‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 53 sur 78 · PREMIER SÉJOUR A MONTRÉAL, DEPUIS LE 13 FÉVRIER JUSQU'AU · texte numérisé non relu

PREMIER SÉJOUR A MONTRÉAL, DEPUIS LE 13 FÉVRIER JUSQU'AU

Le lendemäin de notre arrivée à Montréal et jours suivants, fais des visites de hienséance chez les Dames, chez les officiers, et généralement chez tout le beau monde de cette ville, et tonjours rabbattu à l’intendance pour y diner et passer les soirées, Mr. Bigot est homme fort honorable, d'une attention pour tout le monde dont peu de gens sont capables. Quoique d’une santé fort délicate, il aime le plaisir, n’est jamais si content que quand il peut obliger. Il avait tous les jours 18 à 20 couverts, soir et matin, mettait six fois la nappe contre ie général, une, et il n'aurait cessé d’avoir des dames de la ville à manger et de les couler toutes à fond, si le général, dont le dessein était de n’en faire aucune, ne l’eut engagé de s’en dispenser. Il souscrivit malgré lui à cet arrangement. Les dames en étaient pas plus co’tentes ; aussi y avait-il tous les jours nouveaux brosards répandus dans le public ; elles étaient d'autant plus animées que le général à son arrivée fit connaître qu'il n’irait rendre visite qu’à celles des capitaines," Une conduite aussi nouvelle pour la colonie indisposa tout le monde. Monsieur l’intendant n'était pour rien daus tous Îes propos ; il y avait tous les jours assemblée chez lui; les dames venues avec lui de Québec suffisent pour y attirer beaucoup de monde ;

d’ailleurs. \mm& tous les gens d’un certain ordre sont liés de parente et d’amilié dans ce pays, il en venait quelques unes de la ville de temps en temps au nalais, mais on ne les y retenait à souper, qu’autant qu’elles y avaient passé la soirée. Tel était l’état des plaisirs de la société, quand tout à coup le général, dont le projet était, en partant de Québee, de visiter Les forts du roy et les villages sauvages à portée de Montréal, proposa un voyage au lac des deux moutagnes pour y voir les sauvages et les y donner un festin, Mr. lintendant et sa compagnie y ayant souscrit, le jour du départ fut fixé au 27 février. Aussitôt que Mr. Normand, supérieur des prêtres Sulpiciens qui sont les seigneurs de l'endroit et les missionnaires, en fut informé, il pria le général qu’il trouvât bon qu’il eut l'honneur de l'accompagner et l’y régaler, et tout le moude qu’il jugerait à propos d’y conduire pendant tout le temps qu’il se proposait y rester ; à quoi consenti. Mr.le général fit partir en avance toute sa cuisine qu'il prêtait à MM. les Sulpiciens. et au jour fixé, tous les convives s’assemblè”ent au palais ; on y prit du thé, du caffé, du chocolat, en un mot tout ce qu’on voulut, après quoi l’on monta en carrioles. Il y en avait au moins 20 à 25 pour les maîtres, et une douzaine pour les domestiques de manière que c'était un train qui ne finissait point.

VOYAGE PAR TERRE ET SUR LES GLACES AU VILLAGE SAUVAGE DU LAC DES DEUX MONTAGNES

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