‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 69 sur 78 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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point d'impôts à payer, ni de charges publiqnes, ne seront pas bien fatigués d’un pareil détail ; d’ailleurs, quand il s’agit du bien public, les curés et les officiers de milice doivent se faire un plaisir de concourir à ce qui le concerne. Au reste, on pourrait à la place des officiers de milice, charger deux autres habitants de chaque paroisse, d’en rendre compte et ces deux habitants seront changés tous les ans.

On voit aisément que, quand le bureau établi à Québec sera informé tous les ans de ces détails, on saura : 1° Combien il y aura eu de terres ensemencées et cultivées chaque année ; 2 combien il y en aura eu de défrichées ; 30 si la culture des terres augmentera en proportion des habilants ; 4° à combien de minots de toute espèce pourra monter la récolte de chaque année ; 5° combien il en faudra pour la substance äe chaque habitant, pour celle de toute la colonie, pour les semences et pour élever les bestiaux et volailles ; 6° combien il y en aura d’excédant, et combien on pourra en laisser sortir pour le commerce ; 7° si les habitants élèvent peu ou beaucoup de bestiaux et autres denrées nécessaires À la vie.

En conséquence de toutes ces connaissances, le bureau de Québec pourra : 1° ordonner que chaque habitant cultive et défriche plus de terre qu'il n’a coutume de faire, et ceux qui ne voudraient pas le faire, le pouvant, seront punis ; 2° il pourra obliger les habiants à semer autant dans les années où le bled sera à hon marché que dans celles où il sera fort cher. Mais, dira-t-on, l'habitant qui verra qu'il est avantageux pour lui de semer, sèmera toujours également On répond à cela : Qu'il arrive souvent que les habitants, par paresse, négligent la culture de leurs terres et qu'ils n’en défr chent point de nouvelles, surtout quand :ls voient le bleâ à bon marché et qu'ils ont de la peine à le vendre ; 3° 11 obligerales habitants

ui n’ont point de terre, ou qui n’en ayant que très peu, en prendre et à en défricher des nouvelles ; 4ilordonnera aux habitants de chaque paroisse de ne point souffrir des mendiants, des fainéants, des vagabouds, des petits marchands courir Aans les campagnes, sans y prendre une terre et sans les obliger à travailler, sur-

tout ceux qui sont en état de le faire, car il faut que dans un état bien policé, tout le monde s’y occupe utilement et y travaille ; Na—qu'il arrive souvent que quand un soldat a obtenu son congé, il va souvent dans les campagnes y faire le mélier de fainéant, paresseur. et de petit marchand, ou enfin de vagabond.

4° Il obligera et contraindra les habitants de chaque pe à se cotiser et à contribuer entre eux sous le on plaisir du Roy, pour aider tant de leur travail que de leur argent, les habitants qui prendront des terres en bois debout, et qui commenceront à les défricher, soit dans leur paroisse, soit ailleurs. Le produit d’une pareille contribution sera employé pour fournir 10 à ces nouveaux habitants tout ce qui sera nécessaire pour leur substance pendant les 3 ou 4 premières années, comme bleds, lards, graisse, mais encore pour leur procurer tout ce dont ils auraient besoin pour s’établir solidement, par exemple, pour acheter les ustensiles de labourage, comme des bœufs, des chevaux, des charrues, une pioche, une vache et autres choses nécessaires pour l'établissement d’un habitant. Les habitants de Chaque paroisse, surtout ceux qui sont riches et aisés, et qui sont déjà en fort bon nombre, devront être d’autant plus portés à fournir leur contingent pour cette contribution, qu'ils feront plaisir en cela à leurs enfants, à leurs parents, à leurs clliés, à leurs voisins, à leurs amis et à leurs concitoyens. Au moyen de cette contribution et de ce secours pour les nomveaux habi. tants, un habitant pourra s’établir solidement dans l’espace de dix ans, sur une terre en état d'aider les autres nonveaux habitants, ‘et de contribuer par là à leur établissement. Il serait encore bon d’ajouter à cette contribution, pour les nouveaux habitants 10 tout ce qui serait confisqué au domaine du Roy, sans en rien réserver pour les officiers du domaine ; 20 les amendes que les plaideurs paient, dans les différentes nt de cette colonie ; ce sont les greffiers qui es mettent aujourd’hui dans leurs poches ; 3° un im- Ôt qu’on mettrait sur tous les cabaretiers de la colonie. ersonne ne pourrait vendre ni vin, ni eau de vie en détail, sans payer 30 ou 40 livres par an ; le premier Capitaine de chaque paroisse percevrait ces impôts et

en tiendrait compte; 4° toutes les punitions ordonnées par ce bureau, lesquelles pour la plus grande partie consisteraient en amendes et’en confiscations ; 5° on pourrait retrancher une partie des pensions que le roy fait aux gens d'église dans cette colonie, pensions qui :

° sont considérables.

2° que, dans les commencements, étaient nécessaires à ces gens-là pour vivre, mais dont ils peuvent se passer aujourd’hui, parce qu’ils ont des biens fonds dont les revenus sont considérables. : Ces'biens consistert dans des fermes, des moulins et des seigneuries.

De out cela on en formerait une masse qu'on em- LA ta pour aider les nouveaux habitants : d'autant, qu’à moins qu’un habitant qui va prendre uneterre à défricher ne soit aidé et secourn s'il lui est possible de s'établir sur cette terre d’unemanière avantageuse pour

lui et: pour la colonic, il ‘lui faut nécessairement des avances, qui lui dornent tout ce dont il a besoin pendant les 3 ou 4 premières années, de sorte quil n’ait que son travail à fournir, ce qui est encore bien assez. Puisqu’on regarde,on doit regarder un travail de cette nature et une terre en friche qu’il faut défricher comme le plus terrible de tous les ouvrages. Sans des avances un nouvel habitant périt souvent, lui et sa femme etsesenfants dans la peine et dans la misère, ce quiest évidemment contraire au bien et à l’établissement de la colonie, puisque la multitude d'habitants en fera toujours sa ‘force:et sa richesse. On ne manquera pas de dire que la contribution de chaque paroisse fera un impôt qu’il faudra imposer sur: Chaque habitant, suivant ses facultés pour cette contribution, et que tout ce qui a l'"ir d'impôts est à charge. On répond à cela : 10 que ce sera un impôt à la vérité, mais qui re devra point être onéreux aux habitants, puisque c’est pour les leurs, qu’ils le payeront et à qui ils feront plaisir ; 2° qu'il:est juste que des habitants qui sont riches et qui ne payent rien au roi à qui ilen a coûté, et à qui il'en coûte encore beaucoup, tous les ans, pour les maintenir dans leurs paroisses, contribuent au moins à établir la colonie et par là la mettre en: état d'augmenter et se défendre contre ses prepren ennernis ; 3° que pour éviter l'air d'impôts, chaque paroisse nommera tous les ans deux

habitants pour ‘mposer cette contribution et pour en faire la récolte ou recette ; 4° aue ceux qui en feront la recette payeront eux-mêraes aux nouveaux habitants et en rapporteront les quittances au bureau de Québec

ui règlera auparavant ce qu’il conviendra de donner À chaque habitant ; et cela, afin d'éviter les frais d’un receveur général qui pourrait déplaire aux habitants ; 5° que si les contrihutions d'une paroisse étaient plis fortes et plus considérables qu'il ne faudrait pour les nouveaux habitants de cette part ,sse, ce qu'il y aurait d’excédant serait réservé pour les pauvres, les vieillards indigents, ou bien, on le-dahnerait aux nouveaux habitants de quelques autres paroisses,

Na.— Chaque habitant ne pourrait pas entrer pour beaucoup dans cette contribution, et il ne faudra pas lever une grosse somme pour chaque paroisse ; d’aillevrs, ceux qui voudraient fournir du bled et des bestiaux aux nouveaux habitants pourraient le faire au lieu d'argent; enfin, les habitants qui sont riches et aisés peuvent bien payer cet impôt sans en être incommodés.

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