‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 21 sur 78 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

[l est aisé de juger sur tout ce qu'on vient de dire de celte rivière des Outaouais, qu’elle doit être considérable, et qu'elle forme un lac de l'étendue de celui des deux montagues. On ajoutera que ses eaux parvenues au dit lac s’y partageuten plusieurs branches, Qu'une partie forine le chenal noinmé la rivière des prairies, qui sépare l'ile Jésus d'avec celle de Montréal, qu’une

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autre, après avoir divisé les mille asl#s, réunit ses eaux en dessous, et produit la rivière Jésus d’entre l’isle de ce nom et la grande terre au nord, et que ces deux rivières, après s'être jointes à la pointe de la dite isle, vont se confondre sous le nom de celle des Prairies, dans le fleuve St. Laurent.

Une autre partie de cette grande rivière forme tous les chenaux d’entre les iles dont on a fait mention dans la journée précédente, et un passage considérable d’entre celle à Péraut et la terre de l’isle de Montréal, et ses eaux, parvenues devant le débouché de la rivière de Cataraquoui et y confondues avec celles de ce nom, formant ensemble les deux passages du Sault St. Louis, et étant réunies au dessous de lisle St. Paul, donnent lieu au fleuve St. Laurent.

Je conclus de là qu’une des deux rivières a autant de part que l’autre à la formation du dit fleuve, et qu'étant connues et distinguées toutes deux dans le pays sous des noms différents, le fleuve qu’elles forment devrait conserver l’un des deux, et qu’en prenant celui de St. Laurent qui leur est étranger, ce ne devrait être qu’à leur point de réunion ; mal à propos, les géographes qualifient du nom de re fleuve tonte la rivière de

Catarakouy. A mon avis.il ne peut prendre son origine,

qu'à l'endroit dont on vient de faire mention.

Na—La rivière de Catarakouy est formée de la décharge des eaux du lac Ontario, qui reçoit celles du lac Erié. Dans celui cy se deverse le lac Huron, et dans ce dernier, celui de Michigan. Partout, la dite rivière reçoit proprement toutes les eaux des lacs des pays d'en haut ; c'est la routte la plus fréquentée pour aller aux postes de Niagara, du détroit, et dans tous les autres, répandus chez les différentes nations.

Je serais assez d'avis que tous les officiers de cette colonie, eu égard aux voyages auxquels ils sont destinés, tant pour se rendre aux postes et forts établis et connus, que dans d’autres à former à mesure que l’on fera des nouvelles découvertes, fussent instruits de l’usage de la boussole, pour qu’à leur retour, ils pussent désigner sous les airs de vent qu'ils auraient courus, læ scituation des endroits qu'ils auraient fréquentés et ceux qu’ils jugeront propres à des établissements ; et aussi,

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v’ils fussent un peu instruits des principes de la fortication, pour savoir distinguer une face d’avec un flanc, le flanc d'avec la courtine et les différents talus ; etenfin qu’ils fussent bien au fait de la construction usitée pour les forts, et former en pieux, c. à d. de la manière dont il faudrait que ces pieux fussent plantés et agencés our les établir solidement, et suivant un plan où toutes es parties se flanqueraient réciproquement.

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