‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 7 sur 78 · APP ERA ES · texte numérisé non relu

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Parvenus à la ditte église à marée montante, on se mit à traverser le dt. Richelieu, les bâtiments à la voile tiennent le milicu du fleuve, et rangent en montant un rocher qui ressemble à une petite Tôle baissée qu’on laisse à bas bord, les chaloupes, les ca iots et les petits batteaux cotoyent toujours la dte, Rive du Sud avec atiwntion d'éviter les rochers qui découvrent à mesure que la marée baisse ; quand elle est totalement tombée, les courants y sont si rapides qu’on ne saurait remonter le fleuve.

Notre batteau rangea toujours les terres environ à 80 ov 100 toises, on le conduisait prudemment pour ne pas toucher aux rochers. On en apperçoit une si grande quantité à marée basse qu’on ne peut s’imaginer y avoir passer sans échouer.

Le Richelieu traversé, l’on parvient en suivant toujours la rive du Sud, vis-à-vis le saut à la biche ; c’est un petit ruisseau qui se précipite en formant une nappe d’eau, du haut des terres, dans le fleuve, à 6 ou 7 toises de là, mis À terre pour attendre le retour de la marée, et dîné chez le Sr Créqui habitant et lieutenant de la milice. Environ à 100 toises au delà de sa maison, on bâtit la nouvelle église du dit village ; nous y arri vâmes à neuf heures du matin, et en partimes à cinqheures du soir, que la marée commençait à monter, néanmoins en touchant et même échouant de distance à autre sur les Roches. Le plateau qui en es: plein est si étendu et si considérable que pour les éviter on s’éloigne de plus de 4 à 500 toises des terres.

Na.—vis-à-vis l'habitation du dt Créqui les e* ax du fleuve ne rencontrent que quatre pieds lors du re dux de la marée, et cette crue ne dure que quatre heures, de manière que plus on pénètre le fleuve, moins on en sent l'effet.

Il est étonnant à marée totalement basse combier cette batture de Richelieu s’éter:d vers le milieu du fleuve ; aussi un homme de l'équipage n’était occupé qu’à découvrir les roches, heureusement qu’à mesure que la mer reflue on s’en trouve débarassé Nous apperçumes dans le milieu du chenail une goëlette qui était mouillée en attendant la marée pour continuer sa route vers Montréal. En cotoyant toujours la dt, rive

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l’on passe devant un ruisseau, et plus loing devant, le cap du chêne. Tout joignant débouche la rivière de ce nom d’un vallon qui est habité.

Na.—depuis la nouvelle église de Lobbinière jusqu’à la dite rivière les bords du fleuve sont moins élevés et moins escarpés.

Au delà, en cotoyant la dite rivière du Sud, qui se trouve formée d’un roc à pic de plus de 80 pieds de haut l’on parvient à la petite rivière du Chène ; elle sort aussi d’un vallon resserré entre deux montagnes, et son cours n’est guère que de 4 lieues.

On monte cette rivière environ une ?20ne de toises, pour mettre à terre vis-à-vis une habitation établie sur la gauche de son cours. C’est l'unique, ainsi il n’y a point à choisir ; on y descendit pour loger et pour souper.

Il avait fait tout le jour ainsi que les précédents une chaleur excessive, et telle qu’on ne ressent que dans les pays les plus méridionaux de l’Europe : le frais de la soirée et la beauté du paysage, qui quoique sauvage présentait mille objets que la nature s’est diverti à former, m'invitèrent autant que les eaux claires de cette rivière à me baigner ; l’un de nos messieurs fût du même avis ; ainsi nous entrâmes dans l’eau en marchant sur un platier de sable qni allait insensiblement en pente vers le milieu du fleuve ; nous y restâmes une bonne demie-heure, mais non sans beaucoup de regrets après, attendu qu’au retour notre hôte nous dit que les eaux de cette pelite rivière donnaient la gale. Heureusement que nous nous étions éloignées du mélange de ses eaux avec celles du fleuve ; nous en fûmes quittes pour la peur.

On estime du platon à l’ancienne église de Lobbinière une lieue et demie—de la ditte église à la nouvelle, autant—de la nouvelle église à la grande rivière'à Duchêne une lieue ; —et autant de cette grande rivière à la petite de ce nom—partant du dit Platon à la petite rivière à Duchêne cinq lieues. La marée en cet endroit y soutient encore les eaux de trois pieds et demie.—Du dit endroit à la ville des Trois Rivières, on compte dix lieues, .

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Sorti à huit heures du matin de la petite rivière à Duchôêne à marée montante par un brouillard épais, traversé à son débouché un platier, cotoyé les terres du Sud ; les bords sont fort élevés et boisés. Vû plusieurs habitations à leur sommet ; quelques sentiers qui descendent du haut des terres au fleuve, et au bas

lusieurs cajeux flottants chargés de bois our Québec.

oublé le cap Lauzon, et qui loin apperçu l’église de la paroisse de Déchaillon bâtie au sommet des terres; au delà doublé trois pointes. Les canotiers mirent à terre un peu au dessus de la première pour tirer à la cordelle. Passé devant le moulin à scie du Sr. PEvrat établi sur un ruisseau—ce ruisseau est marqué'à la carte—qui tombe par cascades du sommet des montagnes. Continuant toujours à la cordelle, parvenu au Cap St. Claude au dessus duquel est l’église de la paroisse à Becquet.

On estime de la petite rivière à Duchêne au dit cap, quatre lieues et demie.

Ce cap est l'endroit le plus ordinaire où l’on traverse le fleuve, pour se porter à la rive Nord ; le vent était our lors sud-ouest forcé—les eaux violemment agitées ormaient des lames qui exigeaient de l'attention pour s'en garantir, d’ailleurs le temps menagçait &’un orage. Les éclairs et la pluie qui commençaient l’annonçaient des plus violents ; tous ces petits contretemps firent hésiter si l’on passerait, Enfin après plusieurs raisonnements pour et contre, réflexions faites que nous pourrions arriver aux Trois Rivières le soir, et qu’une pluye abondante pourrait calmer les eaux, on s’y détermina de manière que rentrés à bord on se mit à nager et à chanter, Grosse pluye survint accompagnée de coups de tonnerre effrayants. Forcé de ranies, embar-

ués plusieurs lames, mouillés jusqu’à la chemise aute d’un prélat à mettre dessus le tendelet, Enfin arrivés de l’autre coté vis-à-vis l'habitation de Md. Mongrain dépendante de la proisse de Batiscan.

Employé cinq quarts d’h: > dans cette traversée qu'on estime de trois quarts a eue.

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Na.--En traversant le fleuve on ma ‘etoujours vers le courant pour 3e laisser dériver in =Asiblement vers l'endroit où l’on veut descendre.

Dinés chez la ditte dame Mongrain et embarqués à trois heures l’après midy, le courant était fort et le courant contraire à faire route, de manière que MM. Charly et Duplessis, doutans que nous nuissions gagner la dte ville des Trois Rivières dans la journée prirent une calèche pcar s’y rendre.

On se mit d’abord à ramer, mais la résistance était si forte qu’on n’avançait point; on prit le parti d’aller à

la cordelle. L’on est toujours pour lors à la distance

de trente à quarante toises des terres sur un pied et demi d’eau tout au plus. Doublés la pointe à l’Orignail, et passés à un bouquet d'arbres nommé le bois des quatre Sols.

A 200 toises plus Loing le débouché de la rivière de Champlain.

A trois quarts de lieue au delà doublé une pointe au sommet de laquelle est l’église de la paroisse du nom de cette Rivière.

Et enfin arrivé chez le nommé Demarchez habitant de la ditte paroisse. Il était encore de bonne heure, mais le vent ne permettait pas d’aller plus loing ; joignant sa maison débouche un ruisseau, et depuis l’habitation de la dite dame Mongrain jusqu'à celle-cy les terres sont basses, grasses et bonnes À la culture, L'on estime qu'il y a deux lieues d’un endroit à l’autre. La dite église de Chmplain est à peu près dans le milieu, et de ce dernier endroit jusqu'aux Trois Rivières, il n’y à que quatre lieues.

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