‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 67 sur 78 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

En établissant à Québec, un bureau uniquement occupé de prendre soin de la police, de la culture des terres, du commerce des farines, tant de celles qui se consomment dans l’intérieur de la çolonie que de celles

qui en sortent, on pourra y réussir. Ce bureau sera composé 1° de quatre notables bourgeois, dont un fera les fonctions de greffier ou secrétaire, pour écrire et rédiger les délibérations de ce bureau ; 2 de deux officiers ; 3° de deux conseillers du conseil supérieur. Tous seront changés tous les ans, de manière qu’on en nommera d’autres à leur place, et ce sera ce bureau même qui fera cette nomination. Ce changement dans ce bureau tous les deux ans est nécessaire, affin que ceux qui le composeront ne puissent abuser directement ni indirectement de leur autorité pour faire le commerce des farines, ni pour faire des amas de bleds et d’autres denrées considérables. Mr. l’Evêque, le Gouverneur et l’Intendant, seront de ce bureau et n’y auront que voix délibératives, de sorte que la voix de chacun de ces messieurs n'aura pas plus de poids, plus de force ni d'autorité, que celle d’un bourgeois, et que tout ce qui sera discuté, agité, réglé et examiné, dans ce bureau, ne sera jamais décidé qu’à la pluralité des voix. Comme ce bureau aura pour objet avancement de la culture des terres et leur défrichement, on ne serait pas éloigné d’y admettre 2 notables laboureurs des environs de Québec, qui pourraient donner des lumières sur la meilleure manière de cultiver les terres, sur les expériences qu'il conviendrait de donner aux bleds et aux autres denrées, affin que les laboureurs fussent traités à cet égard favorablement. On pourrait établir un pareil bureau, dans chacune des villes de Montréal et des Trois Rivières, qui prendraient soin de la police de chaque gouvernement, et qui en rendraient compte à celui de Québec dont ils recevraient les ordres.

Na.—MM. les gouverneurs et intendants ont, pendant longtemps, fait les règlements généraux de police conjointement avec le conseil supérieur de Québec, et tout allait bien alors, mais depuis qu'ils n'ont point. voulu que le conseil en prit connaissance, tout a été de mal en pire.

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