‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 61 sur 77 · TN SI · texte numérisé non relu

TN SI

mem,

COMMANDANT MAG-CLEURI 161 naufrage à ! i nous coupions nos amarres ; OU Un écr4a sement ,'e si nous gardions notre position. J'eus alors re ‘uirs source extrème que j'avais déjà employée dans le détroi u ace-de-Galles. J'envovai, à travers milic périls,

notre maîtr canonnier enfoncer un énorme pélard dans le flanc de à glace qui nous faisait obstacle. L'explosion n'y produisit que de légères fissures, que la pression exercée par les masses voisines rendait à peine visibles. Cependant nous n'étions plus qu'à quelques pas de l'écueil, et l'équipage, monté sur le pont, attendait dans une solennelle anxiété l'issue de cette crise, qui semblait ne pouvoir que nou être fatale. Quoique l'investigateur abordât la glace directement de son avant, et que la pression eût lieu dans le sens de la plus grande force de sa membrure, la secousse fut si violente, que les mâlts, ébranlés jusque dans leur base, les sifflements des cordages el les profonds gémissements de toute la charpente du navire nous annoncèrent clairement que la lutte ne pouvait se prolonger longtemps encore. En ce moment même le câbiechaîne, qui nous attachait à notre glaçon, cassa tout à coup, et plusieurs ancres chassèrent

«Il ne nous restait plus qu'à faire lâcher toutes les amarres, et, en donnant cet ordre, je pensais qu'en peu de minutes nous serions jetés à la côte. Mais, comme la plage était doucement inclinée, j'espérais que nous pourrions y {-ouver un asile pendant l'hiver, tandis que notre destruction serait Complète si le vaisseau était écrasé entre les glaces flottantes.

« Cependant, avant que mon commandement pût être exécuté. la miséricorde divine intervint, Le champ de glace, fendu par la mine, se partagea sous notre proue en trois fragments,

qui disparurent dans l'Océan, L'Investigateur, qui donnait une

302 VOYAGES ET DÉCOLVERTES

bande effrayante à tribord, se relkcva peu à peu et flotta de nouveau, sans autre avarie que la perte d’une pa’tie de sa doublure en cuivre, qui avait été roulée comme uae feuille de papier.

« Après cette rude épreuve, nous fûmes derechef soudés dans la glace immobile, à peu près à mi-chemin entre le cap du Prince-Alfred et le cap Austin. La position était loin d’être bonne: mais nous étions en septembre, et la température était redescendue à 9% au-dessous du point de congélation. Tout annonçait qu’il fallait se préparer à subir un hivernage, même en pleine côte, Je crus devoir profiter de la sécurité relative dont nous jouissions pour faire faire à l’‘quipage quelques excursions dans l'intérieur des terres, où l’on rencon:ra de belles vallées encore verdoyantes et des traces nombreuses de toutes les variétés d'animaux propres à ces régions. Sur plusieurs points, des vestiges de campements d'Esquimaux anuonçaient aussi qu'à une autre époque l'ile Baring avait été habitée. C’est dans une de ces explorations, qu’à environ cinq cents pieds au-dessus du niveau de la mer, nous avons découvert une rangée de collines composées l'amas de bois à tous les états, depuis la pétrification jusqu'au cnoeau infiumimable, et un bivalve grand comme une huître, mais plutôt de la forme d’une coquille, un parfait fossile. Je regarde cela comme une nouvelle preuve, s'il en fallait encore, du déluge aniversel: car assurément ces bois et ces coquilles n’appartiennent point à ces régions, dont le plus grand végétal est un saule nain rampant, de la grosseur d’un tuyau de pipe, et qui sert de nourriture aux rennes

«… Le {0 septembre, à la suite d’une pluie abondante, qui

ramena subitement la température au-dessus de zéro, la glace

Page 1