds; îls ont la tête large et enfoncée dans les épaules; leur chevelure est lanugineuse comme celle des noirs africains: chez un grand nombre d'individus le ventre est protubérant, et les nembres inférieurs sont grêles. Ils vont dans une nudité absolue, à moins qu'on ne veuille considérer comme une sorte de vête- "nent la couche d’ccre jaune ou d'argile dont ils se couvrent le corps, et qui a au moins l'avantage de les protéger contre la piqûre des insectes. Ils réservent l'ocre rouge que leur fournit leur terre pour en saupoudrer leur chevelure et pour en peindre leur visage, Selon les derniers calculs, la population totale des Andamans ne s’éléverait pas à plus de deux mille cinq cents individus.
€. L'exploration à main armée que l'on fit de quelques habitations d'Andamans répandues sur les rivages de la grande ile, donna sur ces peuples des renseignements ethno-
graphiques dont on était jusqu'à ce jour à peu près dépourvu.