‹ Voyages et voyageurs, 18371854Chapitre 8 sur 13 · LES KAVX DE PLOMBIÈRES · texte numérisé non relu

LES KAVX DE PLOMBIÈRES

* Août ld52.

Plombières a ëtë autrefois à la mode^ et Plombières n'y est plus. Il y a une raison , ou tout au moins une cause à cela : Plombières est aujourd'hui surpasse en fait d'élcj;ance, de confort, de distractions et de plaisirs nioaddiiis par tous les établissements thermaux qui ont l'entreprise d'attirer le monde. Plombières ne s'est amélioré que par le côté pratique et sérieux; il n'a rien (ionné au luxe. 11 est devenu, sui* beaucoup de points, hygiéniquement supérieur; il est resté, quant aux accessoires plus ou moins super il us (d'autres diront plus ou moins nécessaires), dans une immuable infériorité.

11 n'est pas besoin d'être médecin et d'écrire avec autorité, ainsi que Ta fait sur ce sujet même notre ami le docteur Donné pour s'Spereevoir que Plombières a fait de très* grands progrès comme établissement thermal, dans le sens

1 L'article de M. Donné a paru dans le Jwtml 4m IMtell. J'ai «ou* tenir de rarticle, noa de la date.

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sérieux du mot; — et il n'est pts nécessure non plus d'être excessivement mondain pour trouver qu'on ne s'^f amuse

giuie, si par hasard on y vient pour s'amuser. Mais c'est qu'aujourd'hui les malades sont devenus si exigeants!... Autrefois, quand on avait quelque bonne maladie chronique à soigner, rhumatisme, gastro-entérite^ obstruction du tbie, de la rate, du pancréas ou dti mésentère, on était modef^te , on ne demandait qu'à guérir. Aujourd'hui on Tcut s'amuser en attilidMit^ ou même au risque de retarder la guéridon. Un voyage aux eaux était autrefois toute une affaire : on y arrivait par des chemins effroyables, on y habitait, quoi qu'en dise Montaigne, de saies masures; on y vivait d'eau claire, la seule chose qui n'y manquait pas, et on se félicitait de toutes ces épreuves (les Mémoires en font foi) si la santé était au bout. Aujourd'hui , si le bain «le vous offre pas la chance de quelque beau coup de lansquenet ou de quelque intrigue d'amour; s'il n'est pas roccasi(m d étaler un grand luxe de toilette et de coudover nm^ dcmî-doUzaine d'altesses rovales, la santé n'est rien. — Amusez -nous d'abord, disent les gens du monde, vous nous guérirez après, si vous pouvez. — Plombières conuuence par le plus dil'licile. Il vous guérit^ mais il s'arrête là, et vous envoie... vous promener ailleurs^ A vous demandes davantage.

Ce n'est pas que Plombières manque d'agréments nattilrels; Il est peu de pays mieux situés. La ville, couchée sur la âoiirce même qui la fait vivre, et qu'elle semblé couver comme un trésor, s'étend dans le creux d'une étroite vallée, toute retentissante de cascades, plutôt protégée qui^ dominée par de vertes montagnes, d'où se répand alentoiu: la saine odeur des prairies suspendues au flanc des coteaux et def? forets séculaireb qui les couruuuent. Quatre iirandt^s roules y aboutissent: celles do Hemircfriont et d'Epinal, au nord; celles de LuxeuU et de SanU-Loup, au sud; et chacune de ces routes est à elle seule une excursion délicieuse. Je ne dis mot de la Promenade des Dames S qui tient à la ville même, à i'ek&lrée

^ Ainsi notnméé en souvêoir de la protection qu'étendait sur tout le pays ia riche abbaye de dames nobles, fondée. Il y a pins de éonte

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de la route de Renriremont Cette pi^menade est charmante^ et de tout ce qui peut y attirer les promeneurs, grands arbres, douce fraîcheur, ombre épaisse, verls gaioos, eaux murmurantes^ rien n'y manque^ hormiB quelques dossiers à des

bancs moins rustiques. Rien n'^ manque, et personne n'y ▼ient. C'ebt là un des travers de la province : plus une promenade y est magnifique, moins elle est fréquentée. V Plombières, il n'y a guère non plus de milieu; on sort de la Tille, 011 on reste chez soi. Uno fAïs dehors, il est vrai, les promeneurs n'ont que l'embarras du choix. Toute route mène à ^pielque sentier qui s'enfonce dans la vallée, court le long des torrents, s'égare dans les bois ou grimpe sur la montagne. Il en est qui vous mènent lentement, et par de fiaiches allées, toutes remplies d'ombre et de myst&re, jusqu'à des hauteurs {irodigieuses d'ob se découvrent tout à coup, comme à la Fontakiê Sttmsloi (sans compter d'asseï mauvais ven du chevalier de Boufflers), des perspectives infinies; d'àutresqui descendent par des rampes rapides, habilement ménagées pour les voitures, dans de riches vallons, couiine est celui qui, des ruines féodales de Fougerollos et du village de LaïU e, conduit à la vallée des iioches et à l'antique et riante abiwye d'Hérival en traversant le val d'Ajol. Le val d'Ajol, baigné par les eaux de la Gombeautc, n'a de comparable , dans mes souvenirs de voyageur^ que la vallée d'Argeiez sur le gave d^Acun, dans les Hautes-Pyrénées*

Que si vous êtes curieux de souvenirs historiques et d'ardiéi^ie pittoresque, arrétes-vous un instant avant de descendre dans la plaine; l'horixon est là sans limites. Voici à droite, dans cette brunie légère et bleuâtre qui les voile à peine, les verts coteaux de la Bourgogne ; voici la côte d*Aigremont, qui se souvient d'Arioviste ^; en face ce sont les lieux témoins des pieuses extases de saint Culouihun ; à gauche est Oiichamp, où les Boui guignons furent vaincus en 1472, et le6

ûkks, soos la prolêOlioB éé laini Romarie. (Voir le Mde de M. Friry, tome II, page 6.) A Chttée de 11. Friry, tome I, pages 50 et «ui? antes.

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paysans lomins oui fait un proverbe^ par allusion à cette déroute :

Ceit comme («mboim de Bourgogne^ Beaucoup de braU, peu de besogne..*

Les Bourgu^ons s'en sont bien souvenus depuis. Quant au val d'Ajol lui-même, il garde le souyenîr de cet héroïque et infidèle Charles IV^ qui osa résister à Ridielieu, à Hazarin et à Louis XIV ; et M. Friry cile à ce propos une anecdote toute lorraine qu'Û a trouvée dans un biographe contemporain. Je la cile à mon tour, parce qu'elle peint le vieux temps sans avoir vieilli :

Ce prince ne voulait pas laisser le camelot à la discrétion

du velours et de la soie. Il savait le dangereux sens que les praticiens, les procureurs et les avocats donnaient aux loîs^ les détours captieux qu'ils donnent aux causes, les emplâtres qu'ils appliquent aux maux

pour les rendre plus cuisants et les enfretenir, et surtout la torture qu'ils donnent à la bourse des clients pour en tirer le sang jusqu'à la

dernière goutte... Un jcur il rencontra aux portes de Nancy un vieil Vosj^ien qui y amenait deux de ses iils ; il lui demanda ce qn'il voulait faire de ses deux garçons; et, rniuine il lui eut répouflu qu'il les amenait aux études pour en faire des avocats qui démêlassent tant de mauvaises affaires qu'il ;ivait, — le duc eut peu d'égards à sa barbe blanche, et lui commauUa de ramener ses fils à la garde de ses UboH, lui disant que s'ils devenaient avocats^ Us brouiUeraioit plus ses aflliires qu*ils ne tes nettoieraient, et qu'à Ut fn Ui lui divonmtnt tmU% sa vosge...

Une fois sorti de Plomhières^ rien n'est donc plus facile^ vous le voyez, que de multiplier ses jouissances pittoresques^ de varier ses impressions, de satisfaire à la fois ses yeux et

son esprit, de faire provision de souvenirs, d'appclit et d'érudition. IM nihières est le centre d'un pays admirable, très-peu connu (iuui*|u U soit à cent lieues de Pasis, et dans lo(|nel on peut faire de véritables voyages de découverte. Beaucoup de baigneurs, par exemple, vont chercher la rivière du Belliard à Tendroil où elle fait le périlleux et bruyant saut de la cuve; d'autres poussent jusqu'au pays de Gerardmer, naviguent sur son beau lac, et se procurent la satisfaction de s'asseoir sur

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la pierre de Charlemagne; quel<iues-uns vont voir le lever du soleil sur la cime granitique du ballon d'Alsace. Mais ce sont là de véritables expéditions ; les promeneurs moins entreprenants s'arrêtent au voisinage. Remiremont surtout les attire par l'antique renommée de ce chapitre de dames nobles, dont la première abbesse fut sainte Mactefelde^ en 627, et la dernière, Louise-Adélaïde de. Boiubon-Condé, en — longue et curieuse histoiie, toute mêlée de passions et d'orgueil, de bienfaisance et de sainteté; iiisloire que M. Friry * raconte à merveille, où il n'oublie rien, ni les démêlés du chapitre avec le pouvoir sécuiier, ni les querelles intestines, ni les prétentions, ni les commérages, ni les piojets de réforme avortés^ ni les tentatives de clôture cénobitique rcpous* sées à force ouverte*, — et qu'il termine par un trait de maître. Louis XIY avait dû visiter un jour la basilique de Remiremont; le chapitre s'empressa de consulter Bossuet lui-même sur le cérémonial à suivre. « .... Jene bésiterois point à mettre un grand daix assez exhaussé sur le prie-Dieu du prince^ leur répond l'illustre prélat. J'approuve le compliment en cet endroit, mais il doit être fort court et convenable à la modestie du sexe.,. » EL maintenant je reviens à Pli inbicres.

J*ai dit, en commençant, que Plombières, couinie établissement thermal, était en progrès. iNous sommes bien loin du temps, en effet, où Voltaire écrivait à M. Paliu^ dans un accès de mauvaise humeur trop justifié ;

* Dans le Gmde déjà cité.

* « Et le 2 mai de cette année, le révércndissin^c évêque

et r illustrissime abbesse, avec leur sui^, se préseatèreut devaat la porte du cloUre qui regarde la vUle. Là étaient déjà airifées et assemblées la dame doyenne, oj'po^ice aux prétentions <l« Ut dam abbem, et les cbanoinesses avec leurs servantes et une bonne partie du peuple de la ville. « Alors ledit évéque requit les ouvriers d'apporter les ven- » tillons pour les apposer aux portes du cloître^ et en ce fesant, les- » dites rfames ou bonne partie d'icelles vinrent publiquement heurter » de telle roideur le menuisier Demande et les ouvrier? qui i'auioicnt » à porter, qu'ils furent contraints de les laisser tomber par terre , »> sur iesqwU lesdites daiiui< montéranl nussUot ei Its fvaierenl aux'pieds. »

(Procès-verbal d'enquête (iu 14 mai 1619.)

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Du foDd de cet antre pierreux^ Entre deux montagnet cornues^ Sous un ciel noir et pluvieux^ Où Im tonnerres orageux

Sont portés sur d^épaistes mot; Près d'un bain chaud, toujours crotté.

Plein d'une eau qui fume et bouillonno»

Où tout malade rnipaqncté.

Et lo^it hypocondre entêté,

Qui sur son mal toujours raisonne.

Se baigne, s'enfiime et se donne

Ia question pour la baxUu...

Aujourd'hui Plombières ne ressemble plus à ce portrait» d'ailleurs peu flatté, qu'en a tracé Timpatient philosophe. Le progrès est manifeste. Ici pourtant il faut s'entendre. On a

beaucoup fait; il reste beaucoup à taire. L'État, qui est le véritable régisseur des eaux, a mis la main à des améliorations cnnsidérables. Mais le docteur Turck, qui représente à Plombières, et quebiuefois avec mie verve de jeune homme, le progi'ès en toute chose, signale bien d'autres redressements indispensables, non-seulement dans l'intérêt des malades in* digents, selon lui trop oubliés, màis aussi pour la bonne distribution des eaux thermales qui se perdent là faute d'emploi» tandis qu'ailleurs» comme à Vichy, c'est l'eau qui manque aux malades. M. le docteur Turck a d'excellentes idées sur tous ces points. U a surtout raison quand il recommande à l'attention de l'autorité administi'atlve l'entretien de ces merveilleux travaux de canalisation soutmaine qui remontent aux premiers temps de l'ère chrétienne, et où se retrouve encui e, après dix-huit siècles, l'indestructible empreinte du génie romain. M. Turck y signale des dégradations sérieuses ^

I Le conduit qui mène Teau de la grande source au bain

des Romnins est rempli de tissures. L'eau qu'il devrait roiitenir s'échappe en partie dans la rivière et coule eu paï Ue eu nappe sous la me. 11 est indispensable de faire un grand travail pour recueillir cette source et mtes cdUs peràws mjmrd'kni m tes deiw rives de ffaif- Grvime, etc., eto.

{fiu «ode d'tuHon des mx min^-Aermato de Pfomdtérei, par 11. LéopoU Turck. Avont-propoi, page m.)

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M. BdauUflu^ qui a ëorit «ir PlombitoM qpnàqm pag^ mvaotas «i axoenentaiS et qui a vluîté ee$ travaux» les pieds dans l'muj la totche à la main, vemufqoB qua «( quelques filets (d'eau Ifaennale qui oqt réussi à 8*ouvrfar une issus à traTers le bëtoo. Tiennent se perdre dans le terrent* Si Ton parcourt soa lit à pieds nus, dit- il, il est tacile de reconnaître, par la chaleur que Von ressent, les places où ils jaillissent... » PloiJiltières, en cfTet, a été à plusieurs reprises le théâtre de catabUophes redoutables qui l'ont îiiaintes fois détruit de fond en comble. Un incendie au seizième siècle, une inondation en ^661, un tn rublement de terre en 1682, un autre débordement de l Eau-Gronne en 1770, tel est le martyrologe de cette vUle, qu'une incroyable vitalité a toujours relevée de ses ruines. Après l'inondation de 1770 notamment (et c'estde cette époque que datent sa reconstruction moderne et ce caractère de régularité monumentale quiladistingue), Louis XV, voulant rebâtir Plombières^ mit un impôt extroÉrdinaire sur la Lorraine. La ville se releva; et on.peut la croire aujourd'hui, le feu escepté>a Tabri des O^aux qui Tout si souvent désolée, mais à une condition : rentretien assidu des conduits souterrains de ses eaux thermales. Cette ville» qui vit de sa source (c'est un produit de près d'un million par armée pour Plombières et ses environs! , est minée par son torrent. On appelle ce torrent rEau-droaiie, et je comprends que raltrail de chercher des étymologies ait fait rapporter ce mot au sin-nom sous lequel Apollon était honoré en Allemagne et en Ecosse^. « V JpoUo- Grannus, dît U, Friry, a été le protecteur des sources de TAustrasie s'écoulant vers le BbiUi et de celles qui jaillissent dans la partie méridionale des montagnes des Vosges dont nous nous occupons...» Mais Plombières, resserré entre deux montagnes^'couché sur le lit d'un torrent rapide, obligé d'exhausser les voûtes sur lesquelles ses maisons sont hftties, pour ëohapper au péril

« Antiquités des eaux, minérales de Yichy, Bombiéres, Bains et Nieder* bronn.

3 Voir le Dictionnaiu de la FabU, article ùrmum. Isidore appelle srsnni les longs cheveux des Goths.

des ioondatiûas et préserver de tout mélange les sources qui le font vivre ; — Plombières n'a qu'un ennemi, c'est son torrent. Quand le torrent monle^ quand il raugit, quand les flots se précipitent^ quand l'eau gronde, M. Beaulieu a raison, c'est bien l'eau qui grogne. Le mot est moins savant. H est plus vrai. L'Eau-Gronne a renversé des maisons : on les a rel>àlies ; elles sont aujourd'hui une richesse; mais u'cst-il pas triste que IV^lise elle-même soit seule menacée désormais (|uarid tout e^t deboiit, et que, pour réaliser la soinme nécessaire à sa reron^lruction, l'excellent et charitable curé de Plombières soit obligé de faire appel, par une loterie publique, à la piété des f idèles ? 11 faut quatre-vingt mille francs pour reconquérir, sur les empiétements de TEau-Gronne, le terrain de Dieu. Nous jugerons, par le succès de cette pieuse entreprise, de la religion de ces contrées qui furent évangélisées, il y a douxe siècles^ par saint Romaric et«aint Golomban.

Quoi qu'il en soit de ces réserves^ à Plombières il n'y a qu'à louer dans les résultats de l'action administrative et dans rintelligente direction qui est donnée à l'emploi de ces eaux merveilleuses. Plusieurs médecins y concourent. J'ai naturellement cité k premier, dans cette étude, celui d'entre eux qui a le plus écrit et qui a fait le plus parle i de lui par l'active expansion de sa bienfaisance, la vivacité fougueuse de son style et la hardiesse de ses méthodes. Après lui, le docteur Hutin a fait un livre qui n'est pas moins consulté par les malades que par les touristes. L'inspecteur des eaux, Thabile docteur Garnier, est un homme beaucoup plus calme, et c'est à lui que M. Gbomei envoie ses malades : c'est tout dire. Le docteur Garnier donne ses eaux pour ce qu'elles valent, et c'est beaucoup. Mais il n'en fait pas la panacée universelle. Ce ridicule est passé de mode à Plombières, et il n'y reviendra pas^ quoi qu'on fasse et quoi qu'on écrive. Je trouve^ dans quelques ouvrages de médecine thermale que j'ai là sous les yeux, des nomenclatures vraiment abusives des maladies que Plombières aurait charge de guérir ; pas une n'y manque. Plombièresn'apas besoin de ce programme de Fontanarose.Ce qui fait la vertu de ses eaux (de récentes expériences y ont

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fût découvrir de l'anenic en dfesolutioD)^ c'est leur dialeur natnrcdle^ qui varie de trente-^atre à cinquante-deux degrés

Réaumur^ leur douceur onctueuse et pénétrante, et leur inaltérable pureté. Si j'osais donner ici l'avis du plus incompétent desjiigci) en ce points je dirais que les eaux de Plombières agissent par leur innocence même, et qu'avant d'y trouver de Tarsenic, pendant plusieurs siècles d'observation, d'analyste et d'expérimentations successives, on n'y a rien trouvé du tout, a Je dois faire remarquer^ dit à ce propos M. Francœur, qu'il est vraiment impossible d'expliquer comment des eaux H peu chargées de prineipee étrangers produisent des eifets aussi marqués... » — « Les eaux de Plombières^ écrit le docteur Constantin James^ qui est maître en cette matière^ les eaux de Plombières sont extrêmement peu mlnéralisées... Ce sont^ chimiquement parlant^ des eaux leUemeni in^ signifUmUs, qu'on ne sait à quelle dasse les rattacher. Et pourtant, par un désaccord que nous avons bien souvent l'occasion de noter, ces eaux jouissent des propriétés thérapeutiques les plus réelles et les plus importantes... »

Quel était donc le secret de leur eîticacité? Personne ne le savait. Leur vertu seule n'était pas contestable; et pendant longtemps cette incertitude au sujet de leni- composition s'était étendue au régime même qui était prescrit pour en aider reflet. Un certain mystère^ une superstition qu'on eût dit empruntée en partie, comme le remarque très-bien M. Friry, « à l'astrologie judiciaire, » présidait au traitement qu'il faU lait observer. Ainsi, tantdt on tous [toigeait les malades dans l'eau jusqu'au menton et on tous les 7 laissait une journée entière; tantôt on permettait la boisson; Voltaire, qui disait : c Je prendrai les eaux en n'y croyant pas, comme j'ai lu les Pères de FÉglise, » Voltaire les buvait coupées avec du lait; — tantôt donc la boisson éiail permise,mais on inlei disait le bain, ou on ne l'accordait qu'à certaines parties du corps. <t En 1615, du tenjps du médecin Berthemia, dit M. Friry, on se baignait tout debout dans ies Lains de Plombières. Les Allemands qui s'y rendaient demeuraient dans le bain tout le jour» Y grenouillaient et y faisaient même apporter leur soupe quand ils se sentaient faibles. 9 Plus tard^ à Tépoque où TiTait

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