‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 22 sur 77 · PR · texte numérisé non relu

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On acquit, par exemple, la certitude que leurs armes de guerre et de chasse étaient fabriquées avec une habileté rare. Les arcs des Andamans, qui cifrent la plus forte résistance, sont fait: d'une sorte de bois de fer, et affectent la forme la plus gracieuse ; les flèches, qu’ils décochent avec habileté, ont quatre pieds de longueur, et présentent trois variétés : fabriquées en bois très-dur, elles sont toutes armées de pointes très-fines ; il y en a de simples et de barbelées, et la plus compliquée de ces trois espèces présente une sorte de harpon à pointe mobile, dont on se sert sans doute à la pêche. Les pagayes, que les Andamans manient avec prestesse, sont courtes et marquées d’ocre rouge; la hache, avec laquelle ils creusent leurs embarcations, est un assez grossier instrument : elle consiste en une sorte de patte arrondie, fabriquée avec une pierre dure et tranchante, liée à un manche par une forte corde de fibres végétales.

« Les Andamans ne sont cependant pas un peuple agricole, c’est un peuple ichthyophage dans l'étendue du mot, comme le dit avec raison Adrien Balbi. Les mers qui baignent leurs iles sont heureusement abondantes en excellents poissons : les soles, les mulets, les huîtres forment leur principale ressource alimentaire. Mais parfois, durant les gros temps, le poisson vient à manquer, et alors ils s'arrangent sans dégoût des lézards, des rats et des souris qui pullulent dans leurs bois, Un peu plus d'industrie leur ferait trouver, dit-on, dans leurs forêts une nourriture végétale abondante.

« … Un grand mystère de la science ethnographique se lie pour nous à l'existence de cette race océanienne, qui, en conservant tous les caractères de la race africaine, se fait voir

aux portes de l'Inde et se propage, en se modifiant, à Bornéo,

à Madagascar, aux Philippines, à la Nouvelle-Guinée, et dans tant d'autres îles du grand Océan que les géographes nommeront sans hésiter, Presque partout vaincue, cette race déshéritée, jadis nombreuse plutôt qu’elle ne fut puissante, s'allie insensiblement à la race victorieuse, et donne naissance à des métis que la science de l'anthropologie ne sait encore comment caractériser.

« Ces noirs asiatiques, ces Papouas, si on l'aime mieux, au nombre des plus laids des hommes, mais parfois aussi des chasseurs les plus industrieux, sont aujourd’hui les Pourvoyeurs du monde élégant de Paris et de Londres, pour un genre de parure que nos dames reprennent toujours à d'assez courts intervalles: ce sont eux qui envoient à nos magasins de plumes ces merveilleux oiseaux de paradis, dont la variété étonne autant que la vivacité de leurs couleurs charme les yeux. Ce fut surtout en 1823, lorsque la corvette la Coquille aborda à la Nouvelle - Guinée, que les noirs habitants de ces régions comprirent quels trésors recélaient, pour les blancs qui les visitaient, leurs forêts séculaires. Des milliers d'oiseaux de paradis tombèrent sous leurs coups pour être offerts aux étrangers, qui, pour unique récompense, leur donnèrent sans regrets, on le suppose, les plaques de fer-blanc dont se composaient leurs boîtes d’histoire naturelle, et même certains objets d’un usage encore plus vulgaire. Nous n'avons jamais pu oublier avec quelle bonhomie le savant et spirituel Lesson nous racontait combien il se trouva heureux le jour où ii imagina de tenter lavidité des Papouas, en leur prodiguant cette monnaie peu coûteuse, Malheureusement les malelots et les mousses de {a

Coquille surprirent ce secret économique, et sarent aussi se

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