‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 51 sur 78 · PU UT · texte numérisé non relu

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rampe encore par trop roide; entrés ensuitte dans un bois. à sa sortie traversés une petite plaine et au delà suivis le chemin qui conduit à la ditte ville des Trois Rivières ; il n’était guères qu'onze heures quand nous y arrivâmes,

Après les accueils d’une réception des plus gracieuses de la part de Mde de Rigaud, quoiqu’elle fût au lit dangereusement malade, et que son mary fût absent, on servit un diner des plus amples, en gras et ep maigre. Pendant qu'on était à table, Mr. l’Intendant passa en dehors de l'enceinte de la ville sans s'arrêter ; on le salua de plusieurs coups de canon, suivant l’usage ordinaire. Après le diner, l’on passa dans la chambre de la malade, où chauffé, fait la conversation, et pris du caffé.

L'on est sorti pour monter en voiture ; il était environ deux heures après midy, traversé une partie de la ville. A sa sortie descendu dans le fleuve, remonté sa rive gauche à la distance de 100 à 120 toises des terres jusqu'à la punte du lac St. Pierre.

De la ditte pointe fait la traversée du dit lac jusque vis-à-vis l’église d'Omachis, en laissant à droite toute la seigneurie de Tonnancour, et le débouché qui fait tourner le moulin de ce nom.

Arrivés chez Sr Capitaine de la côte, Mr. l’Intendant y prit son logement. Mr. de Lanaudière et moi fûmes demander le nôtre chez le curé, d'où rendus chez Mr. Bigot, l’on y joua, soupa à l'ordinaire, et l’on se retira de bonne heure.

RÉCAPITULATION DES DISTANCES D'UN ENDROIT A L'AUTRE

Lieues De Ste. Anne à Batiscan.................. PORN AS De Batiscan à Champlain . 4, 4 De Champlain au Cap de Magdelaine … ... .. 5 Dn dit Cap aux Trois Rivières... 1

Des Trois Rivières à la pointe du lac St, Pierre... 3 De la dite Pointe à l'Eglise d'Omachis..….........… 4

Ensemble... 16

a préghe-nusre den re

Na.—Les chemins sont assez bons de Ste, Anne jusqu’au cap de la Magdelaine, mais on ne suit pas exactement en hivert ceux que l’on pratique en été.

L'on observe seulement, qu’en toute autre saison que l’hivert, l’on ne remonte pas si avant la rivière St. Maurice, et qu'on la traverse en canots en dessus des iles situées à son débouché dans le fleuve.

Le curé d'Omachis est un bon prêtre, charitable, et donnant jusqu’à son nécessaire aux pauvres ; ce jourlà qui était un dimanche, il nous dit La messe à bonne heure, Mde. Daine y quêta et fit 21 livres. A la sortie de l’église, l’on fit se chauffer et LA pps à l'ordinaire, après quoy l’on monta en carrioles entre 9 à 10 heures du matin ; entrés tout de suite dans le lac, fait sa traversée très au large, en laissant les paroisses du loup, de Maskinongé et le débouché des rivières de ces noms sur la droitte, rejoint la rive du nord du fleuve vis-à-vis l’isle à l'aigle, cotoyés les terres jusqu’à l’ile au Castor ; là, fait la traversée pour se rendre dans le chenal d’entre cette isle et celle à Dupas, mis à terre chez Luneau. Mr. de Barques, Mr. linteudant y logea ; quelques uns de nous se gitèrent chez le sieur de la Fayet, capitaine des côtes, et les autres se répandirent dans les maisons circonvoisines. On estime cette traversée d'Omachis à l’isle au Castor 7 livues. :

Il n’était guères que 3 heures après midy quand nous arrivâmes. L'on songeait à manger un morceau et à jouer en alteñdant le souper, lorsque contre toute attente le général parut; il venait de Montréal, était accompagné de sou capitaine des gardes, de Mr. Marin Péan et Mercier, de deux gardes et d’autant de domestiques : surprises agréables, parties de jeu suspendues, forces compliments, et proposinuliles pendant un gros quart d'heure. Mde. Marin, pour lors incommodée d’une migraine, reposait sur un lit. On se figura pendant quelques instants qu'une visite aussi inattendue cal-

merait son incommodité, au moins c'était le sentiment de ses compagnes, mais inutilement, elle ne fit qu’augmenter, néanmoins sans qu’en s’en alarma, d'autant que ces sortes de maux n’entraînent jamais de fâcheuses suites.

Les compliments finis, on se mit à jouer, ensuitte à souper, et l’on se sépara entre 9 et 40 heures.

Après le déjeuner ordinaire, et les chevaux attelés aux carrioles, l'on s’y embarqua pour aller coucher à Ja pointe aux trembles de l’isle de Montréal.

Fait la traversée par terre de l’isle au Castor; on l'estime large d’un grand + de lieue. Descendus dans le chenal d’entre cette isle et la grande terre du nord, cotoyés cette dernière sur la glace.

Laissés à droite les seigneuries de ia Rouaye, d’Autray et de la Valtrie, et à gauche, l’île Randan, appartenant à la Seigneurie de Berthier, l’isle à Boucher et de l’Angleserie, les islets de la Valtrie et parvenus entre onze heures et midi à St. Sulpice, chez le capitaine de la côte. Sa maison est assez proche de l'Eglise. J'étais seul dans cette traversée, d'autant que le général m'avait enlevé la malade. J’allais doucement, me laissant de moments à autre dépasser par les plus pressés, en considérant qu’il y avait de la fantaisie à fatiguer bêtes et gens inutilement. Cependant, j'étais bien attelé et mes chevaux n’en pouvaient voir Courir d’autres sans prendre de l’ardeur. On les contint assez longtemps, mais une carriole ayant voulu gagner la terre pour quelques besoins, ils la suivirent en courant ; mon chartier descendit de son siège pour les ramener, mais il reçut un coup de pied de celui de devant qui lui etuporta toute la peau du sourcil et d’une partie du front. Heureusement que le coup né fit qu’effleurer, sans quoi c'était un homme tué; le sang se mit à coulér abondamment et les chevaux allaient toujours. Je sortis de la carriole, d'autant qu'ils dirigeaient leurs pas vers les parties du fleuve qui n'étaient pas gelées ;

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néanmoins, à force de crier, ilss’arrêtèrent. Il faisait un grand froid, du vent et il tombait de la neige, et nous étions les derniers. Après avoir joint la voiture et pansé le conducteur avec un mouchoir, on détela le cheval le plus vigoureux pour le mettre dans les menoires, et nous nous remimes en route dans la confiance que l’autre cheval suivrait, maïs il se rendit à terre, où il fut saisi par le premier habitant.

Na.—Les carrioles attelécs d’un cheval se conduisent à l'instar de nos calèches en France, mais quand on y en met deux, le second se trouve en avant de l’autre, contenu entre deux traits seulement, de manière qu'il marche suivant sa fantaisie, qu'on ne le ramène au chemin qu’il faut tenir que suivant le mouvement du cheval qui le suit. Cette façon est au rebours de celle d'Europe, où les chevaux de devant dirigent la marche de ceux de derrière. Après avoir déjeuné, reposé et pris des chevaux frais, on remonte en carrioles. Suivis toujours la rive du nord du fleuve, passés devant l'Eglise de Repentigny. Vus les isles de ce nom sur la gauche, traversés au delà de la rivière des prairies, et arrivés en suivant les terres de l’isle de Montréal à la pointe aux Trembles chez le Sr. Lenoir, capitaine de la côte : tous nos logements y étaient marqués, comme en un quartier général. L’'intendant logea chez le dit Lenoir, le général chez le curé, et toute leur suitte, accrüe de Mr. Rigaud, de 4 à 5 personnes de Montréal, était répandue dans la maison du fort. Mr. Rigaud et moy tombâmes chez un charpentier, par parenthèse, assez mal.

Na —On appelle le fort d’un village, un espace contourné d’une enceinte de pieux, en laquelle sont renfermées l’église et un nombre de maisons serrées les unes aux autres et allignées par des rues comme dans une ville.

Na.—Il y a une ordonnance du Roy qui deffend de bâtir sur un terrein moins d’un arpent et demie de front en rue sut 30 à 40 de profondeur, aflin d'augmenter la culture des terres avec la permission néanmoins d’établir maison sur toute autre, de telle capacité que ce puisse être, dans les faubourgs des villes, des forts des

sauvages. Cette dernière restriction demande une explication. |

RÉCAPITULATION DES DISTANCES D'UN ENDROIT A L'AUTRE

Lieues Traversée de l’isle au Castor... .....,.,........ traversée du chenal jusque vis-à-vis l’église de Berthier... ésbtnem dre AO PEN ONE de Berthier à d'Autray.....s..... 2 de d’Autray à la Rouaye..….......:......... épanapu 1 de la Rouaye à la Valtrie......................,.... 2 de la Valtrie à St. Sulpice... 2 de St. Sulpice à Repentigny... 2 de Repentigny à la pointe aux Trembles..…........ 2 Ensembles... 12

Après qu’on eût reconnu son gîte, qu'on se fût chauffé et reposé, on se rendit dans la maison affectée pour y rassembler tout le monde. A cet effet, de plusieurs chambres, on n’en avait fait qu’une en démontant la cloison faite en madriers seulement qui la séparait ; y joué beaucoup, même le pharaon, et soupé grandement. Après quoi l’on se retira un peu plus tard qu’à l'ordinaire.

Déjeunés à l'ordinaire, faits des visites chez les dames ‘ et les généraux, dinés ensuitte et montés en voitures à 2 heures après midi.

Entrés dans le fleuve et cotoyés sa rive gauche sur la glace jusqu’à l'église de la longue pointe, où, montés sur les terres, suivis le chemin ordinaire, et entrés à Montréal par la porte de Beauharnois.

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RÉCAPITULATION DES DISTANCES D'UN ENDROIT A UN AUTRE

Lieues De la Pointe aux Trembles à la Longue Pointe... 2 De la Longue Pointe à Montréal...................… 2 Ensemble... PA PS 4

Arrivés tous à l’intendance où le logement était retenu pour toutes le: ames, à l'exception de Mde. Marin, pour Mr. Franquet et St. Vincent séparément, per Mr. Pean et Repentigny avec leurs femmes, et

r. le Mercier et Méloïse ensemble ; d’où après s'être chauffés, reposés et décrassés, on se rendit au chateau où le général avait invité toute la compagnie à souper.

Na.—-On nomme le château la maison que le Roy loue, à son compte, pour loger le général de la colonie.

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