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216 VOYAGES ET DÉCOUVERTES (af 14 pourraient lui convenir. A cinq heures, ils prenaient le thé, | i . : à : :
| après quoi ils se rendaient « une école du soir qui commen- 4] | F çait à six heures, et se terminait à neuf. On tendait alors les 4 Jl , FR | hamacs, et l'on se couchait à dix heures.
H . Q .. . Q Î! Le dimanche, nul travail n'était permis. Les hommes met- | 11 | |
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en revue; après quoi venaient les Prières et un sermon pro-
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| noncé, sinon composé, par le capitaine. Pour les occuper le | reste du jour, on avait une collection de petits traités reli- 4! gieux. À six heures, se tenait l'école du dimanche. Les hommes | 1H AA : RON | dd ! y lisaient quelques pages de la Bible, et finissaien: par ,es |
leçons et les PSaumes indiqués dans la liturgie, € Je ne puis douter, dit le Capitaine, du ‘bon effet de ce
Système d'instruction et de devoirs religieux. Nos hommes
semblaient véritablement sentir qu’ils composaient une même famille, »
Le 17 novembre, au sein de cette vie polaire, le soleil se montra d’une manière fort singulière, et produisit, suivant Ross, un effet si extraordinaire, si incroyable, qu'aucun pinceau n’aurait pu le rendre. Son centre était obscurci par un nuage, et sa circonférence entourée d’une ceinture, sous laquelle il dardait ses rayons, de façon qu'il ressemblait parfaitement à l'étoile de l'ordre du Bain.
A cet effet solaire vint s'ajouter, le 21 du même mois, une aurore boréale, Elle apparut dans la soirée: sa splendeur augmenta jusqu'à minuit, et elle ne finit que dans la malinée suivante. Elle formait un are brillant, dont les deux extrémités semblaient reposer sur deux montagnes en face l'une de l'autre Elle avait la couleur et l'éclat de la pleine
lune; un ciel sombre et blenître en formait l'arrière - plan.
Comme ces feux artificiels dont on embellit nos fêtes, elle varia pour devenir plrs éclatante et plus remarquable encore. Tandis que la mas: la densité de la matière lumineuse suffisait pour frapyer d’ouscurité la constellation du Taureau, elle continuait à faire jaillir des gerbes de rayons formant des pointes angulaires, comme on en vois dans les étoiles ‘ibriquées par des joailliers, et qui, par leurs réverbérations, illuminaient tout sur la terre. Deux brillantes nebulæ, de matière semblable, se montrèrent ensuite, sous l'arc, émettant les mêmes rayons, et formant un contraste encore plus frappant avec le ciel sombre pr:s de l'horizon. Vers une heure du matin, l’arc commença à se briser en fragments et en nebulæ; les réverbérations devinrent plus fréquentes et irrégulières, et à quatre heures tout s’évanouiti subitement.
A la fin de novembre, le soleil disparut pour le reste de l'hiver.
Au commencement de l’année suivante, un des marins, étant allé à terre, informa le capitaine que, du haut d’un glaçon pris pour observatoire, il avait vu des hommes. Ross ne tarda pas, en effet, à apercevoir quatre Esquimaux, près d'une petite montagne de glace. À sa vue, ils se retirèrent derrière la montagne; mais comme il continua d'avancer, un assez grand nombre se montra tout à coup. On s’aborda, et la cordialité s'ensuivit,
Ces Esquimaux étaient au nombre de trente et un. Ils venaient du sud; 1ls avaient édifié leurs huttes à quelque distance vers le nord, et avaient aperçu le vaisseau la verile, Ils portaient sur des traineaux un vieillard ct deux d’entre eux
qui étaient boiteux.
Ils étaient tous enveloppés dans une quantité de vêtements, principalement en peaux de rennes ; chaussés de deux paires de bottes, et quelques-uns d'une paire de souliers en sus : Ce qui, avec leur capuchon, leur donnait en hauteur et en épaisseur des dimensions très-supérieures à la réalité. Cerlains portaient sur leurs habits des franges faites avec des nerfs ou avec de petits os attachés ensemble, Des peaux de gloutons, d’hermines et de veaux marins gris semblaient aussi leur servir d'ornement.
Comme celles des autres tribus, leurs figures respiraient la santé et la bonne humeur. Leur peau n'était pas aussi cuivrée que celle des autres Esquimaux du Nord. Ils étaient plus propres, et, chose remarquable, leurs cheveux étaient coupés courts et arrangés avec qu lque soin. [ls ne firent aucune difficulté de se rendre aux navires. Les gravures jointes aux relations des voyages précédents, et qui représentaient des Esquimaux, leur firent le plus grand plaisir, Les miroirs produisirent sur eux leur effet ordinaire, et leur surprise fut au comble quand ils se virent dans ja grande glace du navire. Nos mets européens n’eurent pas le même succès. L'un d’eux. auquel on offrit un morceau de viande, la mangea, et poussa le savoir-vivre jusqu'à dire que cela était fort bon; mais, à force de questicns, le commandant Ross lui fit avouer qu'il n'avait pas dit ce qu'il pensait, et ses compagnons, en ayant reçu la permission, s’empressèrent de jeter les morceaux qui leur avaient été donnés. On offrit ensuite de l'huile au même homme. Il la but avec un air de satisfaction, et la trouva excellente,
Une lutte à la course ayant été engagée entre l’un de ces
enfants du Nord et un marin de l'expédition, il y eut entre les