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dait 890, ce qui était effectivement une approximation de distance plus voisine de la vérité que toutes celles qui avaient été obtenues avant lui.
Le 27 mai, il partit donc plein d’espoir ; et le 1er juin, à huit heures du matin, il avait atteint, sur la côte sud-ouest de la Boothia-Felix, un emplacement où il faisait les expériences suivantes.
L'in linaison indiquée par l'aiguille était à une seule minute de la position verticale. Les aiguilles horizontales se montraient complétement immobiles. Suspendues de la manière la plus délicate possible, il n’y en avait pas une seule qui fit le moindre effort pour se mouvoir et changer de position.
Ces phénomènes indiquaient que le centre d’attractic * était à une très-faible distance horizontale, sinon immédiatement au-dessous. L'observateur était donc sur le pôle magnétique.
« Je crois, dit le commandant, que je dois laisser aux lecteurs le soin de se figurer les transports que nous éprouvâmes alors. Périls, fatigues passés ou futurs, tout fut oublié. Il nous sembla que nous n'avions plus qu’à retourner dans notre patrie, pour y être heureux le reste de nos jours. »
La prise de possession et du terrain envirounant, au nom de la Grande-Bretagne et de Sa Majesté Guillaume IV, n’en fut pas moins solennelle, Ross y planta le pavillon britannique, et, rassemblant quelques pierres à chaux qui couvraient le rivage, il y éleva un monticule, faible monument destiné à disparaître bientôt, sans doute, sous les assauts du temps et sous les pieds des Esquimaux.
Le second hivernement durait depuis deux mois, et pen-
dun magumsrmaminsans enttaone
dant tout ce temps les voyageurs avaient eu sous les yeux, comme dans l'hiver précédent, qu'une succession. d'énormes rochers de glace qui, s'ils se mettaient à flot, étaient perpétuellement remplacés par d'autres; « car, dit Ross, l’entrepôt qui les fournissait était inépuisable, »
Ainsi s'étaient passés la fin de 1830 et sept à huit mois de 1831.
Ce ne fut qu'au mois d'avril 1832 que les Anglais purent songer de nouveau à sortir de leur captivité,
Ils entreprirent done de meltre ce projet à exécution. et alors commencèrent pour eux des fatigues qu'il faut renoncer à décrire,
Barques, provisions, traîneaux, attirails de toute espèce, il fallut tout transporter, traîner, échelonner à des sfations successives ; et par quelles voies! à travers quels obstacles! “ous quelle température! Le lecteur connait le milieu qu'ils avaient à vaincre, Les retours forcés étaient multipliés à ce point, que vers la fin de ce ième mois d'avril, pour ne citer que ce dernier résultat, les voyageurs avaient parcouru un espace de cent dix milles, et n'avaient avancé que de dix-huit : lorce était de revenir sans cesse au vaisseau,
Le dernier départ n’eut lieu que le 28 mai.
« Nous bûmes, dit Ross, un dernier verre de grog, pour prendre congé de notre pauvre vaisseau, C'était le premier que j'eusse jamais été forcé d'abandonner, après avoir servi, pendant quarante-deux ans. à bord de trente-six bâtiments divers, J'éprouvais la sensation qu'on éprouve à se séparer d'un ancien ami, et je ne tournai pas la pointe où il cessa d'être visible sans m'arrêter pour prendre une esquisse de
ce désert, où je le quittais solitaire. abandonné dans ces
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glaces dont il nous avait si longtemps préservés, et où il devait rester jusqu’à ce que le temps eût produit sur lui son effet inévitable. »
A la fin du mois de mai, seize milles les séparaient encore du havre d’Élisabeth. »
A cette époque avancée de la saison, l’état de la gl: 2e leur l
démontrait du moins qu’ils n'avaient pas mis trop de pré-
cipitation à abandonuer le vaisseau.
La mer, aussi loin que la vue pouvait s’étendre en tout sens, n'était qu'une masse solide d'énormes pièces de glace soudées ensemble. Tout était rocher.
Enfin ils peuvent atteindre la pointe de la Fury. Ils s’y établissent le 4er juillet.
Ross et ses compagnons sont-ils enfin dans la voie du salut ? Le mois d'août, revenant pour la troisième fois, semble les bercer de cet espoir. Les glaces se sont inopinément séparées; un espace d’eau navigable se montre; ils se remettent ; à l’œuvre; peut-être ils pourront gagner la baie de Baffin avant le départ des bâtiments baleiniers. Nouvelle décep-
k tion ! les glaces trompent à ce point leur attente, qu'après leur avoir donné une succession continuelle d'esperances et de : désappointements, elles les forcent à rewurner à la pointe k
; de la Fury pour y passer un quatrième hiver. Celui-ci ne se termina qu’en juillet. È
E Ils purent cependant quitter une seconde fois la pointe de la Fury. Le cap septentrional de la baie de Batty est doublé, la baie d'Edwin traversée.
Cette terrible mer Polaire semble vouloir cette fois lâcher sa proie. Le canal d’eau libre a augmenté de largeur... Ils
avancent, et, après avoir dépassé leur ancienne position près
du cap nord-est de l'A mérique, ils se voient à la pointe orientale du détroit,
€ C'était, dit la relation, c'était pour nous comme un miracle de voir tout à Coup convertie en eau navigable cette glace qui avait couvert tout le détroit, et dont la solidité semblait éternelle, A peine pouvions-nous le croire, et celui qui S'assoupissait avait besoin, en s'éveillant, de quelques inslants, pour se convaincre que sa barque s'élevait sur des vagues, »
Le 25 août, à quatre heures du matin, tandis qu'ils dormaient tous, l’homme qui étoit en vigie crut apercevoir une voile en mer. C'était. en effet, un navire, et de plus, un autre se montrait au nord : celui-là a mis en panne... Sans doute il les a vus. Mais non! il déploie sa, voilure et s'éloigne avec rapidité,
& Nous n'avions pas encore passé un moment aussi cruel, dit le capitaine, Nous voir entre deux navires, et songer que probablement nous ne Pourrions atteindre ni l’un mi l'autre, c'était là un supplice d'un genre nouveau.
« Je soutenais le courage de mes gens, en les assurant de temps en temps que nous approchions de l’un des navires ; assertion un peu hardie, mais que tout à coup un calme providentiel changea en réalité. Nos progrès sont manifestes : le navire nous a aperçus, et une barque s’en détache pour se
diriger vers les nôtres. »
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Elle a bientôt joint celle où se trouve le capitaine,
€ Vous avez sans doute perdu votre bâtiment ? lui dit en l'abordant l'officier du vaisseau.
— Oui, répond Ross, et nous Vous prions de nous recevoir
à votre borc. Quel est le nom de votre navire ?
— L'Isabelle, répliqua l'officier, autrefois commandée par le capitaine Ross.
- Je suis moi-même !e capitaine Ross, répond ce dernier, et ces hommes « :i m'accompagnent formaie 1t l’équipage de la Victoire,
— Le capitaine Ross? répondit le marin; mais il y a deux ans quil est mort... »
Herreusement il était facile à celui-ci de lui prouver le contraire.
Peu de temps après, l'équipage de l’Isabelle, réuni en une minute sur le pont, saluait Ross et ses compagnons de ses acclamations enthousiastes, et l’iutrépide explorateur des ré gions arctiques montait à bord de son ancien vaisseau, où le capitaine Humphreys, qui le commandait, lui faisait un accuei] des plus fraternels.
« La seule charité nous l'aurait accordé, a. illustre voyageur. [Il était impossible de voir une réunion d'êtres humains d'un aspect plus misérable, Nos barbes n'avaient pas été faites depuis je ne sais combien de temps; nos vêtements n'étaient que de sales fragments de peaux d'animaux sauvages: notre maigreur, notre pâleur, nous rendaient semblables à des spectres. Nous formions un tel contraste avec les hommes qui nous entouraient, qe nous sentimes tous, pour ia première fois peut-être, ce que nous étions réellement , et ce qu: nous devions paraître aux autres.
& Mais le côté plaisant de notre situation wous fit bientôt
oublier tout le reste, la joie qui nous transportaf nous dispo-
sant d'ailleurs à nous amuser du spectacle que nous donnions à aos hôtes. Chacun de nous se levait, s'habillait, se rasait et
mangeul en mène temps: et tout ce qui était nécessaire à ces
différentes opérations se mélant dans une inexprimable confusion, il en résultait la scène la plus grotesque. Les questions étaient interminables de part et d'autre, On nous interrogeait avidement sur nos aventures, sur nos fatigues, sur nos souffrances, et nous n’étions pas moins empressés de notre côté à demander des nouvelles d'Angleterre, dont nous étions privés depuis quatre ans. L'ordre pourtant s'établit, On prit soin des malades, on assigna à chacun de nous sa place, en l’entourant de toutes les attentions que la bienveillance peut imaginer. La nuit amena enfin le repos et des pensées sérieuses ; j'aime à croire que pas un de nous n’oublia de rendre des actions de grâces à cette providence divine qui, nous ramenant des bords d’une tombe entr'ouverte, venait de nous rendre à nos #nis et au monde. »
Le 19 octobre, le capitaine Ross recevait à Londres les félicitations de ses amis et des sociétés savantes. Tous ceux qui avaient pris pari à cette merveilleuse expédition furent récompensés, bien que le gouvernement ne l’eût pas patronnée. Le neveu de Ross fut nommé capitaine ue vaisseau, et lui-même élevé au grade de contre-amiral, avec une indemnité de cinq mille livres sterling.
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dent du cap Turnagain, et de suivre, pour y arriver, le cours