‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 31 sur 77 · BL · texte numérisé non relu

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voulait atteindre vers le nord, et il se dirigea par le détroit de Lancastre vers celui du Prince-Régent, A la fin de septembre, la machine à vapeur n'ayant pas cessé d’être une source d'ennuis et de travaux fatigants, il fut décidé qu'on allégerait le navire des portions les plus lourdes et les moins coûteuses de cette machine, en les transportant à terre, dès que le navire serait renfermé dans les glaces.

Ce moment ne tarda pas à arriver,

Le 8 octobre, on ne vit plus une seule goutte d’eau libre, et, à l'exception de la pointe d’un rocher qui s’avançait çà et là, on n’apercevait plus à l'horizon, du côté de la terre, qu'une étendue de neige sans fin. « C'était, dit Ross, une perspective vraiment terrible, une vue d'uniformité, de silence et de mort. Nous nous abandonnions à cet espoir aveugle qui soutient l'homme, même à l'approche d'un mal inévitable, à cet espoir qu'il conserve encore. alors que son navire se brise sur les écueils et que la lumière disparait à ses yeux mourants.

€ Mais le fait accompli ne permettait plus d'illusion, et ce fut alors que les longs et tristes soucis d’une détention invincible se déployèrent dans ma pensée, La porte de notre prison se fermait pour la première fois. La nature même ne pouvait, pendant bien des mois, ni nous délivrer, ni nous aider, et nous ne songeñmes pas sans tristesse à cette captivité sans secours, et dont nul ne pouvait prévoir les suites.

€ Alors nos réflexions se reportaient sur notre machine à Vapeur, Nous nous demandions si nous n'aurions pas pu, sans Îles retards qu'elle nous avait occasionnés, arriver six semaines plus tôt au point où nous nous trouvions, éteiidre

nos déconvertus

Fsqu'à celles qui avaient été faites à l'ouest,

compléter le plan des côtes de l'Amérique, et fou ‘le passage au nord-oucst dans une seuie saison.

« Cependant ces pénibles idées étaient tempérées par d’autres plus satisfaisantes. Chacun, en tenant compte des circonstances, paraissait content des progrès qu'avait faits l'expédition. Combien de fois n’avions-nous pas désespéré de pouvoir atteindre dans cette première année même Port-Bowen! et la carte nous montrait que nous étions à deux cents milles au | delà de ce havre, tout en ayant pénétré jusqu’à l'endroit où la Fury avait fait naufrage, et en profitant des approvisionnements qui y avaient été laissés. »

L'expédition passa l'hiver dans un port que la carte nomme Felix- Harbour. On fit au navire une toiture au moyen d’un prélart, dont les côtés descendaient assez bas pour couvrir ses flancs. On le fortifia le mieux possible; on étendit sur le tillac une épaisse couche de neige qui, foulée aux pieds, forma un glacis qu'on couvrit ensuite de sable, ce qui lui donna l'air d’une allée de jardin, et la digue de neige qui

4 entourait le navire s’élevant jusqu'à sou plat-bord, et joignant ainsi la toile qui lenveloppait, l'équipage se trouva à l'abri du vent.

L’hivernement commencs ainsi. La relation du capitaine Ross fournit quelques détails nouveaux sur la manière dont on peut passer l’hiver au milieu des glaces de la mer Po laire.

Le déjeuner de l'expédition consistait en cacao ou en thé, On dinait à midi. Quand le temps le permettait, les hommes travaillaient hors du vaisseau jusqu'à trois à quatre heures, avec la permission laissée, bien entendu, à chacun de se faire,

sur les agréments de cette promenade, toutes les illusions qui

taient leurs meilleurs habits. À dix heures, ils étaient passés

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